Image des installations industrielles de Barrancabermeja sur le fleuve Magdalena en Colombie.
Barrancabermeja se situe dans la principale région pétrolière de Colombie. © Luca Zanetti
Ouvert
Urgent Action − Colombie

Il faut enquêter sur les menaces visant le CREDHOS

Le 1er juin, un tract signé par le groupe armé des Forces d’autodéfense conquérantes de la Sierra Nevada (ACSN) a été distribué publiquement. Il menaçait de mort plusieurs personnes vivant à Puerto Wilches, une municipalité du département de Santander, dans la région du Magdalena Medio, en Colombie. Les personnes visées incluent plusieurs membres du Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS), une ONG de défense des droits humains. Nous demandons au parquet général de diligenter des enquêtes rigoureuses et efficaces dans les meilleurs délais sur les auteurs présumés de ces menaces, de les traduire en justice et de prévenir de nouvelles attaques visant des personnes défendant les droits humains dans le Magdalena Medio.

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Défendez les droits de CREDHOS : envoyez une lettre d'appel par poste ou par e-mail et tweetez/postez dans les réseaux sociaux (X/Twitter).

Agir jusqu'au 5 septembre 2026

Modèles de lettre

Adresses

Luz Adriana Camargo
Fiscal General
Fiscalía General de la Nación
Avenida Calle 24 No. 52 – 01
Bogotá D.C., Colombia

E-mail: direccion.derechoshumanos@fiscalia.gov.co

Twitter/X: @FiscaliaCol

Copies à 

Ambassade de la République de Colombie
Zieglerstrasse 29
3007 Berne

Fax: 031 350 14 09
E-mail: esuiza@cancilleria.gov.co

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Plus d'info

Le Magdalena Medio est une vaste vallée située entre les chaînes de montagnes colombiennes et traversée par le principal fleuve de Colombie, le Magdalena. Le pétrole est l’une des principales sources d’activité économique de la région, et la plus grande raffinerie du pays est située dans la ville de Barrancabermeja, dans le département de Santander, au cœur du Magdalena Medio. La région est également engagée dans l’agro-industrie, l’exploitation minière et l’élevage, entre autres activités économiques. Du fait de son emplacement géographique et de l’abondance de ressources à la valeur élevée, telles que le pétrole et l’eau, la région est considérée comme stratégique et a fait l’objet de conflits continus entre l’État et des groupes armés présents dans le pays. Le Magdalena Medio est par ailleurs également le théâtre de processus soutenus de mobilisation populaire et de défense des droits humains depuis des décennies. L’association de syndicats, de mouvements féministes et populaires, et de la défense des droits humains a créé des récits d’affirmation et de résistance particulièrement puissants. Cette situation, conjuguée à la lutte pour le contrôle territorial, politique et économique de la région par des groupes d’intérêt et des factions armées, a créé un terrain propice à la violence contre les défenseur·e·s des droits humains, qui perdure depuis au moins les années 1980. Ces dernières années, des chiffres alarmants ont été enregistrés dans le Magdalena Medio en matière de violences perpétrées contre la population civile, en particulier des homicides.

Tout cela a pour toile de fond le conflit entre plusieurs groupes armés présents dans la région, allant de groupes de guérilla tels que l’Armée de libération nationale, à des groupes formés après la démobilisation des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) en 2016 (connus désormais comme des dissidents FARC), en passant par des organisations armées créées après la démobilisation d’anciens groupes paramilitaires au milieu des années 2000, ce qui inclut l’Armée gaïtaniste de Colombie (EGC), aussi connue sous le nom d’AGC ou de Clan du Golfe; et plus récemment, les Forces d’autodéfense conquérantes de la Sierra Nevada (ACSN), du nord de la Colombie, mais qui auraient dernièrement commencé à avancer vers le sud jusqu’au Magdalena Medio.

Le Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS), établi dans la ville de Barrancabermeja, a été fondé en 1987 et Amnesty International effectue un suivi de sa situation depuis plusieurs années. En 2000, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a pris des mesures de précaution en faveur du CREDHOS en raison de menaces émanant de groupes paramilitaires. En 2016, l’Unité des victimes, instance du gouvernement colombien, a reconnu que le CREDHOS pouvait prétendre à des réparations collectives après avoir subi, en tant qu’organisation, de graves violations des droits fondamentaux. Le rapport Amnesty International intitulé Hope at risk, publié en 2023, a fait état du travail accompli par le CREDHOS pour défendre les droits humanis, ainsi que des risques et menaces pesant sur cette organisation en raison de son action.

Le CREDHOS a attiré l’attention sur de récentes opérations de la police colombienne et du parquet général contre l’EGC, par exemple, la capture en septembre 2024 de «Bernabé», accusé d’être responsable du meurtre de Filadelfo Anzola, un défenseur des droits humains membre du CREDHOS. L’analyse du CREDHOS souligne cependant l’implication de membres actuels et retraités des forces militaires au sein du groupe armé EGC. Par exemple, en septembre 2024, une opération de police contre l’EGC a débouché sur l’homicide de «Zeus», retraité de l’armée de Colombie, qui jusqu’au mois d’août avait pu témoigner devant le tribunal de justice de transition (la Juridiction spéciale pour la paix - JEP) et qui avait précédemment été dénoncé par le CREDHOS en sa qualité de commandant de l’EGC dans la région du Magdalena Medio. Un autre événement a été la capture par la police de José Alejandro Castro Cadavid, colonel à la retraite de l’armée colombienne, qui était actif au sein de celle-ci jusqu’en 2022, et est accusé par le parquet général d’être un commandant de l’EGC dans le sud du département de Bolivar, une zone qui fait partie de la région du Magdalena Medio.

