Drapeau de Myanmar © pixabay
Drapeau de Myanmar © pixabay

URGENT ACTION Action lettre: Myanmar Un dirigeant syndical condamné à sept ans d’emprisonnement

UA 038/24 I Agir jusqu'au 24 juin 2024 I (UA active depuis: 30.04.2024) I AI-Index: ASA 16/8003/2024
Thet Hnin Aung, dirigeant syndical de premier plan, a été condamné à sept ans de prison assortis de travaux forcés à l’issue d’un procès secret et après avoir été soumis à une disparition forcée pendant cinq mois. Il a été arrêté le jour même de sa sortie de prison, après avoir purgé une peine de deux ans d’emprisonnement (2021-2023) pour son militantisme au sein du mouvement de désobéissance civile.

Agir maintenant :

Send Email

En plus des préoccupations persistantes quant à ses problèmes de santé, qui requièrent un traitement médicamenteux quotidien, le bien-être de Thet Hnin Aung suscite de vives inquiétudes, d’autant qu’il a déjà subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements pendant sa détention précédente. L’armée du Myanmar doit libérer Thet Hnin Aung immédiatement et sans condition.

Pour plus d'informations, cliquez sur INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES:

Thet Hnin Aung est le secrétaire général d’une organisation syndicale enregistrée sous le nom de Fédération des syndicats de l’industrie, de l’artisanat et des services du Myanmar (MICS TusF), où il œuvrait à l’amélioration des conditions de travail au Myanmar. En 2021, il a été inculpé de violation de l’article 17/1 de la «Loi relative aux associations illégales» pour sa participation active au mouvement de désobéissance civile. Il a été condamné à deux ans d’emprisonnement, qu’il a purgés dans les prisons d’Insein, à Yangon (ex-Rangoon), et de Zaymathwe, dans l’État mon. À l’issue de sa peine de deux ans, il a été libéré le 26 juin 2023. Après l’avoir «libéré», des responsables de la prison lui ont demandé d’attendre, avec deux autres personnes, car il restait certaines démarches administratives à finaliser. Selon la procédure de la prison, les prisonnier·ère·s libérés, accompagnés par leur famille, doivent ensuite se rendre au bureau du casier judiciaire (CRO), au poste de police de la municipalité.

Pourtant, Thet Hnin Aung n’a jamais retrouvé sa famille et ne s’est jamais rendu au CRO. Un·e témoin a informé ses proches que, le jour même de sa libération, Thet Hnin Aung et les deux autres personnes sorties de prison ont été emmenés par des soldats, qui ont placé des cagoules noires sur leurs têtes avant de les faire monter dans un véhicule militaire. À la suite de ces événements, la famille de Thet Hnin Aung a interrogé le chef de la police, qui a déclaré qu’il s’agissait probablement d’une opération militaire. Le 28 juin, ses proches ont décidé de se rendre au camp militaire de Paung (État mon) pour demander où il se trouvait. Des soldats les ont arrêtés dès l’entrée et les ont menacés, leur déconseillant de poursuivre leur chemin. Après cinq mois sans nouvelles, en novembre 2023, Thet Hnin Aung a fini par contacter ses proches et par les voir en personne après avoir été transféré à la prison d’Insein, à Yangon. Sa famille n’a pas réussi à savoir où il avait été détenu avant cela, mais il présentait des marques visibles de torture et d’autres mauvais traitements.

Pendant sa disparition forcée, Thet Hnin Aung a été soumis à un procès secret devant un tribunal militaire, auquel il n’a pas assisté ni été représenté juridiquement. Il a néanmoins été inculpé au titre de l’article 52a, une disposition de la législation antiterroriste du Myanmar, et condamné à la peine maximale de sept ans de prison assortis de travaux forcés. C’est la première fois qu’un militant syndical est condamné à une telle peine. Ce nouveau procès et cette condamnation sont très probablement liées à son militantisme, et plus particulièrement à sa participation au mouvement de désobéissance civile.

