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URGENT ACTION Action lettre: Équateur Protection inconditionnelle pour des adolescentes militant en faveur du climat

UA 018/24-1 I Agir jusqu'au 31 juillet 2024 I (Mise à jour du: 06.05.2024) I AI-Index: AMR 28/8024/2024
Deux mois après que Leonela Moncayo, jeune militante pour le climat âgée de 14 ans, et sa famille ont été victimes d’une explosion devant leur domicile, les autorités n’ont pas mené d’enquête digne de ce nom, et ont demandé que Leonela et huit autres jeunes filles, et leurs familles, arrêtent leurs activités militantes avant de leur accorder une protection.

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Nous demandons aux autorités équatoriennes d’enquêter de manière efficace sur ce qui s’est passé et de protéger Leonela, les huit autres jeunes militantes et leurs familles sans leur imposer ces conditions.
 

Pour plus d'informations, cliquez sur INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES:

Leonela Moncayo est une militante pour le climat qui vit en Amazonie équatorienne. Elle est la fille de deux défenseur·e·s des droits humains reconnus, Donald Moncayo et Silvia Lorena Ordoñez Zambrano, du collectif de défense stratégique de l’Union des personnes affectées par les opérations de Texaco (UDAPT). Leonela fait partie du groupe de jeunes filles originaires de l’Amazonie qui, au côté de l’UDAPT, a obtenu une décision de justice historique contre la pratique régulière du torchage de gaz dans les provinces de Sucumbíos et d’Orellana, en Équateur. La combustion du gaz résiduel dans les torchères est l’une des activités du processus d’extraction du pétrole qui contribuent le plus à la crise climatique, car elle émet du méthane, un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2). Le méthane serait responsable d’un tiers du réchauffement net depuis la révolution industrielle. Il a également été établi que la pratique régulière du torchage de gaz a des effets néfastes pour la santé des populations attenantes, car elle est émettrice de nombreux gaz et composants nocifs.

Le 29 juillet 2021, la cour de justice de la province de Sucumbíos a reconnu que l’État équatorien avait ignoré le droit des plaignantes de vivre dans un environnement sain et écologiquement équilibré, avait négligé leur droit à la santé et n’avait pas respecté ses obligations en matière d’atténuation des changements climatiques. Elle a ordonné que l’État élimine progressivement les torchères de gaz, en particulier celles situées près de zones habitées, et qu’il apporte réparation aux communautés concernées. Depuis la date d’exécution du jugement, les autorités se sont contentées d’excuses publiques, de la présentation d’un «Règlement remplaçant le Règlement environnemental pour les activités d’exploitation des hydrocarbures» et de deux rapports techniques sur la pratique régulière du torchage de gaz préparés par le ministère de l’Énergie et des Mines. Aucune action n’a été mise en place pour réparer les dommages environnementaux ni les atteintes au droit à la santé et à d’autres droits.

Le 21 février, quatre des neuf plaignantes, dont Leonela Moncayo, ont participé à une séance de la Commission de la biodiversité de l’Assemblée nationale visant à évaluer l’application de la décision par les autorités compétentes. Lors de son intervention, la ministre de l’Énergie et des Mines, Andrea Arrobo, a souligné que le gouvernement avait «éliminé deux torchères» et qu’il avait donc «déjà appliqué la décision». Elle a déclaré que c’était «une chose d’insister sur l’élimination du torchage de gaz, et une autre de provoquer la panique», sous-estimant l’ampleur du problème. Par ailleurs, la ministre Andrea Arrobo a insinué que les jeunes filles avaient été «manipulées», les désignant à la réprobation publique, comme les autorités équatoriennes l’ont fait par le passé avec d’autres défenseur·e·s de l’environnement.

Les quatre jeunes filles, notamment Leonela Moncayo, ont répondu aux déclarations de la ministre. Elles ont pris le micro et réfuté le respect de la décision par les autorités, en citant les conclusions du bureau du médiateur national des droits humains indiquant que le nombre de torchères a augmenté, passant de 447 à 486. L’une des plaignantes a également déclaré : «Comment pouvez-vous dire que nous sommes manipulées quand nous luttons pour nos droits ?» Enfin, Leonela s’est adressée les larmes aux yeux à la ministre et aux parlementaires en disant que ce que les jeunes filles et les communautés avaient obtenu d’eux lors de cette séance était «une misère, une moquerie». L’UDAPT, Leonela et ses parents pensent que la tentative d’intimidation qu’ils ont subie le 26 février était un acte de représailles faisant suite aux déclarations des plaignantes à l’Assemblée nationale, ainsi qu’à leur militantisme en faveur du respect de la décision de justice par les autorités en général.

