Nelson Mandela, désigné Ambassadeur de la Conscience en 2006. © Jurgen Schadeberg
Nelson Mandela, désigné Ambassadeur de la Conscience en 2006. © Jurgen Schadeberg

Décès de Nelson Mandela Sa mort laisse un grand vide

05 décembre 2013.
Nelson Mandela, décédé aujourd’hui l'âge de 95 ans, était un visionnaire qui a joué un rôle majeur dans la lutte pour la protection et la promotion des droits humains. «Impossible d'imaginer un monde sans Mandela. Sa mort laisse un grand vide, pas seulement en Afrique du Sud mais dans le monde entier», a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

«Il a été un véritable dirigeant mondial qui n'a eu de cesse de combattre toutes les injustices  dans le domaine des droits humains. Son courage a contribué à faire changer le monde entier Il a lutté avec une détermination sans faille pour éliminer les inégalités raciales pendant l'apartheid et a joué une rôle essentiel dans le combat contre le VIH/sida en Afrique du Sud et au niveau mondial. Son nom restera gravé dans l'histoire du continent africain et du monde.»

La vie de Nelson Mandela, marquée par son combat politique et son esprit de sacrifice, représente un exemple pour des millions de personnes à travers le globe. «C'était un homme absolument extraordinaire», raconte Louis Blom-Cooper, qui a participé à la création d'Amnesty International au début des années 1960 et qui a été observateur lors du très long procès de Nelson Mandela et d'autres dirigeants de la lutte anti-apartheid accusés de trahison  et finalement acquittés en mars 1961. «Quand on se trouvait en face de lui et qu'on l'écoutait parler, on sentait qu'on était en présence d'une personne hors du commun qui deviendrait un jour un citoyen très important de l'Afrique du Sud.»

Durant les années qui ont suivi ses cinq ans de présidence, la détermination et le franc-parler dont a fait preuve Nelson Mandela dans son action de plaidoyer en faveur des millions de personnes vivant avec le VIH, en particulier dans l'Afrique subsaharienne, ont montré que sa passion pour la défense de la dignité humaine, du droit à l'égalité et de l'accès à la justice n'avait rien perdu de sa vigueur au fil du temps.

En novembre 2006, Amnesty International a décerné à  Nelson Mandela son prix Ambassadeur de la conscience afin de saluer l'action qu'il a menée pendant de nombreuses années pour dénoncer les atteintes aux droits humains commises non seulement en Afrique du Sud mais aussi dans le monde entier. Lorsqu'il a reçu ce prix, Nelson Mandela a déclaré : «Tout comme Amnesty International, je me suis battu pour défendre la justice et les droits humains pendant de longues années. Je me suis maintenant retiré de la vie publique, mais tant que l'injustice et l'inégalité perdureront, aucun d'entre nous ne pourra prendre de repos. Nous devons devenir plus forts encore.»

Lors de ce même événement, l'organisation a remis à Nelson Mandela et à la Fondation Nelson Mandela cinq volumes de rapports et de documents de campagne publiés par Amnesty International entre les années 1960 et 1994 au sujet des atteintes aux droits humains  commises en Afrique du Sud.

Nelson Mandela et Amnesty International

Quand il a reçu le prix Ambassadeur de la conscience, Nelson Mandela a gentiment rendu hommage à l'apport d'Amnesty International dans le combat en faveur des droits humains, et ce malgré la décision controversée prise par l'organisation dans ses jeunes années de ne pas l'adopter en tant que «prisonnier d'opinion» (c'est-à-dire une personne emprisonnée uniquement parce qu'elle a exprimé pacifiquement ses convictions). Cette décision avait été prise en 1964 quand il avait été condamné à la réclusion à perpétuité à l'issue du procès de Rivonia pour des infractions liées à la décision de l'ANC de s'orienter vers la lutte armée contre le régime de l'apartheid.

Les membres d'Amnesty International ne pouvaient dès lors pas faire campagne en faveur de sa libération sans condition en tant que prisonnier non violent, comme ils l'avaient fait auparavant quand il avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement pour avoir quitté le pays sans autorisation et «incité» à la grève.

Ce choix est intervenu à la suite d'un long débat enflammé au sein d'Amnesty International et le secrétaire général de l'époque a fait les commentaires suivants : «Quand un gouvernement fait preuve de mépris à l'égard de l'état de droit et est insensible à la persuasion pacifique, ceux qu'il a privés du plein respect des droits humains énoncés dans la Déclaration des Nations unies, peuvent se sentir ou se retrouver dans une position où le seul chemin vers la liberté est celui de la violence. Ces personnes, qui ne peuvent pas être adoptées en tant que prisonniers d'opinion aux termes de la définition d'Amnesty International, peuvent être, et sont souvent, l'objet de notre préoccupation active pour des motifs humanitaires».

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