Russie Pour que les Pussy Riot ne retournent pas en prison

7 janvier 2014
Visiblement, l’intimidation n’a pas fonctionné. A peine sorties de leurs camps de travail, les deux chanteuses du groupe Pussy Riot ont déclaré vouloir reprendre la lutte contre le président Poutine. Elles font preuve d’un courage incroyable, après des mois pénibles dans des conditions de détention éprouvantes, loin de leurs enfants.

Manon_Schick_copyright_Christian Rochat pour The Global Journal(BIS).jpg Manon Schick, directrice de la Section suisse d’Amnesty International © AI

Elles ne sont pas les seules à refuser de baisser les bras. Fraîchement débarqué en Suisse, l’homme d’affaires Mikhaïl Khodorkovski annonce qu’il va défendre les prisonniers d’opinion qui croupissent dans les geôles russes. Quant au militant suisse de Greenpeace, Marco Weber, il ne cache pas sa volonté de poursuivre le combat contre les activités pétrolières dans l’Arctique, tout comme ses compagnons arrêtés en même temps que lui.

Les autorités russes ne se seraient-elles finalement pas tiré une balle dans le pied en essayant de museler toutes les voix discordantes ? Qui avait entendu parler des Pussy Riot avant leur arrestation il y a deux ans ? Leur condamnation leur aura fait une publicité planétaire et aura déclenché une mobilisation mondiale en faveur de leur libération.

Mais ne nous laissons toutefois pas leurrer. Les récentes amnisties prononcées en Russie pourraient faire croire à un début d’ouverture de la part du gouvernement, mais des milliers d’autres personnes sont encore et toujours détenues de manière totalement injuste et infondée. De plus, les charges retenues contre les prisonniers libérés n’ont pas été abandonnées et pourraient mener à une nouvelle incarcération.

La loi d'amnistie adoptée à la hâte avant Noël par le Parlement russe ne peut pas se substituer à un système judiciaire efficace et indépendant. Elle constitue une nouvelle preuve de la politisation de la justice dans ce pays. Un véritable Etat de droit n’a pas besoin d’adopter de lois d’amnistie !

De plus, les  lois liberticides introduites depuis le troisième mandat présidentiel de Vladimir Poutine permettront de condamner des milliers d’autres opposants, dès que les projecteurs de Sotchi se seront éteints. Ces lois permettent de poursuivre des manifestants pacifiques, d’emprisonner des personnes pour « blasphème », d’empêcher les organisations non gouvernementales de faire leur travail, ou encore de criminaliser les homosexuels qui revendiquent le respect de leurs droits. Tout un appareil répressif est en place, autorisant la condamnation de toutes celles et ceux qui oseront s’opposer au régime.

Il est essentiel de maintenir la pression sur les autorités russes, avant les Jeux olympiques, mais encore plus après la fin des JO, dès le mois de mars prochain. Pour que les Pussy Riot et les autres personnes qui critiquent le gouvernement ne retournent pas en prison dès que les médias internationaux auront quitté Sotchi.

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