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Urgent Action − Égypte

Un militant de renom condamné à une peine de prison

Le 3 juin 2026, le tribunal correctionnel du Nouveau Caire a condamné Ahmed Douma, militant de renom et écrivain, à un an d’emprisonnement avec travaux forcés pour diffusion de «fausses informations». Ces accusations découlent de son article publié le 25 mars 2026 par le quotidien Al Araby Al Jadeed au sujet des conséquences des incarcérations injustes sur la stabilité de l’État, ainsi que d’une publication du 29 mars 2026 sur les réseaux sociaux abordant les conditions de détention en Égypte. Son audience devant la Cour d’appel correctionnelle du Nouveau Caire est programmée le 25 juin 2026. Ahmed Douma doit être libéré immédiatement et sans condition car il est détenu de manière arbitraire, uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression.

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Défendez les droits d'Ahmed Douma : envoyez une lettre d'appel par e-mail, Tweetez/postez dans les réseaux sociaux (X/Twitter ouFacebook) ou par fax.

L'envoi par voie postale n'est pas recommandé. Les lettres sont retournées comme non distribuables.

Agir jusqu'au 27 octobre 2026

Modèles de lettre

Adresses

President Abdelfattah al-Sisi
(Office of the President, Al Ittihadia Palace, Cairo, Arab Republic of Egypt)
Fax: +202 2391 1441
E-mail: p.spokesman@op.gov.eg
Twitter/X: @AlsisiOfficial

Copies à

Botschaft der Arabischen Republik Ägypten
Elfenauweg 61
3006 Bern
Fax: 031 352 06 25
E-mail: eg.emb.bern@gmail.com
FB: https://www.facebook.com/eg.bern.embassy/

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#FreeDouma

Plus d'info

Ahmed Douma est un poète, écrivain et militant égyptien. Il a été pris pour cible en raison de son militantisme politique et de son rôle de chef de file dans la Révolution du 25 janvier 2011, ainsi que de ses critiques ouvertes à l’égard des gouvernements égyptiens successifs. Les forces de sécurité l’ont arrêté, alors qu’il était âgé de 25 ans, le 12 janvier 2012 à la suite de sa participation à un sit-in devant le siège du gouvernement. Remis en liberté trois mois plus tard, il a de nouveau été arrêté le 3 décembre 2013 dans le cadre d’une vague d’interpellations au lendemain de la promulgation de la loi sur les manifestations (Loi n° 107/2013), qui restreint le droit de réunion pacifique. Tout au long de sa détention, il a été soumis à la torture et à des mauvais traitements, notamment une privation délibérée de soins médicaux, et maintenu à l’isolement pendant des périodes prolongées, au total quatre ans et huit mois, entre décembre 2013 et janvier 2020. Ahmed Douma a souffert de vives douleurs dans différentes parties du corps à cause de l’enfermement dans sa cellule pendant plus de 22 heures par jour, dans des conditions déplorables. Il a mal aux genoux et au dos en raison du manque d’exercice et du fait qu’il n’avait pas de lit, voire pas de matelas par moments, lorsqu’il était détenu à l’isolement. Il a également souffert d’hypertension, d’insomnie, de migraines constantes, de grave dépression et de crises d’angoisse. En février 2015, il a été déclaré coupable et condamné à 15 ans d’emprisonnement en lien avec sa participation à des manifestations antigouvernementales à l’issue d’un procès manifestement inique à caractère politique destiné à le sanctionner pour ses activités militantes. En juillet 2020, la Cour de cassation, la plus haute juridiction en Égypte, a confirmé sa déclaration de culpabilité et sa peine. Le 19 août 2023, Ahmed Douma a été relâché à la faveur d’une grâce présidentielle, après avoir passé une dizaine d’années derrière les barreaux.

