Action d'Amnesty International en septembre 2025 © Alli McCracken
Ouvert
Urgent Action − États-Unis

Il faut fermer définitivement «Alligator Alcatraz»

Le centre de détention des Everglades, également connu sous le nom d’«Alligator Alcatraz», a ouvert en juillet 2025 dans l’État de Floride afin de détenir des personnes migrantes et demandeuses d’asile. Il fonctionne comme un système délibéré de déshumanisation et d’atteintes aux droits humains et les conditions y sont cruelles et dégradantes: toilettes qui débordent, maintien sous entrave, refus de soins médicaux, privation de sommeil et pratiques punitives s’apparentant à des actes de torture. Le gouverneur de Floride a récemment annoncé son intention de le fermer, mais le gouvernement fédéral insiste pour qu’il reste ouvert. Nous prions instamment le gouverneur de Floride Ron DeSantis de fermer «Alligator Alcatraz» sans plus attendre.

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Défendez les droits des personnes incarcérées à «Alligator Alcatraz»: envoyez une lettre d'appel par poste, e-mail,  et tweetez/postez dans les réseaux sociaux.


Agir jusqu'au 31 août 2026

Modèles de lettre

Adresses

Governor of Florida Ron DeSantis
State of Florida
The Capitol, 400 S. Monroe St.
Tallahassee, Florida 32399, USA
E-Mail: GovernorRon.Desantis@eog.myflorida.com

Guide réseaux sociaux et cibles supplémentaires voir en ligne

Copies à 

Ambassade des Etats-Unis d'Amérique
Sulgeneckstrasse 19, Case Postale 134
3001 Berne
Fax: 031 357 73 20
E-mail: BernPA@state.gov / Bern-protocol@state.gov
Twitter/X: /USEmbassyBern; FB: /USBotschaftBern

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Plus d'info

Le centre de détention des Everglades, également connu sous le nom d’«Alligator Alcatraz», a ouvert en juillet 2025 et peut accueillir environ 3’000 personnes. Il est situé dans les Everglades, un écosystème fragile et l’une des zones les plus sensibles de Floride sur le plan écologique. En mai 2026, de nouvelles informations ont annoncé la fermeture du centre en juin ou juillet de la même année, à la demande du gouverneur de Floride, Ron DeSantis. Des représentants fédéraux ont rapidement réfuté cette annonce, affirmant qu’«Alligator Alcatraz» resterait ouvert.

«Alligator Alcatraz» est le premier établissement de détention destiné aux migrants financé et géré par un État aux États-Unis. En conséquence, il n’est pas soumis à une surveillance fédérale. Et n’est pas non plus intégré dans les systèmes ou bases de données du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE). L'absence de mécanismes d'enregistrement ou de suivi des personnes qui y sont détenues favorise la détention au secret et constitue une disparition forcée lorsque les familles se voient refuser toute possibilité de connaître le lieu de détention et de contacter leur avocat. Les détenu·e·s se heurtent à divers obstacles pour avoir accès à une représentation juridique et aux protections d’une procédure régulière.

Tandis que la Floride s’attendait à être remboursée pour les coûts induits par le centre grâce aux nouveaux fonds alloués par le Département américain de la sécurité intérieure pour la lutte contre l'immigration clandestine, l'État n'a pas été remboursé et ne le sera finalement pas. Par ailleurs, «Alligator Alcatraz» établit un dangereux précédent concernant les possibles partenariats entre les États et le gouvernement fédéral pour élargir la portée de son système de détention et d’expulsion massive. L’État de Floride a également adopté des lois qui criminalisent la migration et autorisent le profilage racial.

En décembre 2025, «Alligator Alcatraz» avait déjà absorbé plus de 310 millions d’euros dans le cadre de contrats publics et, selon les prévisions, il faudra environ 390 millions d’euros par an pour le faire fonctionner lorsqu'il sera pleinement opérationnel. Les fonds destinés à sa construction et à son fonctionnement ont été alloués par la Division de la gestion des urgences de Floride (FDEM), sur décision du gouverneur, en vertu des pouvoirs d'acquisition d'urgence habituellement réservés aux catastrophes naturelles. Amnesty International a constaté que le gouvernement de Floride a réduit les ressources affectées à des programmes essentiels sociaux et de gestion des urgences, tout en allouant des fonds discrétionnaires de la FDEM au financement de la construction et de la gestion d’«Alligator Alcatraz».

La détention des immigrant·e·s aux États-Unis pose depuis longtemps problème, car elle se caractérise par des abus et des conditions cruelles. Les États-Unis continuent cependant de financer l’augmentation du nombre de places de détention sans améliorer les conditions. En mai 2026, pus de 60’000 personnes étaient détenues par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) dans plus de 100 centres à travers les États-Unis. Le renforcement des mesures de contrôle et de détention dans le cadre du plan de l’administration de Donald Trump, visant à expulser au moins un million de personnes hors des États-Unis en 2025, entraîne une surpopulation et une détérioration des conditions de détention. En 2026, on dénombre déjà 19 morts en détention sous la garde de l’ICE. En 2025, 31 personnes sont mortes alors qu’elles étaient détenues par l’ICE, soit le nombre le plus élevé de décès enregistrés depuis des décennies.

