Esdras Ndikumana © Droits réservés
Esdras Ndikumana © Droits réservés

Burundi: Action lettre pour Esdras Ndikumana Retard injustifié dans l’enquête sur les allégations de torture d’un journaliste

Lettres contre l'oubli - août 2017
Le journalise Esdras Ndikumana s’engage pour que ses allégations de torture soient enquêtées et que les responsables présumés soient traduits en justice. Il a été arrêté le 2 août 2015 et dit avoir été torturé par des agents du Service national de renseignement (SNR) pendant sa détention.

Esdras Ndikumana est un journaliste burundais connu, correspondant de Radio France Internationale (RFI) et de l’Agence France Presse (AFP). Il a été arrêté par des agents du Service national de renseignement (SNR) le 2 août 2015 alors qu’il prenait des photos sur les lieux de l’attaque qui a causé la mort du général Adolphe Nshimirimana. Les agents l’ont fait monter de force dans un pick-up et lui ont asséné plusieurs coups de poing avant de le placer en détention. Esdras dit avoir été torturé pendant environ deux heures au cours de sa détention au siège du SNR, à Bujumbura.

Il a été relâché le jour même et a alors confié à Amnesty International : «J’ai été de nouveau passé longuement à tabac. Ils se sont servis de leurs matraques et de barres d’armature [utilisées dans la construction] et m’ont donné des coups de pied. Ils m’ont frappé partout. J’ai un doigt cassé et mes plantes de pied sont très douloureuses.»

Craignant pour sa vie et la sécurité de sa famille, Esdras a fui le pays et se trouve aujourd’hui en France, où il a déposé une demande d’asile politique.

Le 13 août 2015, le président Nkurunziza s’est engagé à ouvrir une enquête sur les allégations de torture d’Esdras et à poursuivre et sanctionner les auteurs de ces actes, conformément à la loi. Cet engagement n’ayant pas été suivi d’effet, Esdras et ses employeurs ont décidé, le 19 octobre 2015, de porter plainte contre X (ce qui signifie que la victime n’est pas en mesure d’identifier formellement les auteurs). Plusieurs mois se sont écoulés avant que le bureau du procureur ne se décide à agir. Le procureur chargé de l’affaire a alors demandé à Esdras de fournir les noms de ceux qui l’avaient roué de coups afin qu’il puisse ouvrir une enquête. Ce retard était injustifié, le procureur n’ayant pas besoin de noms pour lancer des investigations dans le cadre d’une plainte contre X.

 

PROPOSITION DE LETTRE pour la ministre de la justice

Madame la Ministre,

Le journaliste Esdras Ndikumana a demandé qu’une enquête soit menée sur ses allégations de torture et que les responsables présumés soient traduits en justice.

Il a été arrêté le 2 août 2015 alors qu’il prenait des photos sur les lieux de l’attaque qui a causé la mort du général Adolphe Nshimirimana. Esdras Ndikumana dit avoir été torturé par des agents du Service national de renseignement (SNR) pendant sa détention au siège du SNR.

Le 13 août 2015, le président Nkurunziza s’est engagé à ouvrir une enquête sur les allégations de torture d’Esdras Ndikumana, et à poursuivre et sanctionner les auteurs de ces actes, conformément à la loi. Cet engagement n’ayant pas été suivi d’effet, Esdras et ses employeurs ont décidé de porter plainte contre X le 19 octobre 2015. Plusieurs mois se sont écoulés avant que le bureau du procureur ne se décide à agir et que le procureur chargé de l’affaire ne demande à Esdras de fournir les noms de ceux qui l’avaient roué de coups afin qu’il puisse ouvrir une enquête. Ce retard était injustifié, le procureur n’ayant pas besoin de noms pour lancer des investigations dans le cadre d’une plainte contre X.

Craignant pour sa vie et la sécurité de sa famille, Esdras a fui le pays et se trouve aujourd’hui en France, où il a déposé une demande d’asile politique.

Je suis très préoccupé·e par cette situation et je vous demande, Madame la Ministre, de veiller à ce que l’enquête ouverte sur les actes de torture dont a été victime Esdras Ndikumana soit conduite de manière approfondie et indépendante.
Veuillez également faire le nécessaire pour qu’Esdras Ndikumana obtienne des réparations pleines et entières pour les préjudices qu’il a subis.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’expression de ma haute considération.

Adresser la lettre à la Minsitre de la Justice

Mme Aimée Laurentine Kanyana
Ministère de la Justice
Avenue des Eucalyptus
Bujumbura
Burundi

Formule d’appel : Madame la Ministre,

 
PROPOSITION DE LETTRE au procureur général

Monsieur le Procureur général,

Le journaliste Esdras Ndikumana a demandé qu’une enquête soit menée sur ses allégations de torture et que les responsables présumés soient traduits en justice.

Il a été arrêté le 2 août 2015 alors qu’il prenait des photos sur les lieux de l’attaque qui a causé la mort du général Adolphe Nshimirimana. Esdras Ndikumana dit avoir été torturé par des agents du Service national de renseignement (SNR) pendant sa détention au siège du SNR.

Le 13 août 2015, le président Nkurunziza s’est engagé à ouvrir une enquête sur les allégations de torture d’Esdras Ndikumana, et à poursuivre et sanctionner les auteurs de ces actes, conformément à la loi. Cet engagement n’ayant pas été suivi d’effet, Esdras et ses employeurs ont décidé de porter plainte contre X le 19 octobre 2015. Plusieurs mois se sont écoulés avant que le bureau du procureur ne se décide à agir et que le procureur chargé de l’affaire ne demande à Esdras de fournir les noms de ceux qui l’avaient roué de coups afin qu’il puisse ouvrir une enquête. Ce retard était injustifié, le procureur n’ayant pas besoin de noms pour lancer des investigations dans le cadre d’une plainte contre X.

Craignant pour sa vie et la sécurité de sa famille, Esdras a fui le pays et se trouve aujourd’hui en France, où il a déposé une demande d’asile politique.

Je suis très préoccupé·e par cette situation et je vous demande, Monsieur le Procureur général, de faire le nécessaire pour qu’une enquête indépendante et approfondie soit ouverte dans les meilleurs délais sur les allégations de torture d’Esdras Ndikumana et que tous les responsables présumés soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables devant des tribunaux de droit commun.
Veuillez mener une enquête approfondie, dans les plus brefs délais, sur l’usage de la torture et d’autres mauvais traitements par les forces de sécurité burundaises.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Procureur général, à l’expression de ma haute considération.

Adresser la lettre au Procureur général

Sylvestre Nyandwi
Parquet général de la République
BP 105
Bujumbura
Burundi

Formule d’appel: Monsieur le Procureur général,


 

Copies à

Ambassade de la République du Burundi
Rue de Lausanne 44
1201 Genève

Fax: 022 732 77 34
E-mail: mission.burundi@bluewin.ch

 

 

Vous trouverez un modèle de lettre en français sur les pages 3 et 4 du fichier Word ici.


Taxe postale: Europe: CHF 1.50 / autres pays: CHF 2.00