Portrait de Esra Işık
Esra Işık © privée
Ouvert
Urgent Action − Turquie

Une défenseure de l'environnement en cours de jugement

Esra Işık, 26 ans, défenseure des droits environnementaux, risque d’être poursuivie au titre des articles 265 et 125 du Code pénal turc pour avoir semble-t-il «empêché un fonctionnaire d’exercer ses fonctions» et «insulté des fonctionnaires». Elle a été arrêtée le 30 mars après avoir pris part à une action de protestation pacifique contre une décision d’expropriation d’urgence visant des villages proches de la forêt d’Akbelen, notamment İkizköy, dans la province de Muğla (sud-ouest de la Turquie). Elle a passé 42 jours en détention provisoire. Elle a été remise en liberté après la décision du Conseil d'État de suspendre l’arrêté d’expropriation, mais continue à faire l’objet d’une procédure pénale. Esra Işık a été arrêtée et poursuivie simplement pour avoir exercé ses droits. La prochaine audience doit avoir lieu le 22 juin. Les charges retenues doivent être abandonnées.

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Défendez les droits de Esra Işık: envoyez une lettre d'appel par poste, e-mail, fax et postez dans les réseaux sociaux.

Agir jusqu'au 12 décembre 2026

Modèles de lettre

Adresses

Enis Tekgül
Milas Chief Public Prosecutor
Güneş Mahallesi, Labranda Bulvarı, No:53 Milas Adliyesi
48200 Milas/MUĞLA
Türkiye

Fax: +90 252 512 91 91

E-mail: milascbs@adalet.gov.tr

Copies à 

Ambassade de la République de Turquie
Lombachweg 33, Case Postale 34
3000 Berne 15

Fax: 031 352 88 19
E-mail: botschaft.bern@mfa.gov.tr

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Plus d'info

Le 30 mars 2026, Esra Işık, une défenseure des droits environnementaux âgée de 26 ans, a été placée en garde à vue à Milas, dans la province de Muğla, en Turquie, alors qu’elle participait à une action de protestation pacifique lors de la venue sur place de représentants de l’État, dans le contexte d’une décision d’expropriation d’urgence ayant un impact sur les villages locaux. Elle a plus tard été placée en détention provisoire après avoir été accusée d’avoir «empêché un fonctionnaire d’exercer ses fonctions» (articles 265 du Code pénal turc) et «insulté des fonctionnaires» (article 125 du Code pénal turc). Lors de sa première audience dans cette affaire, le 27 avril 2026, la justice a décidé de reconduire sa détention provisoire, mais elle a été remise en liberté le 11 mai 2026 après la décision du Conseil d’État de suspendre l’exécution de l’ordre d’expropriation d’urgence. La prochaine audience, qui devrait déboucher sur une décision, est prévue pour le 22 juin 2026.

Le 30 mars vers 19 h 30, des représentants de l’État sont arrivés au village de Karacahisar afin d’effectuer des inspections ordonnées par la justice dans le contexte d’un ordre d’expropriation d’urgence concernant 649 parcelles distinctes, construites ou non. Ces inspections ont été effectuées dans un délai très court et sans que les propriétaires concernés et leurs représentants légaux n’y participent véritablement.

Selon un compte-rendu officiel, un groupe comprenant un juge, un greffier et des experts désignés par la justice est arrivé sur les lieux dans la soirée. Des résident·e·s locaux, qui s’étaient réunis en réponse à des conflits suscités par les expropriations en cours, ont fait face à des véhicules paraissant non identifiés ou liés à la compagnie minière.

Esra Işık (fille de Nejla Işık, représentante élue du village d’İkizköy) faisait partie des résident·e·s présents. Amnesty International a examiné des séquences vidéo de ces événements, qui montrent une conversation houleuse entre des résident·e·s locaux, parmi lesquels Esra Işık, et des personnes se trouvant à bord d’une fourgonnette banalisée, les résident·e·s demandant à ces dernières de laisser la population tranquille, dans une atmosphère visiblement très tendue. Ces séquences montrent que le véhicule a fini par s’éloigner. Esra Işık a été arrêtée et poursuivie simplement pour avoir exercé ses droits. Elle conteste les allégations portées contre elles, affirmant qu’elle ne savait pas à l’époque que le groupe était une délégation de représentants des autorités judiciaires, et qu’elle n’avait fait aucune remarque menaçante ou insultante envers ces fonctionnaires. Elle a ajouté que les membres de la délégation n’étaient pas clairement identifiés en tant que fonctionnaires de la justice, et qu’une confusion similaire avait précédemment eu lieu dans la région durant des opérations liées aux activités minières impliquant des véhicules banalisés ou liés à la compagnie.

Le 31 mars, le tribunal pénal de paix de Milas a ordonné la détention provisoire d’Esra Işık, invoquant la nature des infractions présumées et une influence possible sur des procédures en cours liées à d’autres inspections dans la région.

La détention provisoire d’Esra Işık et les poursuites la visant s’inscrivent dans un contexte plus large de conflits persistants portant sur des terrains, des forêts et des moyens d’existence agricoles dans la région, en particulier aux alentours de la forêt d’Akbelen et des villages voisins, au cours de la décennie écoulée. L’histoire de la famille d’Esra Işık a été directement façonnée par ce long processus de déplacement: en raison d’activités minières, ses grands-parents maternels ont été forcés à quitter Sekköy et Karacaağaç, également dans le secteur de Milas, dans la province de Mugla, et à se réinstaller à İkizköy, tandis que sa famille paternelle a également été déplacée d’Işıkdere, un quartier de cette zone, qui a été dépeuplé lors de l’expansion des activités minières par le biais d’expropriations en 2017. Cette famille risque aujourd’hui une nouvelle fois d’être expulsée de son domicile et de ses terres agricoles, où elles se sont réinstallées, alors que des mesures d’expropriation continuent à menacer leurs biens et ceux d’autres villageois.

