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URGENT ACTION Égypte – Action lettre Un journaliste injustement incarcéré est privé de soins médicaux

UA 063/24 I Agir jusqu'au 9 janvier 2025 I (UA du: 09.07.2024) I AI-Index: MDE 12/8307/2024
Tawfik Ghanem, journaliste égyptien de 68 ans, est détenu arbitrairement depuis le 21 mai 2021 sans jugement, dans l’attente d’une enquête du service du procureur général de la sûreté de l’État (SSSP) sur des accusations de «diffusion de fausses informations» et d’«utilisation abusive des réseaux sociaux», entre autres. Les autorités de la prison de Badr 1 où il est détenu continuent de lui refuser l’accès à des soins de santé adéquats, y compris de le transférer à l’hôpital et de lui donner ses médicaments; or, il souffre de nombreux problèmes de santé, notamment de diabète, d’une maladie osseuse et d’une affection cutanée. Il doit être remis en liberté immédiatement et sans condition, car il est détenu uniquement en lien avec son travail légitime de journaliste.

À la suite de son premier interrogatoire par le service du procureur général de la sûreté de l’État (SSSP) en mai 2021, Tawfik Ghanem a été transféré à la prison d’enquête de Tora, où il est resté jusqu’en décembre 2021. Selon ses proches, un lit lui a été refusé et il a été contraint de dormir sur deux couvertures par terre, malgré sa maladie osseuse. Ses conditions de détention se sont encore détériorées lorsqu’il a été transféré à la prison d’Abou Zaabal en décembre 2021, où il est resté deux ans. Pendant l’année qui a suivi son transfert, les autorités lui ont interdit l’accès aux livres et aux journaux et ont sévèrement restreint les visites familiales. Bien que la situation se soit améliorée au cours de sa deuxième année là-bas, pendant toute la durée de sa détention à Abou Zaabal, il n’avait aucun accès direct à la lumière du soleil et ne pouvait faire de l’exercice que dans un espace intérieur.

Depuis le 1er janvier 2024, il est détenu à la prison de Badr 1, dans une cellule avec huit personnes, pendant 23 heures par jour car il n’est autorisé à sortir de la cellule que pour une heure d’exercice quotidien. La cellule n’a pas de ventilateur et la chaleur y est intenable pendant les mois d’été. Les jours fériés, la cellule reste fermée 24 heures sur 24. Sa famille est autorisée à lui rendre visite une fois par mois. Selon ses proches, l’administration pénitentiaire lui confisque parfois des articles essentiels tels que des livres, des journaux, des stylos et des produits d’hygiène, ainsi qu’à d’autres prisonniers détenus pour des raisons politiques. Les proches ne sont pas non plus autorisés à leur apporter des objets personnels, comme des vêtements.

Amnesty International a appris par des organisations de défense des droits humains et d’autres sources informées que des dizaines de prisonniers à Badr 1 observent une grève de la faim depuis début juin pour protester contre leurs conditions de détention cruelles et inhumaines. La grève semble avoir été déclenchée par une forte hausse des températures, grimpant à plus de 40˚ C, en partie à cause du refus de l’administration pénitentiaire d’autoriser les ventilateurs et des coupures de courant quotidiennes imposées par le gouvernement à l’échelle nationale en réponse à la crise énergétique. Ils protestent également contre le manque d’accès à des soins adéquats et contre ce qu’eux-mêmes et des militants égyptiens des droits humains décrivent comme des fouilles au corps humiliantes imposées par les responsables de la prison lorsque les détenus quittent leur cellule, y compris pour assister à des audiences de renouvellement de la détention provisoire ou pour se rendre à la clinique de la prison. Ils se plaignent aussi souvent des mauvais traitements infligés aux familles lors des visites, notamment contraintes d’attendre au soleil pendant des heures, de la réduction du temps alloué pour faire de l’exercice en dehors de la cellule et des restrictions imposées aux visites familiales. Certains grévistes de la faim dénoncent aussi leur détention provisoire à rallonge, qui dépasse parfois la durée maximale de deux ans fixée par le droit égyptien. Selon des organisations de défense des droits humains, en réponse à cette grève, les responsables de Badr 1 ont adopté des mesures punitives et transféré une cinquantaine de prisonniers vers des établissements éloignés, situés dans les gouvernorats d’El Minya (à 280 km au sud du Caire) et d’Al Wadi al Gadid (à 620 km au sud-ouest du Caire). Selon des militants, les prisonniers restés à Badr 1 impliqués dans la grève de la faim ou qui la soutiennent, ont été visés par d’autres mesures punitives telles que la coupure délibérée de l’accès à l’électricité et à l’eau, en violation de l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements. D’après ce que sait Amnesty International, Tawfik Ghanem n’a pas suivi la grève de la faim en raison de son diabète.

