Nigeria: action lettre pour Moses Akatugba Un adolescent torturé et condamné à mort pour vol présumé

Le 27 novembre 2005, Moses Akatugba, lycéen de 16 ans, a pris congé de sa famille et s’en est allé voir sa tante. Ne le voyant pas rentrer à la maison comme convenu, sa mère s’est inquiétée. Pendant ...

Moses Akatugba Moses Akatugba © Privé

Le 27 novembre 2005, Moses Akatugba, lycéen de 16 ans, a pris congé de sa famille et s’en est allé voir sa tante. Ne le voyant pas rentrer à la maison comme convenu, sa mère s’est inquiétée.

Pendant 24 heures, personne n’a su où il se trouvait. Un vendeur ambulant est finalement allé voir la mère de Moses en lui disant qu’il avait vu un groupe de soldats l’arrêter. Moses n’est jamais rentré chez lui. Depuis lors, il vit un calvaire.

Moses a raconté plus tard que les soldats lui avaient tiré une balle dans la main, l’avaient frappé à la tête et dans le dos et l’avaient emmené dans une caserne de la ville pour l’interroger. Là-bas, ils lui ont montré un cadavre en lui demandant de l’identifier. Lorsque Moses a dit qu’il ne connaissait pas cet homme, les soldats l’ont frappé à nouveau. Puis ils l’ont emmené dans un poste de police. Là, des policiers l’ont roué de coups de machette et de matraque. Ils l’ont ligoté, l’ont laissé suspendu tête en bas à un ventilateur de plafond pendant des heures, et lui ont arraché les ongles des pieds et des mains à l’aide de tenailles.

La police le soupçonne d’avoir volé de l’argent liquide, trois téléphones et des recharges au cours d’un vol à main armée. Des accusations qu’il a toujours rejetées. Les policiers l’ont obligé à signer deux déclarations pré-rédigées dans lesquelles il «passe aux aveux» et qui ont ensuite servi de preuves à son procès.

Lorsque la mère de Moses a enfin pu le voir dans sa cellule du poste de police, le lendemain il présentait d’après son dires, de terribles blessures et cicatrices et n’avait reçu aucun soin médical. Devant la gravité de ses blessures, elle dit avoir payé un médecin pour qu’il vienne le voir trois jours par semaine pendant cinq semaines.

Moses a passé les huit années qui ont suivi en prison. Le 12 novembre 2013, il a été condamné à mort par pendaison. La condamnation se fondait sur ses «aveux» et le témoignage de la victime du vol à main armée présumé. Le policier qui a enquêté sur l’affaire ne s’est pas présenté au tribunal.

Moses était un enfant lorsqu’il a été arrêté et n’aurait jamais dû être condamné à mort. Une telle condamnation est illégale au regard du droit international. Par ailleurs, des «aveux» obtenus sous la torture ne peuvent être admis comme des éléments de preuve devant un tribunal.

Son avocat a interjeté appel de sa condamnation à mort. Mais, pour l’heure, Moses croupit en prison.


Proposition de lettre et revendications

Excellence,

Le 27 novembre 2005, Moses Akatugba, lycéen de 16 ans, a été arrêté par des soldats.

Moses a raconté plus tard que les soldats lui avaient tiré une balle dans la main, l’avaient frappé à la tête et dans le dos et l’avaient emmené dans une caserne de la ville pour l’interroger. Là-bas, ils lui ont montré un cadavre en lui demandant de l’identifier. Lorsque Moses a dit qu’il ne connaissait pas cet homme, les soldats l’ont frappé à nouveau. Puis ils l’ont emmené dans un poste de police. Là, des policiers l’ont roué de coups de machette et de matraque. Ils l’ont ligoté, l’ont laissé suspendu tête en bas à un ventilateur de plafond pendant des heures, et lui ont arraché les ongles des pieds et des mains à l’aide de tenailles.

La police le soupçonne d’avoir volé de l’argent liquide, trois téléphones et des recharges au cours d’un vol à main armée. Des accusations qu’il a toujours rejetées. Les policiers l’ont obligé à signer deux déclarations pré-rédigées dans lesquelles il «passe aux aveux» et qui ont ensuite servi de preuves à son procès.

Le 12 novembre 2013, il a été condamné à mort par pendaison. La condamnation se fondait sur ses «aveux» et le témoignage de la victime du vol à main armée présumé. Le policier qui a enquêté sur l’affaire ne s’est pas présenté au tribunal.

Moses était un enfant lorsqu’il a été arrêté et n’aurait jamais dû être condamné à mort. Une telle condamnation est illégale au regard du droit international. Par ailleurs, des «aveux» obtenus sous la torture ne peuvent être admis comme des éléments de preuve devant un tribunal.

Son avocat a interjeté appel de sa condamnation à mort. Mais, pour l’heure, Moses croupit en prison.

Je suis très préoccuppée par cette situation, et je vous demande, Excellence, de commuer sa condamnation à mort et d’ouvrir une enquête indépendante sur ses allégations de torture.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Excellence, à l’expression de ma haute considération.


Lettres adresser à:

Dr. Emmanuel Uduaghan
Governor of Delta State
Office of the Governor
Government House
Asaba
Delta State
Nigeria

Copie à:

Ambassade de la République Fédérale du Nigeria
Zieglerstrasse 45
Case postale 574
3000 Berne 14

Fax: 031 384 26 26
E-mail: info@nigerianbern.org

Cette lettre fait partie des Lettres contre l'oubli de mai 2014 | Télécharger le fichier Word | S'inscrire pour recevoir un e-mail chaque mois avec les nouvelles lettres.