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Accueil Actuel Magazine amnesty N° 58 - septembre 2009: Exigeons la dignité Le Bangladesh face au défi de l'eau

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«Au village, l’eau était plus propre»

Une pompe à eau rouillée qui crachote avec peine le précieux liquide. La scène est classique des bidonvilles accrochés aux berges du lac de Gulshan, quartier huppé de la capitale Dacca. D’une rive à l’autre, les baraquements de tôle aux minuscules «chambres» louées dix euros par mois font face aux appartements luxueux cent fois plus onéreux. «Au village, l’eau était plus abondante et plus propre», constate Lili, qui s’est installée à Dacca il y a sept mois avec ses beaux-parents et quatre enfants. «Mais ici, mon mari gagne mieux, jusqu’à 200 taka (deux euros) par jour, et moi, je peux travailler comme femme de ménage.» Comme tant d’autres, la pompe de Lili et de ses voisins ne puise pas de l’eau souterraine. Elle est illégalement raccordée au réseau de distribution. Le débit général s’en trouve diminué. Les perforations artificielles dont sont victimes les canalisations font aussi que les eaux d’égouts se mêlent à l’eau traitée… «Un jour l’eau est bonne, un jour elle sent mauvais », résume Lili. Pour l’heure, elle fait avec. D’autres personnes, désillusionnées, sont reparties.

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