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Nations unies

Résolution contre les mutilations génitales féminines

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Les mutilations génitales féminines, un fléau mondial. | © Volontaire

Une Commission de l’Assemble générale des Nations unies a adopté une résolution contre les mutilations génitales féminines (MGF), ce qui représente un immense encouragement pour les organisations de la société civile qui luttent en vue de mettre fin à cette pratique destructrice.

C’est la première fois que la Troisième Commission de l’Assemblée, chargée des questions sociales, humanitaires et de droits humains, adopte une résolution sur les MGF – qui recouvrent l'ablation partielle ou totale du clitoris ou des organes génitaux féminins, souvent sans anesthésie, dans des conditions pouvant entraîner des infections mortelles.

«Élément essentiel, cette résolution de l’ONU place les MGF dans le cadre des droits humains et prône une approche globale, soulignant à quel point il importe de renforcer l’autonomisation des femmes, de promouvoir et protéger les droits en matière de sexualité et de reproduction et de briser le cycle de la discrimination et de la violence» a expliqué José Luis Díaz, représentant d'Amnesty International auprès des Nations unies à New York.

La résolution sur les mutilations génitales féminines adoptée par la Troisième Commission devra être entérinée en séance plénière par l’Assemblée générale en décembre. Bien qu’elles ne soient pas juridiquement contraignantes, les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU ont un poids moral et politique considérable.

Une pratique qui nous concerne tous

«Les mutilations génitales féminines nous concernent tous : qu’une fillette ou une jeune femme puisse être maintenue de force et mutilée constitue une violation de ses droits humains. Fait choquant, on estime à trois millions le nombre de filles concernées chaque année», a affirmé José Luis Díaz.

Les mutilations génitales féminines sont répandues dans 28 pays d’Afrique, ainsi qu’au Yémen, en Irak, en Malaisie, en Indonésie et dans certains groupes ethniques d’Amérique du Sud. Cependant, c’est une question qui concerne le monde entier. Les femmes et les jeunes filles dans les communautés de la diaspora risquent elles aussi d’y être confrontées.

Pour Amnesty International, la résolution de l’ONU est une piqûre de rappel pour les gouvernements, qui doivent mettre en place, au-delà des lois, des plans d’action au niveau national, les doter des ressources nécessaires et en assurer le suivi, afin de sensibiliser les populations.

La résolution note clairement que, pour parvenir enfin à éliminer cette pratique, il faut que toutes les personnes concernées soient impliquées, y compris les hommes et les garçons.

«Il importe de souligner que les MGF sont une persécution fondée sur le genre et propre aux enfants. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a reconnu qu’une fillette ou une femme qui demande l’asile parce qu’elle a été contrainte de subir, ou risque de subir, une MGF, peut prétendre au statut de réfugiée, a indiqué José Luis Díaz. Il convient d’intégrer la protection des réfugiées qui risquent de subir une MGF dans la stratégie globale de protection.»

La résolution de l’ONU préconise des recommandations concrètes pour prévenir les MGF, protéger les filles exposées, mettre fin à l’impunité et offrir des services de soutien à celles qui souffrent toute leur vie des conséquences de ces interventions. Amnesty International engage tous les gouvernements à suivre sans délai ces recommandations.

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27 novembre 2012