Depuis 2016, les autorités égyptiennes consolident leur emprise sur les médias et s’en prennent de plus en plus aux journalistes qui osent dévier du discours officiel. Depuis lors, elles ont soumis des dizaines de journalistes et de professionnel·le·s des médias à des arrestations et détentions arbitraires, à des poursuites pour des accusations de terrorisme forgées de toutes pièces et à des licenciements pour le seul fait d’avoir exprimé des opinions critiques. Les forces de sécurité ont effectué des descentes dans les locaux des rares médias en ligne indépendants qu’il reste en Égypte et bloqué des centaines de sites Internet. En outre, l’adoption en 2018 de lois draconiennes sur les médias et contre la cybercriminalité confère aux autorités des pouvoirs excessivement vastes leur permettant de réglementer les contenus médiatiques, de réduire la liberté d’expression des journalistes et d’imposer des peines d’emprisonnement pour l’expression de critiques en ligne. Au moment où nous rédigeons ce document, au moins 14 journalistes se trouvent toujours derrière les barreaux, à la suite d’une condamnation ou dans l’attente des conclusions d’une enquête pour «diffusion de fausses informations», appartenance à un groupe «terroriste» ou «utilisation abusive des réseaux sociaux». Plus de 600 sites Internet, notamment des sites d’information et de défense des droits humains, sont toujours bloqués. En 2023, ce fut le cas du site de l’Institut du Caire pour les études des droits de l’homme et des sites d’actualités Soulta 4 et Masr 360. Des membres du personnel de Mada Masr, une plateforme d’information indépendante, font l’objet de poursuites et d’enquêtes motivées par des considérations politiques concernant, entre autres, la publication en octobre 2023 d’un reportage sur le point de passage frontalier de Rafah. Agissant en dehors de toute procédure légale, le gouvernement a ajouté en 2023 les noms de 820 personnes, dont des journalistes, à sa «liste de terroristes», les privant ainsi de leurs droits civiques et politiques.

Tout au long de sa carrière, Tawfik Ghanem a dirigé divers organes de presse, dont Media International, qui a géré le site Web Islam Online pendant 10 ans. Dernièrement, il occupait le poste de directeur régional de l’Agence Anadolu au Caire jusqu’à sa retraite en 2015.

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Délai pour prendre action: 9 janvier 2025.
Veuillez écrire en arabe, anglais ou dans votre propre langue.
Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50 (situation au 1.1.2024)
 

Monsieur le Procureur général,

Tawfik Ghanem est détenu arbitrairement depuis le 21 mai 2021 uniquement en raison de son travail légitime dans les médias, en tant qu’ancien directeur régional de l’Agence Anadolu, une agence de presse turque gérée par l’État. Après son arrestation, les autorités égyptiennes l’ont soumis à une disparition forcée pendant cinq jours au cours desquels il a été interrogé en l’absence d’un avocat au sujet de son travail antérieur au sein de l’Agence Anadolu. Par la suite, il a été conduit pour interrogatoire devant le service du procureur général de la sûreté de l’État (SSSP) au Caire, qui a ordonné sa détention dans l’attente d’une enquête dans l’affaire n° 238 de 2021 pour «diffusion de fausses nouvelles», «utilisation abusive des réseaux sociaux» et infractions liées au terrorisme. Depuis lors, sa détention provisoire est renouvelée sans qu’il n’ait réellement la possibilité d’en contester la légalité. Sa détention provisoire dépasse la durée maximale de deux ans fixée par le droit égyptien.