La population locale s’est opposée à la déforestation et à l’expansion d’activités minières qui menacent des oliveraies, des terres agraires et des agglomérations rurales. En 2024 et de nouveau en 2026, des décisions d’expropriation d’urgence ont été émises concernant un large nombre de parcelles à travers plusieurs villages, notamment des terres appartenant à la famille d’Esra Işık. Ces mesures ont été largement contestées devant des instances judiciaires nationales, notamment le Conseil d'État et la Cour constitutionnelle.

Parallèlement, des changements législatifs adoptés en 2025 ont favorisé encore davantage les opérations minières dans des régions productrices d’olives. Cette réglementation a été critiquée par la société civile et des experts juridiques au motif qu’elle permet l’expropriation accélérée et ciblée de terres agricoles au bénéfice d’industries extractives. Des milliers d’oliviers ont ainsi déjà été déracinés dans la zone d’Akbelen.

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA 064/26
12.06.2026
EUR 44/1143/2026
Participation prévue jusqu'au: 12 décembre 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Environmental defender on trial

Esra Işık, a 26-year-old environmental human rights defender, is facing prosecution under Articles 265 and 125 of the Turkish Penal Code for allegedly «preventing a public official from performing their duty» and «insulting public officials». She was detained on 30 March after taking part in a peaceful protest against an urgent expropriation decision affecting villages near Akbelen forest, including İkizköy in Muğla province in south-west Türkiye. She was held in pretrial detention for 42 days. Following a Council of State decision suspending the expropriation order, she was released, but the criminal proceedings against her are ongoing. Esra Işık has been detained and prosecuted simply for exercising her rights. The next hearing is scheduled for 22 June. The charges must be dropped immediately.

On 30 March 2026, 26-year-old environmental defender Esra Işık was taken into custody in Milas (Muğla, Türkiye) while she was participating in a peaceful protest during the on-site visits by officials in the context of an emergency expropriation decision impacting the local villages. She was subsequently held in pretrial detention on charges of «preventing the performance of duty of a public official» (Article 265 of the Turkish Penal Code) and «insulting public officials» (Article 125 of the Turkish Penal Code). At the first hearing in her prosecution on 27 April 2026, the Court ruled to continue her pretrial detention, but she was released from prison on 11 May 2026 following the Council of State ruling to suspend the execution of the emergency expropriation order. The next hearing in her prosecution, expected to be a decision hearing, is scheduled for 22 June 2026.

On 30 March at around 7:30 pm, officials arrived in Karacahisar village to conduct court-ordered on-site inspections in the context of an emergency expropriation order concerning 649 separate parcels of land and property. These inspections were carried out in a highly compressed time frame and in the absence of meaningful participation by affected landowners and their legal representatives.

According to the official incident report, a group including a judge, a court clerk, and court-appointed experts arrived in the area in the evening hours. Local residents who had gathered in response to ongoing expropriation disputes confronted what they believed to be unidentified or company-linked vehicles.

Esra Işık (the daughter of Nejla Işık, elected representative of the village of İkizköy) was among the res-idents present. Amnesty International reviewed footage from the incident which shows local residents including Esra Işık intensely arguing with individuals in an unmarked van, demanding they leave the local community alone, in what was clearly a very charged atmosphere. The footage shows the vehicle eventually leaving. Esra Işık has been detained and prosecuted simply for exercising her rights. She disputes the allegations against her, stating that she did not recognize the group as a judicial delegation at the time and did not direct any threatening or insulting remarks toward court officials. She further argues that the identification of the delegation as court personnel was not clear, and that similar confusion had occurred previously in the region during mining-related operations involving unmarked or company-associated vehicles.

On 31 March, the Milas Criminal Judgeship of Peace ordered Esra Işık’s pretrial detention, citing the nature of the alleged offences and the possibility of influencing ongoing proceedings related to other inspections in the region.

Esra Işık’s pretrial detention and prosecution occurred in the context of a wider and ongoing dispute over land, forests, and agricultural livelihoods in the Milas–Yatağan region, particularly around the Akbelen forest and surrounding villages in the last decade. Esra Işık’s family history is directly shaped by this long-standing process of displacement: due to coal mining activities, her maternal grandparents were forced to leave Sekköy and Karacaağaç, also in Milas district of Mugla and resettle in İkizköy, while her paternal family was also displaced from Işıkdere, a neighbourhood in the area that has been depopulated in the expansion of the mining through expropriation in 2017. Today, the family once again faces the risk of eviction from the home and agricultural land where they resettled, as expropriation measures continue to pose a threat to their and other villagers’ property.

Local communities have opposed deforestation and the expansion of mining activities that threaten olive groves, farmland, and rural settlement areas. In 2024 and again in 2026, emergency expropriation decisions were issued covering large numbers of parcels across several villages, including land belonging to Esra Işık’s family. These measures have been widely challenged before domestic courts, including the Council of State and the Constitutional Court.

In parallel, legislative changes adopted in 2025 have further facilitated mining operations in olive-growing regions. These regulations have been criticised by civil society and legal experts as enabling accelerated and targeted expropriation of agricultural land for extractive industries. As a result, thou-sands of olive trees have already been uprooted in the Akbelen area.

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Please take action before 12 December 2026.

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