Depuis, le service du procureur général de la sûreté de l’État l’a interrogé dans le cadre de sept affaires distinctes liées à des contenus publiés sur ses comptes de réseaux sociaux, en l’accusant d’avoir «diffusé de fausses informations» jugées susceptibles de «troubler l’ordre public, de semer la peur et de porter atteinte à l’intérêt général». Dans les six premières affaires, il a été libéré après avoir versé une caution totale de plus de 235’000 livres égyptiennes (environ 4’500 dollars des États-Unis) dans l’attente d’investigations. Ces convocations successives s’inscrivaient dans un ensemble plus large de mesures restrictives imposées depuis sa libération, notamment une interdiction arbitraire de voyager et des obstacles pour s’inscrire à des études de troisième cycle.

Le 6 avril 2026, il s’est présenté pour un interrogatoire dans les locaux du service du procureur général de la sûreté de l’État, après avoir reçu une convocation quelques jours auparavant. Au bout de plusieurs heures d’interrogatoire, ses avocats ont été informés qu’il était accusé de «publication de fausses informations et déclarations à l’intérieur et à l’extérieur du pays dans l’intention de troubler l’ordre public et de semer la panique». Ces accusations font suite à l’un de ses articles publié dans Al Araby Al Jadeed le 25 mars 2026 sous le titre «D’une prison au sein de l’État à un État au sein de la prison», dans lequel il critiquait les incarcérations injustes et leur impact sur la stabilité de l’État. Elles découlent aussi d’une publication sur les réseaux sociaux, le 29 mars 2026, dans laquelle il dénonçait les conditions de détention dans les geôles égyptiennes. Le 9 avril 2026, une chambre consultative a ordonné le renouvellement de sa détention provisoire pendant 15 jours, le ministère public ayant fait valoir qu’il présentait un risque de fuite, de falsification des preuves ou d’atteinte à l’ordre public. Ses avocats ont avancé qu’Ahmed Douma a des lieux de résidence connus et s’est présenté de son plein gré lorsqu’il a été convoqué par le passé. Ils ont ajouté que la Constitution égyptienne limite le recours à la détention dans les affaires liées à des publications. L’Égypte est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui garantit le droit à la liberté d’expression.

Les autorités égyptiennes ont démontré leur intolérance persistante vis-à-vis de la dissidence, qu’elle soit réelle ou perçue, en ciblant les journalistes, militant·e·s, avocat·e·s, responsables politiques d’opposition et autres personnes qui critiquent la politique gouvernementale ou dénoncent les multiples violations des droits humains. Amnesty International a publié des informations sur les vagues d’arrestations à répétition et les nombreuses personnes poursuivies uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Les personnes détenues dans des affaires politiques sont fréquemment soumises à des détentions arbitraires prolongées, notamment sous la forme de placements en détention provisoire renouvelés automatiquement par des procureurs et des juges sans véritable contrôle judiciaire de la légalité de cette mesure. Amnesty International a également relevé à plusieurs reprises que les droits constitutifs du droit à un procès équitable étaient systématiquement bafoués en Égypte, en particulier dans les affaires à caractère politique, notamment le droit à l’assistance d’un avocat de son choix pendant l’interrogatoire initial par la police, le droit à une défense adéquate, le droit de ne pas témoigner contre soi-même, le droit à la présomption d’innocence, le droit d’être jugé par un tribunal compétent, impartial et indépendant lors d’un procès équitable et public, et le droit d’être protégé de la torture et des mauvais traitements.

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA 037/26-1
27.04.2026 | 17.06.2026
MDE 12/1129/2026
Participation prévue jusqu'au: 17 août 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Prominent activist sentenced to imprisonment

On 3 June 2026, the New Cairo Misdemeanour Court sentenced prominent activist and writer Ahmed Douma to one year in prison with labour on charges of spreading «false news». These charges stem from his article, published on 25 March 2026 by Al-Araby Al-Jadeed, about the impact of unjust imprisonment on state stability, as well as from a social media post published on 29 March 2026 concerning detention conditions in Egypt. His appeal in front of New Cairo Misdemeanours Appeal Court is scheduled for 25 June 2026. He must be immediately and unconditionally released as he is arbitrarily detained solely for exercising his rights to freedom of expression.