Amnesty International a appris que le parquet local menait l’enquête sur l’agression de Leonela et de sa famille. Dans le cadre de cette enquête, les autorités ont proposé une protection aux neuf jeunes filles et à leurs familles à condition qu’elles ne s’expriment pas et qu’elles cessent de militer. Cela va à l’encontre des obligations internationales de l’Équateur en matière de droits humains. La Commission interaméricaine des droits humains considère que «les États ont le devoir particulier de protéger les défenseurs des droits humains et de leur accorder des garanties effectives et adéquates afin qu’ils puissent exercer librement leurs activités, en évitant les actions qui limitent ou entravent leur travail, étant donné que celui-ci constitue une contribution positive et complémentaire aux efforts déployés par l’État».

La Déclaration sur les défenseurs des droits humains précise que les États ont la responsabilité première de «protéger, promouvoir et mettre en œuvre tous les droits humains et toutes les libertés fondamentales». Cela implique nécessairement la garantie de «la protection par les autorités compétentes de toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, contre toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire en raison de l’exercice légitime de ses droits» liés à la défense des droits humains. Les États ont l’obligation de veiller à ce que les défenseur·e·s des droits humains bénéficient d’un environnement sûr et propice à leur travail. L’accord d’Escazú utilise les mêmes termes pour décrire la situation des défenseur·e·s de l’environnement.

Amnesty International a montré que l’État équatorien s’est par le passé abstenu de mener l’enquête, et s’est gardé de prendre de mesures de protection adéquates et efficaces à l’égard des défenseur·e·s des droits humains des responsables communautaires, en particulier les femmes amazoniennes. Il est temps que l’Équateur protège les défenseur·e·s des droits humains, en particulier les défenseur·e·s de la terre, du territoire et de l’environnement, et leur garantisse un environnement sûr et propice à l’accomplissement de leur travail.

Passez à l'action !

Envoyez un appel en utilisant vos propres mots ou en vous inspirant du modèle de lettre à disposition ci-bas. Sous DOCUMENTS ACTUELS vous trouverez aussi des modèles de lettre déjà prêts pour imprimer.

Passez à l'action dans les réseaux sociaux. (Voir les infos ci-bas dans l'onglet correspondant)

Merci d'agir avant le 31 juillet 2024.
Veuillez écrire de préférence en espagnol ou dans votre propre langue.
 

Madame la Procureure générale,

Je déplore vivement qu’aucune protection ne soit accordée à Leonela Moncayo, une jeune militante pour le climat âgée de 14 ans, ni à huit autres jeunes militantes pour le climat qui luttent contre le torchage du gaz en Amazonie équatorienne, ainsi qu’à leurs familles. Leonela est la fille de deux défenseur·e·s des droits humains reconnus, Donald Moncayo et Silvia Lorena Ordoñez Zambrano, du collectif de défense stratégique de l’Union des personnes affectées par les opérations de Texaco (UDAPT). Le 26 février, Leonela et sa mère ont été victimes de l’explosion d’un engin improvisé dans la cour de leur maison. Cela s’est produit cinq jours après que Leonela et le groupe de courageux militant·e·s pour le climat dont elle fait partie ont été montrés du doigt par l’ancienne ministre de l’Énergie et des Mines, Andrea Arrobo, qui a insinué qu’ils avaient été «manipulés».

Deux mois après ces événements, les autorités locales qui mènent l’enquête ont dit à Leonela et à sa famille qu’elles ne pourraient protéger les jeunes filles que si elles cessaient de militer. Les autorités équatoriennes ont le devoir d’assurer la protection des défenseur·e·s des droits humains et des défenseur·e·s du climat, et de garantir leur sécurité afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits humains et du climat en toute sécurité. Dans ce processus, les autorités doivent accorder des garanties adéquates afin que ces militantes puissent mener librement leurs activités, en évitant des actions qui limitent ou entravent leur travail.

Je vous demande de mener sans délai une enquête efficace, indépendante et impartiale sur ce qui est arrivé à Leonela et à sa famille, et de fournir une protection inconditionnelle à Leonela, aux huit autres militantes pour le climat et à leurs familles. Ce groupe de jeunes filles et leurs familles sont des leaders de la lutte contre le changement climatique.

Veuillez agréer, Madame la Procureure générale, l’expression de ma haute considération.
 