Depuis son arrestation, il est privé du droit de consulter un avocat de son choix en privé et de bénéficier d’une défense adéquate. Depuis janvier 2022, ses audiences de renouvellement de la détention provisoire se déroulent en ligne : son avocat est présent dans une salle d’audience avec le juge et Tawfik Ghanem les rejoint par visioconférence depuis la prison, en présence de gardiens. Avant janvier 2022, lorsqu’il était emmené au tribunal pour ces audiences, il ne pouvait pas non plus consulter son avocat en privé car il se trouvait soit dans une salle d’attente bondée en compagnie d’autres prisonniers, soit dans une cage de verre à l’intérieur de la salle d’audience.

Tawfik Ghanem est détenu à la prison de Badr 1, à quelque 70 km au nord-est du Caire, et se voit refuser l’accès à des soins de santé adéquats. Selon sa famille, depuis qu’il a été interpellé, il a perdu environ 20 kg et souffre de plusieurs problèmes liés à l’âge, notamment de diabète et d’une hypertrophie de la prostate. Avant son arrestation, il a appris qu’il souffrait d’une ostéochondrite disséquante, une maladie osseuse qui affecte les articulations et nécessite des séances régulières de kinésithérapie, ce dont il ne peut pas bénéficier en prison. Il souffre aussi d’une maladie et d’une irritation dermatologiques. Pourtant, les autorités pénitentiaires interdisent parfois à sa famille de lui apporter les médicaments dont il a besoin et d’autres produits de première nécessité, dont du savon antiseptique. Pour son traitement, il est contraint de s’en remettre principalement aux conseils de médecins incarcérés avec lui. Il n’a pas été transféré à l’hôpital à l’intérieur ou à l’extérieur de la prison malgré les multiples demandes de ses proches – même à leurs frais – pour assurer un diagnostic et un traitement appropriés.

Je vous demande instamment de veiller à ce que Tawfik Ghanem soit libéré immédiatement et sans condition, et d’abandonner toutes les charges retenues contre lui, car il est détenu uniquement pour son travail journalistique. Dans l’attente de sa libération, il doit être autorisé à voir régulièrement sa famille et ses avocats et à recevoir tous les soins médicaux nécessaires, y compris dans des hôpitaux extérieurs à la prison si besoin, et doit être détenu dans des conditions conformes aux normes internationales relatives au traitement des prisonniers.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.
 

Dear Counsellor,

Tawfik Ghanem has been arbitrarily detained since 21 May 2021 solely because of his legitimate media work, as the former regional director of Anadolu Agency, a state-run Turkish news agency. Following his arrest, Egyptian authorities subjected Tawfik Ghanem to enforced disappearance for five days during which he was interrogated without a lawyer present about his previous work at Anadolu Agency. Subsequently, he was taken for questioning before a Supreme State Security Prosecution (SSSP) prosecutor in Cairo, who ordered his detention pending investigations in SSSP Case No. 238 of 2021 on charges of «spreading false news,» «misusing social media,» and terrorism-related offences. Since then, authorities renewed his pretrial detention without allowing him to meaningfully challenge the lawfulness of his detention. His pretrial detention has exceeded the maximum limit of two years permissible under Egyptian law.

Since his arrest, authorities have denied him his rights to consult a lawyer of his choosing in private and to adequate defence. Since January 2022, his pretrial detention renewal sessions have been conducted online, with his lawyer present in a courtroom with the judge and Tawfik Ghanem joining via video link from prison, in the presence of prison guards. Even when he was brought to court for his detention renewal hearings before January 2022, he was unable to consult his lawyer in private as he either remained held in an overcrowded waiting area with other prisoners or placed in a glass cage inside the courtroom.

