Zied El-Heni fait le signe de la victoire, porté en triomphe par ses partisans
Zied El-Heni fait le signe de la victoire, porté en triomphe par ses partisans après sa libération le 16 septembre 2013 © FETHI BELAID / AFP via Getty
Ouvert
Urgent Action − Tunisie

Emprisonnement injuste d’un journaliste de renom

Le 7 mai 2026, le tribunal de première instance de Tunis a condamné Zied El Heni, journaliste et commentateur politique tunisien de premier plan, à un an de prison pour le seul fait d’avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Arrêté le 24 avril 2026, il a été placé en détention provisoire avant d’être condamné en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications, sur la base de commentaires critiquant une décision judiciaire. Le 26 juin 2026, la Cour d’appel de Tunis a confirmé la peine d’un an de prison prononcée contre Zied El Heni. Sa condamnation s’inscrit dans le cadre d’une répression croissante à l’égard des journalistes et autres voix critiques en Tunisie. Les autorités tunisiennes doivent le libérer immédiatement et sans condition, annuler sa condamnation et cesser de recourir au droit pénal pour sanctionner des personnes qui exercent leur droit à la liberté d’expression.

Passer à l'action

Défendez les droits de Zied El Heni:
Envoyez une lettre d'appel par e-mail, X/Twitter ou Facebook. Vous pouvez aussi l'envoyer par poste. 

Agir jusqu'au 1er décembre 2026

Modèles de lettre

Adresses

Président de la République
Kaïs Saïed
(Route de la Goulette, Site archéologique de Carthage, Tunisie)

Meilleurs moyens d'atteindre la cible:
E-mail: contact@carthage.tn
Twitter/X: @TnPresidency
Facebook: https://www.facebook.com/Presidence.tn/

Copies à 

Ambassade de Tunisie
Kirchenfeldstrasse 63
3005 Berne
Fax: 031 351 04 45
E-mail: at.berne@diplomatie.gov.tn

Agir sur les réseaux sociaux

Twitter/X: @TnPresidency
Facebook: https://www.facebook.com/Presidence.tn/

Infos suivront prochainement ...

Plus d'info

Zied El Heni, âgé de 62 ans, est un journaliste et commentateur politique de premier plan animant une émission de radio matinale quotidienne sur la station indépendante IFM. Il a fait l’objet de poursuites à plusieurs reprises ces dernières années pour avoir émis des critiques à l’égard de responsables publics et d’institutions de l’État. Il a été convoqué par la police le 28 décembre 2023, peu après avoir critiqué à l’antenne l’action du ministre du Commerce. Le même jour, le procureur général du tribunal de première instance de Tunis a ordonné sa mise en détention en vertu de l’article 24 du décret-loi n° 54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication, qui érige en infraction la diffusion en ligne d’informations «fausses» - qualifiées de la sorte de manière imprécise - jugées préjudiciables aux personnes ou à l’intérêt public, et prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison ainsi que de lourdes amendes. Il a ensuite été inculpé en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications et placé en détention provisoire. Le 10 janvier 2024, il a été condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et remis en liberté.

Dans une autre affaire, Zied El Heni fait également l’objet d’une enquête pour des allégations liées à son rôle de conseiller municipal à Carthage, dans la banlieue de Tunis. Le 10 juin 2026, un juge d’instruction a ordonné le placement en détention de cinq personnes, dont Zied El Heni, dans l’attente des résultats de l’enquête sur cette affaire.

Le 13 avril 2026, Zied El Heni a déposé un recours devant le tribunal administratif contre la présidence de la République, demandant au tribunal d’ordonner au président Kaïs Saïed d’établir une Cour constitutionnelle, et de rétablir le Conseil supérieur de la magistrature et la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle, une instance indépendante. Ces institutions jouent un rôle crucial dans la garantie du contrôle constitutionnel, de l’indépendance judiciaire et de la protection de la liberté de la presse en Tunisie.

Les poursuites engagées contre Zied El Heni s’inscrivent dans une répression plus large de la liberté d’expression en Tunisie, depuis la prise de pouvoir du président Kaïs Saïed en juillet 2022. Des avocat·e·s, des journalistes, des blogueurs et blogueuses, et des militant·e·s politiques ont été interrogés, poursuivis ou condamnés pour des propos publics perçus comme critiques à l’égard des autorités, notamment en vertu du décret-loi n° 2022-54 ou de la loi sur les télécommunications, et dans la plupart des cas à la suite de plaintes déposées par le gouvernement. Parmi ces personnes figure Sonia Dahmani, qui a passé 18 mois en détention arbitraire et fait toujours l’objet de poursuites en vertu du décret-loi n° 54. Les journalistes de renom Borhen Bsaies et Mourad Zeghidi ont été condamnés à un an de prison en 2024 en vertu du même décret et, en janvier 2026, ont été condamnés à des peines de prison supplémentaires pour des infractions financières. Les médias indépendants sont également soumis à une pression croissante, comme en témoigne l’interrogatoire de représentants d’IFM, de Diwan FM et de Carthage+ par les autorités judiciaires en mai 2024.