Ms. General Attorney Diana Salazar,

I am deeply concerned by the lack of protection for the 14-year-old climate activist, Leonela Moncayo, and the other 8 children and young climate activists that are fighting against routing gas flaring in the Ecuadorian Amazon, and their families. Leonela is the daughter of two recognized human rights defenders, Donald Moncayo and Silvia Lorena Ordoñez Zambrano, from the strategic litigation organization «Unión de Afectados por Texaco» (UDAPT). On 26 February, Leonela and her mother suffered an explosion from an improvised device in the yard of their house. This happened five days after Leonela and the group of brave climate activists she belongs to were stigmatized by the former Minister of Energy and Mines, Andrea Arrobo, who insinuated they «were manipulated».

Two months after these incidents, local authorities in the process of investigation, have told Leonela and her family that they can protect the girls only if they stop their activism. Ecuadorian authorities have the duty to provide human rights defenders and climate activists protection so that they can carry out their work in defence of human rights and the climate in a safe environment. In this process, it must grant effective and adequate guarantees so that they can freely carry out their activities, avoiding actions that limit or hinder their work.

I urge you to investigate effectively, independently, impartially and without further delay what happened to Leonela and her family, and to provide protection without conditions for Leonela, the eight climate activists and their families. This group of girls and their families are leaders in the fight against climate change.

Yours sincerely,
 

Sra. Fiscal General Diana Salazar:

Me preocupa profundamente la falta de protección a la activista climática de 14 años Leonela Moncayo y las otras 8 niñas y jóvenes activistas por el clima que luchan contra la quema habitual de gas en la Amazonía ecuatoriana, así como a sus familias. Leonela es hija de una pareja de reconocidos defensores de los derechos humanos, Donald Moncayo y Silvia Lorena Ordóñez Zambrano, pertenecientes a la organización de litigio estratégico Unión de Afectados por Texaco (UDAPT). El 26 de febrero, Leonela y su madre sufrieron la explosión de un artefacto improvisado en el patio de su casa. Esto sucedió cinco días después de que Leonela y el grupo de valientes activistas por el clima al que pertenece fueran estigmatizadas por la ex ministra de Energía y Minas, Andrea Arrobo, quien insinuó que estaban siendo manipuladas.

Dos meses después de estos sucesos, las autoridades locales encargadas de la investigación han dicho a Leonela y su familia que sólo pueden proteger a las niñas si éstas abandonan su activismo. Las autoridades ecuatorianas tienen el deber de brindar protección a quienes defienden los derechos humanos y quienes realizan activismo en favor del clima para que puedan llevar a cabo su labor de defensa de los derechos humanos y del clima en un entorno seguro. En este proceso, deben dar garantías efectivas y adecuadas para que estas personas puedan llevar a cabo libremente sus actividades, evitando acciones que limiten u obstaculicen su labor.

La insto a investigar sin más demora y de forma efectiva, independiente e imparcial lo que le sucedió a Leonela y su familia, y a brindar protección sin condiciones a Leonela, a las ocho activistas climáticas y a sus familias. Este grupo de niñas y sus familias lideran la lucha contra el cambio climático.

Atentamente,
 

Infos suivront dès que possible

APPELS À

Procureure générale de l’État:
Ms. Diana Salazar
Fiscal General de Ecuador
Juan León Mera N19-36 y Av. Patria
Edificio Fiscalía General del Estado Quito
Quito, Ecuador

E-mail: [email protected] / [email protected]
Twitter/X: @DianaSalazarM2

E–mail: [email protected] ET [email protected] ou mogollonf@fiscalia. gob.ec
Veuillez envoyer en Cc à: [email protected] ET [email protected]

Twitter/X: @DianaSalazarM2


COPIES À

Wilson Edmundo Molina Candilejo
Lago Agrio (Nueva Loja)
Email: [email protected]
Salutation: Mr. Fiscal Agent

Daniel Roy Gilchrist Noboa Azín
García Moreno N10-43 entre Chile y Espejo, Quito 170401
Quito, Ecuador
Email: [email protected] / [email protected]
Twitter: @DanielNoboaOk
Salutation: Mr. President

-

Ambassade de la République de l'Equateur
Kramgasse 54
3011 Berne

E-Mail (NOUVELLE ADRESSE): [email protected] (remplace: [email protected])
Twitter: twitter.com/EmbajadaEcuSui
FB: facebook.com/EmbajadaEcuadorSuiza/

 



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MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 018/24-1 (Word)
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CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (DOCUMENT WORD)
Page 1 informations, page 2 modèle de lettre
018/24-1 – FRANÇAIS
018/24-1 – ENGLISH
 


English version (click on title to open):

Two months after the 14-year-old climate activist Leonela Moncayo and her family suffered an explosion outside of their home, the authorities have not effectively investigated what happened and are conditioning her protection and that of the other eight girls, and their families, on stopping their activism. We demand Ecuadorian authorities to effectively investigate what happened and protect Leonela, the other eight girls and their families without these conditions.

