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Urgent Action − Viêt-Nam

Une militante emprisonnée privée de soins médicaux

La santé de Cấn Thị Thêu, défenseure des droits humains de renom et prisonnière d'opinion, continue à se détériorer. Le 17 janvier, Cấn Thị Thêu a informé sa famille qu’elle était malade depuis 16 jours, présentant des symptômes inquiétants correspondant à un accident vasculaire cérébral. Sa demande de soins médicaux a été rejetée. L’absence de soins adaptés et de visites régulières de ses proches suscitent de fortes craintes pour son bien-être. Cấn Thị Thêu est incarcérée à la prison n° 5 de la province de Thanh Hoa depuis cinq ans, et a semble-t-il été soumise à la torture et à des conditions de détention inhumaine. Cette femme est une prisonnière d’opinion, détenue uniquement pour avoir exercé ses droits humains de manière pacifique. Elle doit donc être libérée immédiatement et sans condition.

Passer à l'action

Défendez les droits de Cấn Thị Thêu: envoyez une lettre d'appel par poste via l'ambassade, par e-mail, ou via X/Twitter.

Agir jusqu'au 1er juillet 2026

Modèles de lettre

Adresses

Président:
→ Le meilleur moyen de joindre le Président est de passer par l’ambassade du Vietnam.
State President Lương Cường
Văn phòng chủ tịch nước, số 2, Hùng Vương, Ba Đình
Hà Nội, 10020, Việt Nam
c/o Ambassade de la République socialiste du Viêt-Nam
Schlösslistrasse 26
3008 Berne

→ Une autre possibilité:
E-Mail: vanphongctnvn@gmail.com

Copies à 

Ambassade de la République socialiste du Viêt-Nam
Schlösslistrasse 26
3008 Berne
Fax: 031 388 78 79
E-mail: vietsuisse@bluewin.ch

Agir sur les réseaux sociaux

Suggested message
#FreeCanThiTheu #VietNam must fulfill its human rights obligations by providing adequate medical treatment for land rights activist Can Thi Theu. Her efforts in promoting human rights should be respected rather than punished with imprisonment.

Hashtag:
#FreeCanThiTheu #VietNam must

Accounts:
Viet Nam UN Mission: https://twitter.com/vietnam_un
Viet Nam Ministry of Foreign Affairs: https://twitter.com/MOFAVietNam
Bui Thanh Son - Minister of Foreign Affairs: https://twitter.com/FMBuiThanhSon
Viet Nam Government Portal: https://twitter.com/VNGovtPortal
Viet Nam official of Government Information: https://www.facebook.com/thongtinchinhphu

Plus d'info

Cấn Thị Thêu est une militante du droit à la terre et une défenseure des droits humains bien connue au Viêt-Nam. Ses activités militantes ont débuté après la saisie des terres de sa famille par les autorités en 2010. Elle a commencé à dénoncer les expulsions forcées et est devenue une figure de premier plan du mouvement de défense du droit à la terre. Cấn Thị Thêu et sa famille ont soutenu des victimes de confiscations de terres et de violations des droits humains, ainsi que des prisonnier et prisonnières d’opinion. En faisant état de ces questions sur leurs comptes de réseaux sociaux, qui ont plus de 50’000 abonnés, Cấn Thị Thêu et sa famille ont été en mesure de toucher un large public. Ils ont donné de l’ampleur à leur travail de plaidoyer en fournissant à la communauté internationale des informations axées sur les droits humains, en particulier sur les droits à la terre et à la liberté d’expression.

Au cours des 10 années qu’ils ont consacrées à leur action, Cấn Thị Thêu et ses proches ont été victimes d’un harcèlement intense et d’une surveillance soutenue de la part des autorités locales. Cấn Thị Thêu a été emprisonnée à deux reprises: en 2014 (pour 15 mois) après avoir mené une manifestation contre la saisie de terres, puis en 2016 (pour 20 mois) pour avoir filmé une expulsion forcée. Elle a passé deux ans et neuf mois en prison au total. Son époux a été visé par les mêmes charges en 2014 et a également passé 18 mois en prison. Après l’incarcération de leurs parents en 2014, leurs fils Trịnh Bá Phương et Trịnh Bá Tư sont également devenus militants et défenseurs des droits humains. Une fois libérée, Cấn Thị Thêu a poursuivi ses activités militantes avec ses fils et son époux.

