Centre d'accueil pour des victimes de mariages forcés et précoces à Burkina Faso © Sophie Garcia/Corbis pour Amnesty International
Centre d'accueil pour des victimes de mariages forcés et précoces à Burkina Faso © Sophie Garcia/Corbis pour Amnesty International

Burkina Faso: Action lettre pour les jeunes filles Protéger les jeunes filles des mariages précoces et forcés

Lettres contre l'oubli d'avril 2021
Lors de son premier mandat, le président burkinabé Roch Kaboré avait fait la promesse de mettre un terme aux mariages forcés et précoces. Durant son deuxième mandat, débuté en janvier 2021, il devra concrétiser cette promesse pour les milliers de filles victimes de mariages forcés et précoces à travers le pays.

Des milliers de filles sont soumises à des mariages précoces et forcés au Burkina Faso. La plupart d'entre elles sont mariées dès l'âge de 11 ans, afin que leurs parents puissent bénéficier de la dot. Les filles soumises à un mariage forcé par leur famille ne sont généralement pas envoyées à l’école et ne reçoivent donc que peu, voire pas, d’éducation. Les risques qu’elles encourent sont nombreux. Elles sont, pour la plupart, victimes de violences sexuelles et subissent de graves atteintes à leurs droits sexuels et reproductifs. Leur corps n'a souvent pas atteint sa maturité et elles encourent aussi le risque de mourir lors de l’accouchement ou d'être sujettes à des problèmes de santé mettant leur vie en danger et leur laissant des séquelles irréversibles. Par exemple, une jeune fille de 13 ans a confié à Amnesty International avoir marché plus de 160 km en trois jours pour échapper à un mariage forcé arrangé par son père avec un homme de 70 ans, qui avait déjà cinq femmes.

Lors de son premier mandat, le président burkinabé Roch Kaboré avait fait la promesse de mettre un terme aux mariages forcés et précoces. Durant son deuxième mandat, débuté en janvier 2021, il devra concrétiser cette promesse pour les milliers de filles victimes de mariages forcés et précoces à travers le pays.

En novembre 2015, le Burkina Faso a parachevé une stratégie nationale de prévention et d'élimination du mariage d'enfants pour la période 2016-2025. Le gouvernement s’est engagé à éradiquer le mariage forcé et précoce ainsi qu’à modifier le Code pénal. Le 31 mai 2018, l'Assemblée nationale du Burkina Faso a adopté un nouveau Code pénal, qui contient un nouvel article élargissant la définition du mariage, conformément aux recommandations d'Amnesty International. Ce dernier doit être célébré par un officier d'état civil ou selon les traditions et règles religieuses.

Cette avancée est notable car la plupart des mariages forcés et précoces au Burkina Faso sont célébrés lors de cérémonies religieuses ou traditionnelles, sans qu'aucun officier d'état civil ne soit présent. Avant l’introduction de cette nouvelle disposition, ces prétendues unions n'étaient pas reconnues légalement comme des mariages en vertu du Code des personnes et de la famille ainsi que du Code pénal. Par conséquent, elles ne pouvaient pas être considérées comme des mariages forcés, même si une personne subissait une contrainte.

Pour continuer sur cette première lancée, nous lançons cet appel mondial afin que le président assure la protection des filles contre le mariage forcé et précoce au Burkina Faso.

Veuillez écrire une lettre courtoise en français ou anglais au président :

Proposition de lettre et revendictions en français
(modèle de lettre en anglais voir tout en bas)

Monsieur le Président,

Je souhaite vous faire part de ma vive inquiétude concernant les milliers de filles qui sont soumises à des mariages précoces et forcés au Burkina Faso.

Lors de votre premier mandat, vous avez fait la promesse de mettre un terme aux mariages forcés et précoces. Durant votre deuxième mandat qui a débuté en janvier 2021, vous devrez concrétiser cette promesse pour les milliers de filles victimes de mariages forcés et précoces à travers le pays.

De ce fait, je vous demande, Monsieur le Président, de garantir que la stratégie nationale de prévention et d'élimination du mariage d'enfants d'ici 2025 soit pleinement appliquée. Mais aussi que le Burkina Faso respecte son engagement à modifier le Code des personnes et de la famille afin que l'âge minimum légal du mariage pour les filles et les garçons soit porté à 18 ans, conformément à la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant et à d'autres instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits humains.
Je vous exhorte également de réaffirmer votre engagement à faire en sorte que le Burkina Faso mette un terme aux mariages forcés et précoces.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma haute considération.
 

Adresser la lettre à

Président Roch Marc Christian Kabore
03 BP 7030 Ouagadougou 03
Burkina Faso

Formulaire de contact sur le site officiel du président:
https://www.presidencedufaso.bf/contact/

Facebook: @RochKaborePF
Twitter: @rochkaborepf

Formule d’appel: Monsieur le Président,

Copies à

Ambassade du Burkina Faso
Avenue de France 23
1202 Genève

Fax: 022 734 63 31
E-mail: mission.burkina@ties.itu.int

 

Vous trouverez un modèle de lettre en français à la page 3
» du fichier Word ici
» du fichier PDF ici


Taxe postale PRIORITY: CHF 2.00

 


Model letter in english:

Your Excellency,

I'm writing to you today, because I'm concerned about report that still every year thousands of girls across Burkina Faso are subjected to early and forced marriage. The majority of them are married off as early as 11 years old so that their parents can benefit from the dowry. Girls who are forced to marry by their family are rarely sent to school and have little or no education. The risks associated with such marriages are many for girls. Most of them suffer sexual violence and frequently endure egregious violations of their sexual and reproductive rights. Their bodies are physically immature and are at risk of death during childbirth, or experiencing life threatening and life changing health conditions. A 13-year-old girl told Amnesty International she walked more than 160 km over three days to escape from being forced by her father to marry a 70-year-old man who already had five wives.

During your first term in office you promised to eradicate forced and early marriages. In November 2015, Burkina Faso finalized a National Strategy to End Child Marriage by 2025.

Please ensure that the National Strategy to End Child Marriage by 2025 is fully implemented and follow through with your commitment to review the Code of Family and Persons to raise the minimum legal age of marriage for boys and girls to 18, in line with the African Charter on the Rights and Welfare of the Child and other international and regional human rights instruments.

Please re-commit to ensuring that early and forced marriages are eradicated in Burkina Faso.

Yours sincerely,