À la suite du coup d’État militaire, le 1er février 2021, l’armée du Myanmar a pris le contrôle du pays et a déclaré l’état d’urgence. Cela a conduit à la création du Conseil administratif d’État (SAC). Depuis, au moins 26 242 personnes auraient été arrêtées, selon l’Association d’aide aux prisonniers politiques (AAPP). Les autorités militaires du Myanmar ont exécuté au moins quatre personnes et prononcé au moins 123 condamnations à mort. De plus, 16 organisations syndicales ont été déclarées illégales par les autorités militaires le 2 mars 2021.

Depuis le coup d’État, la junte a commis des violations systématiques et de grande ampleur à l’encontre de la population, qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité. Des milliers de personnes ont été emprisonnées, torturées et tuées selon des méthodes brutales, telles que des frappes aériennes, des incendies de villages, des mines antipersonnel, des actes de torture, des détentions arbitraires et des homicides illégaux. La situation s’est encore aggravée en 2024, avec la loi sur la conscription obligatoire, qui a accru l’instabilité au Myanmar et dans la région. Celle-ci a entraîné une augmentation du nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiées dans des pays voisins, et l’absence de dispositions concernant l’objection de conscience.

Malgré tout, au lendemain du coup d’État, la population civile du Myanmar a fait preuve d’un courage et d’une solidarité remarquables dans la lutte pour le respect de ses droits. Des acteurs de la société civile, comme Thet Hnin Aung, ont pris d’énormes risques pour recueillir des informations sur les crimes commis par les forces armées, ainsi que pour fournir une aide essentielle aux communautés touchées par le conflit. Il est temps que le reste du monde les soutienne.

Passez à l'action !

Envoyez un appel en utilisant vos propres mots ou en vous inspirant du modèle de lettre à disposition ci-bas. Sous DOCUMENTS ACTUELS vous trouverez aussi des modèles de lettre déjà prêts pour imprimer.

Passez à l'action dans les réseaux sociaux. (Voir les infos ci-bas dans l'onglet correspondant)

Merci d'agir avant le 24 juin 2024.
Veuillez écrire de préférence en anglais ou dans votre propre langue.
 

À l’attention du Général Min Aung Hlaing, commandant en chef de l’armée du Myanmar,

Je vous écris pour vous faire part de ma profonde préoccupation quant à la nouvelle arrestation de Thet Hnin Aung le 26 juin 2023, le jour même de sa libération de la prison de Zaymathwe, où il a purgé une peine de deux ans d’emprisonnement pour sa participation active au mouvement de désobéissance civile. Ce jour-là, il a été soumis à une disparition forcée qui a duré cinq mois. Il n’a pu contacter sa famille qu’en novembre 2023, révélant alors qu’il avait été condamné à sept ans de prison assortis de travaux forcés au titre de l’article 52a de la Loi de lutte contre le terrorisme.

Il est alarmant d’apprendre que Thet Hnin Aung a été soumis à un procès secret devant un tribunal militaire, auquel il n’a pas assisté ni été représenté juridiquement. Il a été condamné à la peine maximale prévue par cet article ; c’est la première fois qu’un militant syndical est non seulement victime d’une disparition forcée, mais également condamné à une peine aussi lourde.

Par ailleurs, la famille de Thet Hnin Aung s’inquiète particulièrement pour sa santé. Souffrant d’une perte d’audition et de problèmes digestifs, il a besoin de médicaments à prendre quotidiennement. Ces problèmes de santé sont des conséquences directes de la torture et des autres mauvais traitements qu’il a subis pendant sa détention précédente.

Comme vous le savez certainement, avant d’être de nouveau arrêté, Thet Hnin Aung a été détenu pendant deux ans (2021-2023) dans les prisons d’Insein et de Zaymathwe. Or, il est inquiétant de constater qu’il n’a pas connu le moindre moment de liberté. Le 26 juin 2023, jour de sa libération, des témoins ont rapporté avoir vu des soldats placer des cagoules noires sur la tête de Thet Hnin Aung et de deux autres personnes qui sortaient de la même prison avant de les emmener à bord d’un véhicule militaire.