Les tensions ont atteint leur point d’incandescence quand Cấn Thị Thêu et ses deux fils ont publiquement pris la défense des résident·e·s du village de Đồng Tâm, victimes d’un litige foncier très médiatisé avec le gouvernement entre 2017 et 2020. En janvier 2020, la police a fait une descente dans ce village, qui s’est soldée par la mort d’un responsable du village, âgé de 84 ans, et de trois policiers, ainsi que par l’arrestation de dizaines de villageois. Malgré le caractère sensible de l’affaire et les risques élevés associés, et face au fait que tous les médias d’État subissent la censure, Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Phương et Trịnh Bá Tư ont utilisé les réseaux sociaux afin d’informer le public sur ce qui s’était passé et sur les violations des droits humains ayant eu lieu.

Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Phương et Trịnh Bá Tư ont alors été arrêtés par la police le 24 juin 2020. Le fils de Trịnh Bá Phương venait à peine de naître, et n’avait que quatre jours quand son père a été appréhendé.

Le 5 mai 2021, Cấn Thị Thêu et Trịnh Bá Tư ont été condamnés à huit ans de prison, assortis de trois ans de mise à l’épreuve. Sept mois plus tard, le 15 décembre 2021, Trịnh Bá Phương a été condamné à 10 ans de prison et cinq ans de mise à l’épreuve. Ils ont tous trois été inculpés de «fabrication, stockage ou diffusion d’informations, de documents ou d’articles dans le but de s’opposer à l’État de la République socialiste du Viêt-Nam» au titre de l’article 117 du Code pénal. Depuis 2011, au moins 300 militant·e·s, défenseur·e·s des droits humains et journalistes ont été arrêtés au Viêt-Nam en vertu du Code pénal. En septembre 2025, Trịnh Bá Phương a été condamné à 11 ans de prison au titre de l'article 117, pour possession d’une banderole dont le slogan critiquait le parti communiste. Cela représente un total de 21 ans en prison, sur la base de la charge retenue en 2021.  

Il a été signalé à plusieurs reprises que ces trois militant·e·s ont subi un traitement dur et des actes de torture en détention provisoire. La police aurait frappé Trịnh Bá Phương sur les parties génitales. Trịnh Bá Tư a également été roué de coups, qui lui ont causé des tuméfactions rénales. Il a aussi observé une grève de la faim pendant 20 jours pour protester contre les mauvais traitements infligés. À ce jour, Cấn Thị Thêu souffre toujours d’une infection oculaire causée par de mauvaises conditions en détention provisoire; elle avait été placée dans une cellule sans ventilation adaptée et où l’eau était en quantité insuffisante, par des chaleurs extrêmes.

Une fois en prison, le harcèlement et les coups auraient continué. Ils ont été transférés dans trois prisons différentes, loin de chez eux (à environ 1 000 km), et il est terriblement difficile et coûteux pour leurs proches de leur rendre visite. Ce n’est d’ailleurs qu’en mars 2022 qu’ils ont été autorisés pour la première fois à recevoir la visite de leur famille. En septembre 2022, Trịnh Bá Tư a été passé à tabac et placé en détention à l’isolement pendant 10 jours avec les pieds entravés. Il avait simplement demandé qu’un autre prisonnier puisse obtenir des soins d’urgence.

En 2021, Amnesty International a condamné l’arrestation arbitraire et les procès iniques infligés à Cấn Thị Thêu et ses deux fils, et a par ailleurs exprimé son inquiétude face aux mauvais traitements infligés aux trois militant·e·s en 2022. Des expert·e·s des Nations unies ont fait état de graves motifs de préoccupation en relation avec les violations semble-t-il systématiques des droits des défenseur·e·s des droits humains au Viêt-Nam - parmi lesquels Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Tư and Trịnh Bá Phương -, prenant la forme d’arrestations arbitraires, de détentions, de procès iniques et de condamnations pénales liés au simple exercice du droit à la liberté d’expression et d’opinion.