Amnesty International a confirmé que les menaces et les attaques ayant visé des membres du CREDHOS en tant que collectif ont persisté ces dernières années, dans le contexte de la présence de groupes armées sur le territoire où il travaille. Amnesty International a alerté au sujet de ce type de menaces, lançant des Actions urgentes à ce sujet depuis au moins 2015, tandis que d’autres faits inquiétants ont été signalés en 2021, 2023, 2024 et 2025, impliquant des menaces et des attaques de la part de différents groupes armés.

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA 060/26
15.06.2026
AMR 23/1105/2026
Participation prévue jusqu'au: 5 septembre 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english
español

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Investigate threats against NGO CREDHOS

On 1 June, a leaflet supposedly signed by the armed group Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN) was publicly distributed, threatening the lives of several people in Puerto Wilches, a municipality in the Santander department, in Colombia’s Magdalena Medio region. Those threatened included several members of the human rights NGO CREDHOS. We call on the Attorney General to carry out prompt, thorough and effective investigations into those responsible for these threats, bring them to justice, and prevent further attacks against people defending human rights in Magdalena Medio.

The Magdalena Medio is an extensive valley between the Colombian mountain ranges crossed by Colombia's main river, the Magdalena River. Oil is one of the major sources of economic activity in the region, where the country's largest refinery operates in the city of Barrancabermeja, Santander, at the heart of the Magdalena Medio. The area also engages in agro-industry, mining, livestock, among other economic activities. Due to its location and the abundance of valuable resources like oil and water, the region is considered strategic and has been the subject of continuous disputes between the State and armed groups present in the country. The Magdalena Medio has also been a stage for sustained processes of popular mobilization and human rights advocacy for decades. The combination of unions, feminist, popular movements, and human rights defence has created particularly strong scenarios of assertion and resistance. This, coupled with the dispute for territorial, political, and economic control of the region by interest groups and armed factions, has fostered a breeding ground for violence against human rights defenders that has persisted since at least the 1980s. Alarming figures of violence against the civilian population, especially homicides, have been recorded in the Magdalena Medio during the last years.

All of this unfolds in a context of conflict between several armed groups present in the region, ranging from the National Liberation Army (ELN) guerrilla and groups formed after the demobilisation of the Revolutionary Armed Forces of Colombia – Army of the People (FARC-EP) guerrilla in 2016 (known to-day as FARC dissidents), to armed organisations formed after the demobilisation of the former paramilitary groups in the mid-2000s, which include the Ejército Gaitanista de Colombia (EGC), also known as AGC or Clan del Golfo; and more recently the Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN), from northern Colombia but recently reported to advance towards the south to the Magdalena Medio region.

The Regional Corporation for the Defence of Human Rights (CREDHOS), based in Barrancabermeja, was founded in 1987 and Amnesty International has monitored its situation for several years. In the year 2000, the Inter-American Commission on Human Rights (IACHR) issued precautionary measures to CREDHOS due to threats from paramilitary groups. In 2016, the Colombian Government's Victims Unit recognized CREDHOS as a subject of collective reparation for having suffered, as a collective, serious human rights violations. Amnesty International’s report Hope at risk of 2023 documented CREDHOS work defending human rights and the risk and threats faced by the organization because of its work.

CREDHOS has highlighted recent operations of the Colombian police and of the General Attorney Office against the EGC, for example, the capture of AKA «Bernabé» in September 2024, accused of being responsible of the murder of Filadelfo Anzola, a human rights defender member of CREDHOS. But CREDHOS analysis emphasises the involvement of members and retired members of the military forces in the armed group EGC. For instance, in September 2024 a Police operation against the EGC resulted in the killing of AKA «Zeus», a retired member of the Army of Colombia, who until August had been accepted to testify before the transitional justice tribunal (the Special Jurisdiction for Peace – JEP) and who had previously been denounced by CREDHOS as a commander of the EGC in the Magdalena Medio region. Also, the capture by the police of the retired colonel of the Army of Colombia José Alejandro Castro Cadavid, who was an active member of the Army until 2022, and is accused by the General Attorney Office of being a commander of the EGC in the south of the Bolivar department, an area that is part of the Magdalena Medio region.

Amnesty International has confirmed that the threats and victimization of individuals belonging to CREDHOS as a collective have persisted in recent years, in the context of the presence of armed groups in the territory where it works. Amnesty International has warned about this kind of threats issuing urgent actions since at least 2015, with concerning events of threats occurring again in 2021, 2023, 2024 and 2025, involving threats and attacks from different armed groups.

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Please take action before 5 September 2026.

You'll find all necessary adddress- and social media information above. English model letter as a Word-file.