Cette parodie de justice doit cesser. Toutes les personnes détenues ou emprisonnées uniquement parce qu’elles ont exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux doivent être libérées immédiatement et sans condition. La dissidence pacifique est un droit humain.

C’est pourquoi j’exhorte le général Min Aung Hlaing à :

  • Garantir l’accès immédiat de Thet Hnin Aung aux soins médicaux dont il a besoin.
  • Libérer Thet Hnin Aung de sa détention arbitraire immédiatement et sans condition et lui permettre d’exercer librement ses droits humains.
  • Mettre fin à la pratique des disparitions forcées et des détentions arbitraires, et révéler le sort réservé aux personnes soumises à une disparition forcée et/ou le lieu où elles se trouvent.
  • Garantir le respect des droits humains de tous et toutes dans le pays, notamment les droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d’association.

Veuillez agréer, Monsieur le Général, l’expression de ma haute considération.
 

To the Senior General Min Aung Hlaing, head of the Myanmar Military,

I am writing to express my grave concern about the re-arrest of Thet Hnin Aung on 26 June 2023 on the same day as his release from Zaymathwe Prison after serving two years for his active participation in the Civil Disobedience Movement. That day he was forcibly disappeared for five months and only able to contact his family in November 2023 when he revealed that he has been sentenced to seven years in prison with hard labour under Article 52a of the Counter Terrorism Law.

It is worrying to learn that Thet Hnin Aung was subjected to a secret military trial, where he was not present, nor was he allowed to be legally represented. In addition to receiving the maximum punishment available, this is the first time that a labour activist has not only forcibly been disappeared, but also charged with such a severe sentence.

Of further concern, Thet Hnin Aung’s family are particularly worried for his health. Suffering from hearing loss and a troublesome digestive system, he requires daily medication. These health problems are direct results of the torture and other ill-treatment he endured during his prior imprisonment.

 As I am sure you are aware, prior to his re-arrest, Thet Hnin Aung was detained for two years (2021-2023) in Insein Prison and Zaymathwe Prison. Disturbingly, however, he never got to enjoy a moment of freedom. On 26 June 2023, the day of his release, witnesses stated that soldiers placed black hoods over Thet Hnin Aung and two other prisoners and took them away by military car.

This travesty of justice should end. Anyone detained or imprisoned solely for peacefully exercising their human rights should be immediately and unconditionally released. Peaceful dissent is a human right.

Therefore, I urge Senior General Min Aung Hlaing to:

  • Guarantee immediate access to necessary medical care for Thet Hnin Aung.
  • Immediately and unconditionally release Thet Hnin Aung from arbitrary detention and allow him to freely exercise his human rights.
  • End the practice of enforced disappearances and arbitrary detention and disclose the fate and/or whereabouts of forcibly disappeared people.
  • Ensure respect for the human rights of everyone in the country including the rights to freedom of expression, peaceful assembly, and association.

Yours sincerely,
 

Infos suivront dès que possible

APPELS À

Général Min Aung Hlaing:
Head of the Myanmar Military
Senior General Min Aung Hlaing
Defence Services Commander-in-Chief's Office
Ministry of DefenceTatmadaw
Information Technology Department, Office No.3
15015, Nay Pyi Taw
Myanmar

E-mail: [email protected]
Cc: [email protected]

COPIES À

Ambassade de la République de l‘Union du Myanmar
Avenue Blanc 47
1202 Genève

Fax: 022 732 89 19 ; 022 732 73 77
E-mail: [email protected]

 



Documents actuels

MODÈLES DE LETTRE PRÊTS À IMPRIMER/TÉLÉCHARGER
Cliquer sur la version souhaitée

MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 038/24 (Word)
MODEL LETTER ENGLISH 038/24 (Word)


CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (DOCUMENT WORD)
Page 1 informations, page 2 modèle de lettre
UA 038/24 – FRANÇAIS
UA 038/24 – ENGLISH
 


English version (click on title to open):

Thet Hnin Aung, a prominent trade union leader, was sentenced to seven years in prison with hard labour following a secret trial and after five months of being forcibly disappeared. His arrest occurred on the same day that he was released from prison, after serving a two-year sentence (2021-2023) for his activism in the Civil Disobedience Movement. In addition to ongoing health concerns that require daily medication, there are grave fears for Thet Hnin Aung's wellbeing as he has already endured torture and other ill-treatment during his prior imprisonment. The Myanmar military must immediately and unconditionally release Thet Hnin Aung.

Thet Hnin Aung is a union leader of the registered labour organization known as MICS TUsF (Myanmar Industries, Crafts and Services Trade Unions Federation), where he worked to improve the working conditions for workers in Myanmar. In 2021, he was charged with violation of Article 17/1 of the local «Unlawful Association Law» for his active participation in the Civil Disobedience Movement. He was sentenced to two years in prison, which he served in Insein Prison in Yangon and Zaymathwe Prison in Mon State. After his two-year sentence, he was released on 26 June 2023. After being «released», prison officials asked him and the other two prisoners to wait to finalize some paperwork. According to the prison procedure, the released prisoners, accompanied by their families, must then go to Criminal Record Office (CRO) at that township’s police station.

However, Thet Hnin Aung never met up with his family and never arrived at CRO. His family was informed by a witness that on this same day of release Thet Hnin Aung and two prisoners were taken away by soldiers who placed black hoods over their heads and took them away by a military car. Following these events, Thet Hnin Aung’s family inquired to the chief of police who stated that this was likely a military operation. On 28 June, Thet Hnin Aung’s family decided to go to the military basecamp in Paung, Mon State to inquire about his whereabouts. Some soldiers stopped them in front of the gate and threatened them not to step further. After five months of no news, in November 2023, Thet Hnin Aung finally contacted his family and they saw him in person after he was transferred to Insein Prison in Yangon. They could not determine where he was held prior to his current location, but he presented visible signs of torture and other ill-treatment.

During his time of enforced disappearance, Thet Hnin Aung was subjected to a military trial where he was not present, nor was he allowed to be legally represented. Nonetheless, he was charged with Article 52a, a Myanmar counter terrorism charge, and given the maximum sentence of seven years with hard labour. This is the first time a labour activist had been given this sentence. The conviction and sentence are most likely linked to his activism work and more so his involvement in the Civil Disobedience Movement.

Following the military coup on 1 February 2021, the Myanmar military seized control and declared a state of emergency, leading to the formation of the State Administration Council also known as SAC. Since then, more than 26,242 individuals have been arrested, according to the Assistance Association for Political Prisoners (AAPP). Myanmar military authorities have executed at least four people and sentenced at least 123 people to death. Additionally, sixteen labour organizations were publicly declared illegal by the Myanmar military on 2 March 2021.

Since the coup, the junta has committed widespread and systematic abuses against the people that may constitute crimes against humanity. Thousands have been jailed, tortured, and killed, with brutal tactics employed, including airstrikes, burning of villages, antipersonnel mines, torture, arbitrary detention, and unlawful killings. The situation has become more dire in 2024 with an enforced conscription law, which has increased instability in Myanmar and across the region. This has led to an increase in the numbers of internally displaced people and refugees to neighbouring countries and the lack of provision for conscientious objection.

 Nevertheless, in the aftermath of the coup, people across Myanmar have shown remarkable courage and solidarity in demanding respect for their rights. Civil society actors, like Thet Hnin Aung, have braved enormous risks to document the military’s crimes and to deliver essential assistance to conflict-affected communities. It is time for the world to support them.


Take action

Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
DOCUMENTS

Addresses (see above)

Please also take action on Social Media (guide see above).
Social Media

Please take action before 24 June 2024.
Preferred language: English. You can also write in your own language.