Monsieur le Président Karzaï,
À la suite de l'intervention internationale de 2001 destinée à chasser les talibans du pouvoir, le gouvernement afghan et ses partenaires internationaux se sont engagés à faire progresser les droits des femmes. Certains progrès ont depuis lors été constatés, notamment la création d'un ministère des Affaires féminines, l'adoption d'une Constitution qui garantit l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’un meilleur accès à l'éducation et la représentation des femmes au Parlement.
Cependant, il est essentiel que ces avancées gagnées de haute lutte ne soient pas maintenant sacrifiées sur l'autel des intérêts politiques et militaires à court terme! Nous exigeons expressément du gouvernement afghan et de toutes les autres parties impliquées dans les futurs pourparlers de réconciliation que la protection et la promotion des droits humains, en particulier des droits des femmes, soient considérées comme une condition sine qua non à la réalisation de toute «réconciliation» et que:
- toutes les stratégies de réconciliation garantissent la protection et la surveillance des droits humains, y compris des droits des femmes, et que d’éventuels non-respects soient traités de manière rapide et efficace;
- tout accord comprenne des critères permettant de vérifier que les parties respectent bien leurs obligations en matière de droits humains;
- les femmes afghanes soient représentées de façon satisfaisante dans les étapes de planification et les pourparlers de réconciliation;
- les pourparlers de réconciliation n’aboutissent pas à une impunité pour les graves violations des droits humains et les crimes de guerre.