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Une entreprise qui bafoue le droit à l'eau sponsorise des courses pour l'eau

Amnesty s'insurge contre la tentative de Dow de laver son image

Manifestation en 2002 devant le siège de Dow à Mumbai. © Maude Dorr
Manifestation en 2002 devant le siège de Dow à Mumbai. | © Maude Dorr

Amnesty International s'insurge contre la tentative de Dow Chemical (Dow) de laver son image en sponsorisant des courses pour l'eau, qui auront lieu le 18 avril, dans une centaine de villes dans le monde et notamment trois villes suisses (Vernier, Yverdon-les-Bains et Brienz), sous le slogan « Dow Live Earth - Run for Water ». Or Dow n'est autre que l'entreprise qui a refusé d'assumer toute responsabilité après la catastrophe industrielle de Bhopal, survenue sur le site de sa filiale Union Carbide Corporation (UCC) en 1984, qui a entraîné la mort de près de 25'000 personnes. Vingt-cinq ans après l'explosion, le site est toujours contaminé et des dizaines de milliers de personnes boivent quotidiennement de l'eau empoisonnée. Contactés par Amnesty International, les organisateurs de la course à Yverdon-les-Bains ont décidé de se distancier de Dow.


«C'est un cynisme total! Dow essaie de laver son image en organisant et sponsorisant dimanche prochain des courses pour l'eau dans de nombreuses villes du monde comme Hong Kong, Amsterdam, Le Cap, et même en Suisse», relève Danièle Gosteli, spécialiste Economie et droits humains à la Section suisse d'Amnesty International. «Or cette même entreprise refuse de nettoyer le site pollué par l'explosion de gaz toxique à Bhopal en Inde, ce qui oblige des centaines de milliers de personnes à boire chaque jour de l'eau contaminée ! Nous avons approché à plusieurs reprises le siège principal de Dow aux Etats-Unis ainsi que le siège européen de Dow, basé dans notre pays, à Horgen, mais sans succès : Dow refuse de reconnaître une quelconque responsabilité dans ce désastre.»

Dow légitime son refus d'assumer des responsabilités par le fait que l'entreprise propriétaire de l'usine de pesticides qui avait explosé, Union Carbide Corporation (UCC), est formellement une entité juridique séparée. Mais UCC est devenue en 2001 une filiale à part entière de l'entreprise Dow Chemical, toutes ses transactions sont totalement intégrées dans celles de Dow. UCC s'est rendue coupable de fautes graves sur le site de Bhopal : la société y entreposait en vrac une substance dangereuse, sans aucun système de sécurité et elle a refusé de livrer jusqu'à aujourd'hui le nom des produits qui se sont échappés en même temps que l'isocyanate de méthyle, un gaz toxique. C'est aujourd'hui la responsabilité de Dow d'assumer les conséquences de ces erreurs commises par l'une de ses filiales.

Amnesty International trouve inacceptable la manière dont Dow cherche à laver son image en s'associant à un événement promouvant l'eau comme une ressource précieuse pour tous et toutes. L'organisation internationale de défense des droits humains a également approché Live Earth, organisation co-fondée par l'ancien vice-président américain Al Gore et organisatrice de l'événement international, pour qu'elle fasse pression sur Dow ou qu'elle s'en distancie. Mais Live Earth n'a pas répondu à la lettre d'Amnesty International.

«Nous avons demandé aux communes organisatrices de ces courses en Suisse et aux partenaires concernés de condamner clairement l'attitude de Dow et d'exiger que l'entreprise assume enfin ses responsabilités par rapport à Bhopal. Nous sommes satisfaits que les organisateurs de la course à Yverdon-les-Bains aient décidé de se distancier de Dow et de Live Earth, et l'aient mentionné sur leur site internet. Dow Chemical ne peut se contenter de sponsoriser ces courses pour l'eau tout en bafouant le droit à l'eau des victimes de la catastrophe de Bhopal», souligne Danièle Gosteli.

Amnesty International exige tant de Dow que du gouvernement indien qu'ils prennent des mesures appropriées pour remédier aux effets à long terme de la fuite de gaz toxique à Bhopal, notamment par un nettoyage total et une remise en état du site de l'usine, la fourniture de soins médicaux, l'approvisionnement régulier en eau propre et saine pour la population touchée, et l'octroi de réparations financières.

Communiqué de presse publié le 16 avril 2010, Londres / Lausanne.
Contact du service de presse

Agir

25 ans après la catastrophe chimique à Bhopal en Inde, qui a coûté plus de 20'000 vies humaines, Dow Chemical refuse toujours et par tous les moyens possibles d’assumer sa responsabilité. Agissez auprès d'Andrew Liveris, président directeur de Dow Chemical.

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