La détention liée à l’immigration n’est autorisée que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. L’exercice des libertés individuelles doit rester la condition par défaut pour tout individu. Les personnes migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile, comme chaque personne, doivent bénéficier d’une présomption de liberté sur le plan juridique. Par conséquent, si elles font l’objet d’une privation de liberté, celle-ci doit être clairement prescrite par la loi et strictement justifiée par un objectif légitime, nécessaire, proportionné et non discriminatoire. La détention n’est adaptée que lorsque les autorités peuvent démontrer, dans chaque cas individuel, qu’elle est nécessaire et proportionnée à l’objectif visé, qu’elle est fondée sur des motifs prévus par la loi et qu’aucune autre mesure ne serait efficace. Un nombre limité d’objectifs précis sont reconnus comme des motifs légitimes de détention au regard des normes internationales, comme confirmer l’identité d’une personne ou empêcher une personne de s’enfuir après avoir évalué de manière objective le risque de fuite.

Les États ont l'obligation de veiller à ce que les conditions de détention soient conformes au droit international et aux normes internationales en matière de droits humains, notamment à ce qu’elles soient humaines et que les droits fondamentaux des personnes détenues soient respectés. Cela comprend la protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, l’accès aux soins médicaux, la possibilité de faire de l’exercice et de communiquer avec le monde extérieur (consulats, avocats et famille). L’ICE est censé observer des normes nationales de détention, s’appuyant sur les résultats obtenus, qui prévoient l’accès à des ressources juridiques, au téléphone, à des conditions de détention propres et sûres, à des loisirs, à des repas équilibrés sur le plan nutritionnel et à des soins médicaux. Toutefois, on ignore quelles normes, s’il y en a, sont appliquées à «Alligator Alcatraz».

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA UA 070/25-1
05.06.2026 
AMR 51/1108/2026
Participation prévue jusqu'au: 31 août 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Shut down «Alligator Alcatraz» for good

The Everglades Detention Facility, also known as «Alligator Alcatraz», opened in the state of Florida in July 2025 to detain migrants and asylum seekers. It has operated as a deliberate system dehumanization and abuse: there are cruel and degrading conditions there, including overflowing sewage, shackling, denial of medical care, sleep deprivation, and punishment practices that amount to torture. The Florida governor has recently announced his intention to close it down, but the federal government insists it will remain open. We demand Florida governor Ron DeSantis close «Alligator Alcatraz» immediately.

The Everglades Detention Facility, also known as «Alligator Alcatraz» opened in July 2025 with the capacity to detain around 3,000 people. The facility is located in the Everglades, a fragile ecosystem and one of Florida’s most ecologically sensitive areas. In May 2026, new reports announced that the facility would be closed in June or July of the same year at the behest of Florida governor Ron DeSantis. Feder-al officials quickly rebuked that announcement, claiming it would stay open.

«Alligator Alcatraz» is the first state-owned and operated immigration detention facility in the United States. Consequently, not only is there no federal oversight of the facility. It is also not integrated into ICE’s systems or databases. The absence of registration or tracking mechanisms for those detained at «Alligator Alcatraz» facilitates incommunicado detention and constitutes enforced disappearances when the whereabouts of a person being detained there is denied to their family, and they are not allowed to contact their lawyer. Individuals detained at the facility face barriers to accessing legal representation and due process protections.

While Florida was expecting reimbursement for the costs of the facility from DHS’s new influx of funds for immigration enforcement, yet the state has not and ultimately will not be reimbursed. «Alligator Alcatraz», also sets a dangerous precedent for how states can partner with the federal government to expand the reach of its mass detention and deportation machine. The State of Florida has also passed laws that criminalize migration and permit racial profiling.

As of December 2025, «Alligator Alcatraz» had already absorbed more than $360 million USD in state-issued contracts and was projected to require approximately $450 million USD annually to operate once it is fully functional. Funds for its construction and operation have been taken from the Florida Division of Emergency Management (FDEM) at the Governor’s discretion, under emergency procurement powers usually reserved for natural disasters. Amnesty International has documented that the Government of Florida cut resources from essential social and emergency management programs while also allocating discretionary funds from FDEM to finance the construction and operation of «Alligator Alcatraz».

Immigration detention has long been a problem in the United States, with a history of abuse and cruel conditions. Nevertheless, the US has continued to fund increased detention without improved conditions. As of May 2026, more than 60,000 individuals were detained by US Immigration and Customs Enforcement (ICE) in more than 100 facilities across the United States. Enhanced enforcement and detention as part of the Trump administration’s plans to remove at least one million individuals from the US in 2025 are resulting in overcrowding and deteriorating detention conditions. In 2026, there have al-ready been 19 deaths in ICE custody. Thirty-one individuals died in ICE custody in 2025 which was the highest number of recorded deaths in decades.

Immigration detention is only allowed in the most exceptional of circumstances. The enjoyment of per-sonal liberty must remain any individual’s default condition. Migrants, refugees, and asylum seekers, like anyone else, must benefit from a legal presumption of liberty. As a consequence, if they are subject to any deprivation of liberty, it must be clearly prescribed by law and strictly justified by a legitimate purpose that is necessary, proportionate, and non-discriminatory. Detention is only appropriate when authorities can demonstrate in each individual case that it is necessary and proportionate to the objective being achieved and on grounds prescribed by law and that alternatives would not be effective. A limited number of specific purposes are recognized as legitimate grounds for detention under international standards, including verifying identity and preventing a person from absconding following an objective assessment or flight risk.

States have an obligation to ensure that conditions of detention meet international human rights law and standards, notably that the conditions of detention are humane and the human rights of detained individuals are respected. This includes protection against torture, cruel, inhuman, or degrading treatment; access to medical care; exercise; and the ability to communicate with the outside world including consulates, attorneys, and family. ICE also has Performance Based National Detention Center Standards that require access to legal resources, telephone, clean and secure detention conditions, recreation time, nutritionally-balanced meals, and medical care, however it is unclear what standards, if any at all, are being used at «Alligator Alcatraz».

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Please take action before 31 August 2026.

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