Tawfik Ghanem is held in Badr 1 prison, some 70km northeast of Cairo, and denied access to adequate healthcare. His family said that since his arrest he has lost about 20kg, and that he suffers from several age-related conditions, including diabetes and an enlarged prostate. Before his arrest, he was diagnosed with Osteochondritis Dissecans, a bone disease that affects the joints and requires regular physical therapy, unavailable in prison. He is also suffering from a skin disease and irritation. Despite this, prison authorities have occasionally banned his family from bringing him the medication he requires and other necessities, including medical soap. For his treatment, he is forced to rely mostly on advice from doctors imprisoned with him. He has not been transferred to hospital inside or outside prison despite his family’s multiple requests to do so – even at their own expense – to ensure appropriate diagnosis and treatment.

I urge you to ensure that Tawfik Ghanem is immediately and unconditionally released and all charges against him dropped as he is detained solely for his media work. Pending his release, he must be granted regular access to his family, lawyers and adequate healthcare, including in outside hospitals if necessary, and held in conditions that comply with international standards for the treatment of prisoners.

Yours sincerely,
 

Egyptian authorities are denying adequate healthcare to 68-year-old journalist Tawfik Ghanem, who has been arbitrarily detained in Badr 1 prison without trial since May 2021 solely for his legitimate media work.

Call on @EgyptianPPO to release him immediately &unconditionally. In the meantime, authorities must grant him access to adequate healthcare, including outside prison & hold him in conditions meeting international standards.

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Public Prosecutor Mohamed Shawky Ayyad
Twitter/X: @EgyptianPPO
Facebook: https://www.facebook.com/ppo.gov.eg
 

Procureur général:
Public Prosecutor Mohamed Shawky Ayyad
Office of the Public Prosecutor
Madinat al-Rehab
Cairo
Arab Republic of Egypt

Fax: +202 2577 4716
Twitter/X: @EgyptianPPO

Facebook: https://www.facebook.com/ppo.gov.eg

COPIES À

Ambassade de la République Arabe d'Egypte
Elfenauweg 61
3006 Berne

Fax: 031 352 06 25
E-mail: [email protected] ; ([email protected])
FB: https://www.facebook.com/eg.bern.embassy/

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Veuillez également envoyer des copies aux autorités suivantes:

President Abdelfattah al-Sisi
Office of the President, Al Ittihadia Palace - Cairo, Egypt
Fax: +202 2391 1441
Email: [email protected] / X : @AlsisiOfficial

Minister of Interior: Mahmoud Tawfiq - Ministry of the Interior
25 El Sheikh Rihan Street Bab al-Louk, Cairo, Egypt
Fax: +202 2794 5529 / X : @moiegy (Salutation: Dear Minister)
Email: [email protected] or [email protected]

Please also send copies to the Presidential pardons committee, via the address of the National Council for Human Rights:
National Council for Human Rights
340 D - شارع التسعين الشمالى - التجمع الخامس - القاهرة - مصر
Fax: +2028135607 /Whatsapp/phone: +201558345554
Email: [email protected]


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MODÈLES DE LETTRE PRÊTS À IMPRIMER/TÉLÉCHARGER:
•  MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 063/24 (Word)
•  MODEL LETTER ENGLISH 063/24 (Word)


CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (DOCUMENT WORD)
:
(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
•  UA 063/24 – FRANÇAIS
•  UA 063/24 – ENGLISH
 


English version (click on title to open):

Tawfik Ghanem, a 68-year-old Egyptian journalist, has been arbitrarily detained since 21 May 2021 without trial, pending investigations by the Supreme State Security Prosecution into charges of «spreading false news» and «misusing social media», among others. Authorities in Badr 1 prison, where he is held, continue to deny him access to adequate healthcare, including transfer to hospital and medication, for his numerous health conditions including diabetes, a bone disease and a skin condition. He should be released immediately and unconditionally as he is held solely in connection to his legitimate media work.