Leonela Moncayo is a climate activist from the Ecuadorian Amazon. She is the daughter of two recognized human rights defenders, Donald Moncayo and Silvia Lorena Ordoñez Zambrano from the strategic litigation organization «Unión de Afectados por Texaco» (UDAPT). Leonela is part of the group of Amazonian girls that, together with UDAPT, achieved a historic ruling against the operation of routine gas flaring in the provinces of Sucumbíos and Orellana in Ecuador. Routine gas flaring is one of the processes of oil extraction that contributes the most to climate crisis due to the emission of methane, a greenhouse gas (GHG) more powerful than CO2. Methane is thought to be responsible for one-third of the net global warming since the industrial revolution. Routine gas flaring also has been linked with negative health impacts on fenceline communities, since it emits a variety of harmful gases and components.

On 29 July 2021, the Provincial Court of Justice of Sucumbíos established that the Ecuadorian State ignored the right to a healthy environment, disregarded the right to health of the plaintiffs and failed to comply with its obligations to mitigate climate change. The Court established that the State must gradually eliminate the gas flares, especially those near populated areas, and provide reparations for the affected communities. Since the date of execution of the ruling, only the public apologies, the presentation of a «Substitute Regulation of the Environmental Regulation for Hydrocarbon Operations» and two technical reports on routine gas flaring prepared by the Ministry of Energy and Mines have been complied with. No environmental remediation actions have been initiated, nor have the right to health or any other rights been repaired.

On 21 February 2024, four of the nine plaintiff girls, including Leonela Moncayo, attended a session in the Biodiversity Commission of the National Assembly that had the aim of auditing the correspondent authorities the compliance of the ruling. In her intervention, the Minister of Energy and Mines, Andrea Arrobo, said that the government has «eliminated 2 flares» and thus «they have already complied with the ruling». She mentioned that «one thing is to insist on eliminating gas flaring and another one is to cause panic», underestimating the dimension of the problem. Also, the minister Andrea Arrobo insinuated the girls were «manipulated», stigmatizing them like Ecuadorian authorities have done in the past with other environmental defenders.

The four plaintiff girls, including Leonela Moncayo, raised their voice to refute the minister’s declarations. They took the microphone and refuted the declaration of the compliance of the ruling, mentioning that according to Ombudsman's Office, the gas flares have increased from 447 to 486. Also, one of the plaintiffs told the authorities «How are you going to say we are being manipulated, we are fighting for our rights?». Finally, Leonela, with tears in her eyes told the minister and parliamentarians that what girls and communities obtained from them in that session was «a pittance, a mockery». UDAPT, Leonela and her parents think the intimidation they suffered on 26 February was a retaliation against Leonela and the other plaintiff girl’s protest in the National Assembly, and in general their activism to ensure authorities comply with the ruling.

Amnesty International received information that the local prosecution is carrying out the investigation about the attack against Leonela and her family. In this process of investigation, authorities have offered protection of the nine girls and their families with the conditions of not speaking up and stopping their activism. This goes against the international human rights obligations of Ecuador. The Interamerican Commission of Human Rights considers that «States have a particular duty to protect and grant effective and adequate guarantees to human rights defenders so that they can freely carry out their activities, avoiding actions that limit or hinder their work, since the work they carry out constitutes a positive and complementary contribution to the efforts made by the State».

The Declaration on Human Rights Defenders makes it clear that states have the primary responsibility to «protect, promote and implement all human rights and fundamental freedoms». This necessarily implies ensuring «the protection by the competent authorities of everyone, individually and in association with others, against any violence, threats, retaliation, de facto or de jure adverse discrimination, pressure or any other arbitrary action as a consequence of his or her legitimate exercise of the rights» related to the defense of human rights. States have the obligation to ensure that human rights defenders have a safe and enabling environment in which to carry out their work. The same language is used in the Escazú Agreement about the situation of environmental defenders.

Amnesty International has documented how Ecuadorian state has failed in the past to conduct criminal investigations and ensure protection measures to human rights defenders and leaders adequately and effectively, specifically, Amazonian women. It is time for Ecuador to protect human rights defenders, especially land, territory, and environmental defenders, and guarantee them a safe and enabling environment to carry out their work.


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