Douma is an Egyptian poet, writer and activist who has been targeted due to his political activism and leading role in the 25 January 2011 revolution, as well as his vocal criticism of successive Egyptian governments. Security forces arrested Douma, then aged 25, on 12 January 2012 in relation to his participation in the «Cabinet Offices» sit-in. He was released after three months, but re-arrested on 3 December 2013 amid a wave of arrests after enactment of the draconian protest law (Law No. 107/2013) restricting the right to peaceful assembly. Throughout his detention he has been subjected to torture or other ill-treatment, including deliberate denial of access to medical care, and he was held in solitary confinement for four years and eight months in total for prolonged periods of time, between December 2013 until January 2020. Douma suffered from severe pain in different parts of his body as a result of being confined to his cell for more than 22 hours a day in poor prison conditions. He has knee and back pain resulting from the lack of movement and the failure to provide him with a bed, and sometimes even a mattress, in his solitary confinement cell. He also suffered from high blood pressure, insomnia, constant headaches, severe depression, and panic attacks. In February 2015, he was convicted and sentenced to 15 years’ imprisonment in relation to his participation in anti-government protests following a grossly unfair and politically motivated trial intended to punish him for his activism. In July 2020, the Court of Cassation, Egypt’s highest court, upheld his conviction and sentence. On 19 August 2023, he was released following a presidential pardon, after spending around 10 years in prison.

Since his release, the Supreme State Security Prosecution (SSSP) questioned Ahmed Douma in seven separate cases related to content posted on his social media accounts, under accusations of «spreading false news» deemed to «disturb public order, spread fear and harm public interest». In the first six cases, he was released on bail, exceeding a total of 235,000 Egyptian pounds (4,500 USD), pending investigations. This forms part of a broader pattern of restrictive measures imposed on him since his re-lease, including an arbitrary travel ban and restrictions on enrolment in postgraduate studies.

On 6 April 2026, he went for questioning at the SSSP in response to a summons he had received a few days earlier. Several hours into the interrogation, his lawyers were informed that he was being accused of «publishing false news and statements inside and outside the country with the intent to disturb public peace and spread panic». The charges relate to an article he wrote, published in Al-Araby Al-Jadeed on 25 March 2026, under the title «From a prison within the state to a state within the prison», criticizing unjust imprisonment and its impact on state stability. The charges also stem from a social media post, published on 29 March 2026, in which he criticized detention conditions in Egyptian prisons. On 9 April 2026, an Advisory Chamber ordered the renewal of his pretrial detention for 15 days after the prosecution argued that he posed a risk of absconding, tampering with evidence, or harming public order. His lawyers argued that Ahmed Douma has known places of residence and has appeared voluntarily when summoned in the past. They also argued that the Egyptian Constitution limits the use of detention in cases related to publications. Egypt is a state party of the International Covenant on Civil and Political Rights, which guarantees the right to freedom of expression.

Egyptian authorities have demonstrated a persistent lack of tolerance for actual or perceived dissent, targeting journalists, activists, lawyers, opposition politicians and other individuals who criticize government policies or denounce the authorities’ widespread human rights violations. Amnesty International has documented repeated waves of arrests and prosecutions of people solely for exercising their rights to freedom of expression, association and peaceful assembly. Those detained in politically motivated cases are frequently subjected to prolonged arbitrary detention, including extended pretrial detention renewed automatically by prosecutors and judges without meaningful judicial review. Amnesty International has also repeatedly raised concerns about systematic violations of fair trial rights in Egypt, particularly in cases of a political nature, including the right to a lawyer of one’s choosing particularly during the initial questioning by the police, the right to adequate defence, the right not to self-incriminate and to presumption of innocence, the right to a fair and public hearing before a competent, impartial and independent tribunal, and the right to be protected from torture and other ill-treatment.

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Please take action before 17 August 2026.

You'll find all necessary adddress- and social media information above. English model letter as a word-file.