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L’Europe et la migration

Les garde-côtes espagnols interceptent un bateau de migrant•e•s. © UNHCR
Les garde-côtes espagnols interceptent un bateau de migrant•e•s. | © UNHCR

Des hommes et des femmes quittent leur pays faute de perspectives de vie, en raison notamment de la sécheresse, de l’absence de possibilités de gagner leur vie et de la pauvreté endémique. Mais le chemin vers l’Europe est dangereux: certain·e·s se noient en mer, d’autres meurent entassé·e·s dans des moyens de transport, nombre d’entre elles et eux sont refoulé·e·s aux frontières.

Et les migrantes et migrants qui atteignent malgré tout le sol européen n’ont pas de quoi se réjouir. Les exactions aux frontières, des mois de détention aux fins du refoulement, des procédures illégales, l’absence de soins médicaux et de possibilités d’éducation pour les enfants rendent la vie à peine supportable.

» Forteresse Europe

La politique migratoire européenne est de jour en jour plus restrictive. Le principal objectif est de rendre si possible infranchissable les frontières européennes aux migrantes et migrants irréguliers. Les contrôles aux frontières extérieures de l’Europe ont été considérablement renforcés pour cette raison. Vu que ces restrictions ne suffisent pas à stopper «l’immigration illégale», les Etats européens délocalisent leur lutte contre les migrantes et migrants indésirables ou la délèguent aux Etats des frontières extérieures à l’Europe. Les pays du Maghreb, les Etats subsahariens ou d’Europe de l’Est ainsi que la Turquie sont mis sous pression afin d’assumer le rôle de «garde-frontières de l’Europe». En tant que postes extérieurs de l’Europe, ils sont sommés d’enrayer les migrations.

» Frontex

Frontex, du français frontières extérieures, est l’agence européenne pour la collaboration opérationnelle aux frontières extérieures. Sa mission principale selon l’ordonnance est d’«améliorer la coordination de la collaboration opérationnelle entre les Etats dans le domaine de la protection des frontières extérieures». Simultanément elle soutient cependant avant tout les Etats membres en matière de sécurisation des frontières et de reconduite d’étrangères et d’étrangers sans autorisation de séjour. Pour empêcher les migrantes et migrants de passer les frontières européennes, Frontex engage des bateaux et hélicoptères communs, forme des garde-frontières et effectue des contrôles le long des frontières et des eaux extraterritoriales. Lors de plusieurs opérations, des bateaux chargés de migrantes et migrants ont été arraisonnés en haute mer et contraints de faire demi-tour.

» La détention comme instrument de gestion de la migration

De nombreux pays placent en détention des personnes qui atteignent leurs frontières nationales. En principe chaque Etat peut décider de sa politique d’immigration. Le législateur a cependant l’obligation de respecter les principes des droits fondamentaux. Le droit à la vie et à l’intégrité physique doivent être garantis, les détentions doivent reposer sur une base légale et ne peuvent être prolongées inutilement. La réalité est cependant tout autre: de nombreux Etats recourent à la détention arbitraire pour contrer les mouvements migratoires indésirables au risque d’atteintes aux droits fondamentaux des migrantes et migrants, demandeurs d’asile et réfugié·e·s. La menace d’emprisonnement est sensée avoir un effet dissuasif sur les migrant·e·s. Pourtant les raisons prépondérantes à la décision de quitter son pays, comme par exemple les guerres civiles, les problèmes économiques et environnementaux, la faim et la misère, pèsent de loin plus lourd que la perspective d’un emprisonnement.

» Conditions de vie précaires

De nombreuses personnes qui arrivent en Europe vivent ici dans des conditions précaires. En situation irrégulière, elles n’ont souvent pas suffisamment accès aux soins médicaux. Les requérant·e·s d’asile débouté·e·s ou celles et ceux qui attendent une décision de recours, ne reçoivent que l’aide d’urgence, une somme minimale pour survivre.

» Faire prévaloir les droits humains des migrantes et migrants

La politique européenne de repli entraîne des violations massives des droits fondamentaux des migrantes et migrants, des décès en haute mer, des arrestations arbitraires et des refoulements dans des pays où ils sont menacé·e·s de mauvais traitements, de torture ou d’autres atteintes aux droits humains. Entre 1988 et 2009, au moins 14 850 personnes ont perdu la vie en tentant de gagner l’Europe. La gestion actuelle des migrations conduit en plus à vider de son sens le droit d’asile.

Amnesty International dénonce la violation des droits fondamentaux des migrantes et migrants et exhorte les Etats européens à protéger et respecter ces droits.

En savoir plus

Chaque année, plusieurs milliers de personnes meurent en tentant de rejoindre l’Europe. Tour d’horizon de ces frontières qui tuent. Lisez notre magazine sur l'Europe forteresse en ligne.