Following his first questioning by the Supreme State Security Prosecution (SSSP) in May 2021, Tawfik Ghanem was transferred to Tora Investigation prison, where he remained until December 2021. According to his relatives, prison authorities there denied him a bed and he was forced to sleep on two blankets on the floor despite his bone disease. His prison conditions deteriorated further when he was transferred to Abou Zaabal prison in December 2021, where he remained detained for two years. For some 12 months following his transfer, authorities banned his access to books and newspapers, and severely restricted family visits. While the situation improved during his second year there, for the duration of his detention at Abu Zaabal, he had no direct access to sunlight and could only exercise in an indoor area.

Since 1 January 2024, he has been held in Badr 1 prison in a cell with eight other people for 23 hours a day as he is only allowed out of the cell for an hour of exercise daily. The cell does not have a fan, which makes it unbearably hot during the summer months. During public holidays, the cell remains closed 24 hours a day. His family is permitted to visit him once a month. According to his relatives, the prison administration occasionally withholds essential items like books, newspapers, pens and hygiene products from him and other prisoners held for political reasons. Relatives are also not allowed to bring their detained loved ones personal items such as clothing.

Amnesty International learned from human rights organizations and other informed sources that at least dozens of prisoners in Badr 1 prison have been on hunger strike since early June in protest at their cruel and inhuman detention conditions. The hunger strike appears to have been triggered by a sharp rise in temperatures, reaching over 40˚C, amid the prison authorities’ refusal to allow prisoners to have fans and daily power cuts introduced by the government nationwide in response to the energy crisis. Detainees are also protesting the lack of access to adequate healthcare, and what they and Egyptian human rights activists describe as humiliating body searches imposed by prison officials when prisoners leave their cells, including to attend pretrial detention renewal sessions or to go to the prison clinic. Other commonly reported complaints include the ill-treatment of families during prison visits, including forcing them to wait in the sun for hours; the reduction in the time allotted to prisoners for exercising outside the cell; and restrictions on family visits. Some of those on hunger strike are also protesting their lengthy pretrial detention, in some cases exceeding the maximum limit of two years permissible under Egyptian law. According to human rights groups, in response to the hunger strike, Badr 1 prison officials introduced further punitive measures including transferring some 50 prisoners to distant prisons, located in al-Minya governorate (about 280 km south of Cairo) and Al-Wadi Al-Jadid governorate (about 620 km southwest of Cairo) prisons. According to activists, prison authorities imposed punitive measures on the remaining prisoners in Badr 1 prison involved in or supportive of the hunger strike, including deliberately cutting off their access to electricity and water, in violation of the absolute prohibition of torture and other ill-treatment. Amnesty International understands that Tawfik Ghanem is not on hunger strike due to his diabetes.

Since 2016, the Egyptian authorities have consolidated their grip on the media landscape and intensified their crackdown on journalists daring to deviate from the official narrative. Since then, the authorities have subjected dozens of journalists and other media workers to arbitrary arrest and detention, prosecutions on trumped-up terrorism-related charges and dismissals simply for expressing critical views. Security forces have raided the few remaining independent online media platforms in Egypt and blocked hundreds of websites. The adoption of draconian media and cyber legislation in 2018 further granted the authorities overly broad powers to regulate media content, restrict journalists’ freedom of expression and impose prison terms for criticism online. At the time of writing, at least 14 journalists remained behind bars after being convicted or pending investigations into charges of «spreading false news», belonging to a «terrorist» group or «misuse of social media». Over 600 news, human rights and other websites continued to be blocked. In 2023, the authorities blocked the website of the NGO Cairo Institute for Human Rights Studies, the news sites of Soulta 4 and Masr 360. Staff at Mada Masr, an independent media platform, continue to face politically motivated prosecutions and investigations, including in relation to its publication in October 2023 of an investigative report on the Rafah border crossing. Journalists were among the 820 people added to the government’s «list of terrorists» throughout 2023 without due process, depriving them of civic and political rights.

Throughout his career, Tawfik Ghanem has headed a number of media organizations, including Media International, which ran the Islam Online website for ten years. Most recently, he served as regional director of the Anadolu Agency in Cairo until his retirement in 2015.


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