En détail

Numéro UA:
Actualisation du:
Index:
UA 083/25-1
03.02.2026
ASA 41/0644/2026
Participation prévue jusqu'au: 1er juillet 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Imprisoned activist denied medical care

The health of prominent human rights defender and prisoner of conscience Cấn Thị Thêu has worsened. On 17 January, Cấn Thị Thêu informed her family that she had been ill for 16 days with concerning symptoms associated with a stroke. Her request for medical treatment has been denied. Without proper care and regular visits from her family, there are grave concerns for her wellbeing. Cấn Thị Thêu has been imprisoned in Prison No. 5 in Thanh Hoa province for five years and allegedly subjected to torture and inhumane conditions of detention. Cấn Thị Thêu is a prisoner of conscience, detained solely for exercising her human rights, and must be immediately and unconditionally released.

Cấn Thị Thêu is a well-known land rights activist and human rights defender in Viet Nam. She became an activist after her family’s land was confiscated by the authorities in 2010. She began advocating against forced evictions and became a leading figure in the land rights movement. Thêu and her family supported victims of land grabbing, human rights violations, and prisoners of conscience. By documenting and reporting the issues on their social media accounts, which had more than 50'000 followers, the issues that Theu and her family raised were able to reach a large audience. They furthered their advocacy by providing human rights reports, especially on land rights and freedom of expression, to international communities.

Over the ten years that they had been activists, Thêu and her family faced intense harassment and surveillance from local authorities. Cấn Thị Thêu has been jailed twice; in 2014 (for 15 months) after leading a demonstration against a land grab, and again in 2016 (for 20 months) for filming a forced eviction. In total, she was in prison for two years and nine months. Her husband faced the same charges in 2014, and also spent 18 months in jail. After their parents' imprisonment in 2014, her sons Trịnh Bá Phương and Trịnh Bá Tư also became activists and human rights defenders. Upon her release from pris-on, Cấn Thị Thêu continued her activism with her sons and her husband.

Tensions reached a peak when Thêu and her two sons publicly advocated for the residents of Đồng Tâm village, who were victims of a high-profile land dispute with the government, from 2017 to 2020. In January 2020, police raided the village of Đồng Tâm, resulting in the death of a 84-year-old village leader and three police officers and the arrest of dozens of villagers. Despite the sensitivities and high risks associated, and with all state-owned media censored, Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Phương and Trịnh Bá Tư used social media to inform the public about the incident and human rights violations.

As a result, on 24 June 2020, police arrested Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Phương and Trịnh Bá Tư. At the time of the arrest, Phương had recently given birth to a son, who was just 4 days old when he was taken away.

On 5 May 2021, Cấn Thị Thêu and Trịnh Bá Tư were sentenced to eight years in prison with three years’ probation. Seven months later, on 15 December 2021, Trịnh Bá Phương was sentenced to ten years in jail with five years’ probation. The three were charged for «making, storing, or spreading information, materials or items for the purpose of opposing the State of the Socialist Republic of Viet Nam» under Article 117 of the Criminal Code. It is reported that, since 2011, at least 300 activists, human rights de-fenders and journalists in Viet Nam have been arrested under the Criminal Code. In September 2025, Trịnh Bá Phương was sentenced to 11 years in prison under Article 117, for possessing a banner opposing the Communist Party. This lead to a total of 21 years in prison from the previous charge in 2021.

During the pre-trial detention, there were several reports of the three activists' harsh treatment and torture. Allegedly, Trịnh Bá Phương had his genitals beaten by the police; Trịnh Bá Tư was also beaten, leading to kidney swelling. He also led a 20-day hunger strike to protest the harsh treatment. Thêu, to this day, continues to suffer from an eye infection that was caused by poor pre-detention conditions, being placed in a cell with no proper ventilation or sufficient water, and in extreme heat.

Once in prison, the harassment and beatings reportedly continued. Transferred to three different jails, far away from their hometown (around 1’000 km), it is incredibly difficult and costly for their family to visit them. In fact, it was only in March 2022 that they were even allowed a visit from their family. In September 2022, Trịnh Bá Tư was beaten and placed in solitary confinement for ten days with his feet shackled because. He had simply been advocating for another prisoner to access emergency healthcare.

In 2021, Amnesty International condemned the arbitrary arrest and unfair trials of Thêu and her two sons and also raised grave concerns over their ill-treatment in 2022. UN experts raised serious concerns UN experts raised serious concerns about the apparent systematic violations of the rights of human rights defenders in Viet Nam - including Cấn Thị Thêu, Trịnh Bá Tư and Trịnh Bá Phương - through arbitrary arrest, detention, unfair trials and criminal convictions in relation to the mere exercise of their right to freedom of expression and opinion.


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Please take action before 1 July 2026.

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