Amnesty International Suisse
Accueil Thèmes Torture Qu'est-ce que la torture?

Qu'est-ce que la torture?

© Beat Knoblauch & Bill Guhl
| © Beat Knoblauch & Bill Guhl

Au cours des dernières années, les trois quarts des gouvernements ont eu recours à la torture. Dans les postes de police et les prisons, dans les rues des grandes villes et dans les villages les plus reculés, les tortionnaires continuent de mener leur œuvre de destruction. Certaines de leurs victimes meurent après de terribles souffrances ; et pour celles qui survivent, rien ne sera plus jamais pareil. Si certaines cicatrices finissent par disparaître, le corps et l’esprit n’en restent pas moins profondément marqués. Les victimes – hommes, femmes ou enfants – sont des dissident·e·s, des suspect·e·s ou des détenu·e·s de droit commun, des prisonnières et prisonniers politiques ou des personnes prises pour cible en raison de leur statut social, de leur identité ou de leurs convictions.

 

Qu’est-ce que la torture ?

Selon la Convention des Nations unies contre la torture, le terme « torture » désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées aux fins notamment d'obtenir des renseignements ou des aveux, de punir, d'intimider ou de faire pression, ou pour toute autre raison liée à la discrimination. Ces douleurs et ces souffrances doivent par ailleurs être infligées par un agent de la fonction publique ou par toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite.

Les méthodes de torture

Le passage à tabac est de loin la méthode de torture et de mauvais traitement le plus couramment employée à l’heure actuelle par les agents de l’Etat. Parmi les méthodes de torture et de mauvais traitement les plus fréquemment utilisées depuis 1997, on peut citer la torture à l’électricité, le viol et les sévices sexuels en détention, la suspension des victimes, les coups sur la plante des pieds, l’asphyxie partielle, les simulacres d’exécution et les menaces de mort, ainsi que l’isolement prolongé. L’immersion, les brûlures de cigarettes, les privations de sommeil et l’isolation sensorielle sont également des pratiques fréquentes, tout comme celle qui consiste à attacher la victime derrière une voiture et à la traîner.

Une interdiction absolue

L’interdiction de la torture et des autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants est un droit humain absolu et valable sans la moindre exception.

Aujourd’hui, la majorité des accords internationaux et régionaux relatifs aux droits humains stipulent l’interdiction totale de la torture et des autres mauvais traitements. Plus sur les accords

Derrière l’interdiction absolue de la torture et des autres mauvais traitements se trouve un consensus éthique international sur le fait que de telles méthodes sont détestables et immorales. Les droits humains se basent sur des valeurs fondamentales : il y a des choses qu’aucun être n’a le droit d’infliger à autrui, quelle que soit l’atrocité du crime commis ou la nature extrême des circonstances.

Un mal sans limites

L’histoire montre que le recours à la torture n’a aucune limite. Lorsqu’un État tolère un seul acte de torture, il ouvre la porte à un système de torture institutionnalisé. Quiconque permet la mise en œuvre de la torture et des mauvais traitements dans une situation spécifique ne saura bientôt plus où s’arrêter. On peut par exemple commencer par torturer une personne dans le but d’éviter un attentat à la bombe ; on se mettra alors à torturer des personnes qui pourraient planifier un tel attentat ou qui connaîtraient quelqu’un qui pourrait le faire.

De manière générale, l’intensité des méthodes appliquées augmente : si un coup ne suffit pas à faire parler quelqu’un, alors il faut lui en infliger un deuxième ; et si les coups n’ont aucun effet, il faut amplifier la douleur.

La torture est un métier

On ne naît pas tortionnaire, on le devient. Certains États disposent en effet de camps d’entrainement dans lesquels les tortionnaires apprennent secrètement à procéder à des exécutions, à infliger des actes de torture, à donner des coups et à proférer des menaces. Pour venir à bout de la torture, il est essentiel de mettre un terme à cette «formation professionnelle».

Dans la tête d'un génocidaire

Interview de la psychologue française Françoise Sironi, qui a mené une expertise psychologique de Douch, directeur du centre de détention et de torture Tuol Sleng.

Interview

Tags
Torture