Le décret-loi n° 54, adopté le 13 septembre 2022, a été largement critiqué car il érige l’expression en infraction, par le biais de dispositions ambiguës et trop générales, notamment celles liées à la dissémination de «fausses informations». Ce type de restriction est incompatible avec les obligations de la Tunisie en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui prévoient que toute restriction à la liberté d’expression doit respecter les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité.

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA 068/26
01.07.2026 | -
MDE 30/1254/2026
Participation prévue jusqu'au: 1er décembre 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Prominent journalist unjustly imprisoned

On 7 May 2026, the Tunis Court of First Instance sentenced prominent Tunisian journalist and political commentator Zied El Heni to one year in prison solely for exercising his right to freedom of expression. Arrested on 24 April 2026, he was held in pretrial detention before being convicted under Article 86 of the Telecommunications Code for comments criticizing a judicial decision. On 26 June 2026, the Tunis Court of Appeal upheld Zied El Heni's one-year prison sentence. His conviction is part of an escalating crackdown on journalists and other critical voices in Tunisia. The Tunisian authorities must immediately and unconditionally release him, quash his conviction, and end the use of criminal laws to punish people for exercising their right to freedom of expression.

Zied El-Heni, 62, is a prominent journalist and political commentator on a daily morning radio show on the independent station IFM. He has repeatedly faced prosecution in recent years for comments critical of public officials and state institutions. He was summoned by police on 28 December 2023, shortly after criticizing the Minister of Commerce’s performance on air. The same day, the General Prosecutor of the Tunis Court of First Instance ordered his detention under Article 24 of Decree-Law 54 on Combating Crimes Related to Information and Communication Systems, which criminalizes the online dissemination of broadly defined «false» information deemed harmful to individuals or public interests, prescribing penalties of up to five years in prison and substantial fines. He was subsequently charged under Article 86 of the Telecommunications Code and held in pretrial detention. On 10 January 2024, he was sentenced to a six-months suspended prison sentence and released.

In a separate case, Zied El Heni is also currently under investigation in connection with allegations relating to his role as a member of the municipal council in Carthage, a suburb of Tunis. On 10 June 2026, an investigating judge ordered the detention of five individuals, including Zied El Heni, pending investigations into the case.

On 13 April 2026, Zied El Heni filed a case before the Administrative Court against the Presidency of the Republic, requesting that the court order President Kais Saied to establish the Constitutional Court and reactivate the Supreme Judicial Council and the Independent High Authority for Audiovisual Communication (HAICA). These institutions play a crucial role in ensuring constitutional oversight, judicial independence and the protection of media freedom in Tunisia.

The prosecution of Zied El Heni is part of a broader crackdown on freedom of expression in Tunisia, since President Kais Saied’s power grab in July 2022. Lawyers, journalists, bloggers and political activists have been questioned, prosecuted or sentenced for public comments perceived as critical of the authorities, including on the basis of Decree-Law 2022-54 or the Telecommunications law and in most cases following governmental complaints. Among them is Sonia Dahmani, who spent 18 months in arbitrary detention and continues to face several prosecutions under Decree-Law 54. Prominent journalists Borhen Bsaies and Mourad Zeghidi were sentenced to one year in prison in 2024 under the same decree and, in January 2026, received additional prison sentences on financial charges. Independent media outlets have also faced increasing pressure, including the questioning of representatives of IFM, Di-wan FM and Carthage+ by judicial authorities in May 2024.

Decree-Law 54, adopted on 13 September 2022, has been widely criticized for criminalizing expression through ambiguous and overly broad provisions, notably those relating to the dissemination of «false information». Such restrictions are incompatible with Tunisia’s obligations under the International Covenant on Civil and Political Rights and the African Charter on Human and Peoples’ Rights, which require any limitations on freedom of expression to comply with the principles of legality, necessity and proportionality.

_
Please take action before 1 December 2026.

You'll find all necessary adddress- and social media information above. English model letter as a Word-file.