«Caméra Météo»: d’un domaine skiable vers une région en crise Journée d’action pour protéger la population civile en RDC

La République démocratique du Congo (RDC) est au bord de la catastrophe humanitaire. Depuis des semaines, la population civile est soumise à la violence et aux déplacements forcés. Au cours d’une journée d’action le 25 novembre, Amnesty International lance une pétition en ligne qui demande la mise en œuvre immédiate du renforcement des forces de maintien de la paix, décidée par le Conseil de sécurité. Pendant deux semaines, un spot de type «Caméra Météo», diffusé dans les principales gares de Suisse, attirera l’attention sur le sort de plus de 1'600'000 personnes qui fuient la violence sur les routes de la province du Nord Kivu, dans l’Est de la RDC.

Le 25 novembre au matin, des militant·e·s d’Amnesty International distribueront des cartes postales dans les principales gares de Suisse. On y voit des réfugié·e·s congolais·e·s et un convoi de chars d’assaut qui traversent un village suisse. Par le message «Cela existe, pas ici mais maintenant !» les pendulaires sont appelés à signer une pétition en ligne d’Amnesty International dans le but de faire cesser la violence contre la population civile du Nord-Kivu.

Cette action accompagne un spot qui sera diffusé pendant 2 semaines sur les panneaux électroniques des gares de Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Zug et Zürich. Le panorama idyllique de la station de ski imaginaire «Hoch Ybrig» fait brusquement place à des hommes et à des femmes fuyant la ville de Goma, capitale de la province en crise du Nord-Kivu.

Depuis la reprise des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles en août dernier ce ne sont pas moins de 250'000 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, qui ont ainsi été déplacées. Le nombre des personnes déplacées depuis le début du conflit, il y a dix ans, est estimé à deux millions de personnes. Elles ont un urgent besoin de protection. Le nombre de viols de femmes et de jeunes filles a augmenté de manière considérable et, selon des rapports d’Amnesty International, des enfants soldat·e·s sont à nouveau recruté·e·s de manière intensive.

Les forces de maintien de la paix des Nations Unies (MONUC) sont à l’heure actuelle trop peu nombreuses et ne sont pas en mesure d’empêcher les attaques contre la population civile ni d’assurer une aide humanitaire aux réfugié·e·s. Le Conseil de sécurité a en conséquence décidé la semaine dernière d’augmenter ses troupes de 3'000 à 20'000 soldat·e·s environ.

Amnesty International craint que cette augmentation des troupes, comme dans le cas de la région soudanaise du Darfour, ne reste une déclaration sans conséquences. L’organisation des droits humains ne saurait rester les bras croisés. Une pétition demande à la communauté internationale d’envoyer sans tarder des soldat·e·s supplémentaires en RDC. Toutes les parties au conflit doivent par ailleurs cesser immédiatement de commettre des violations des droits humains en particulier les viols à l’encontre des femmes et des jeunes filles ainsi que le recrutement d’enfants soldat·e·s. Les organisations d’aide humanitaire doivent enfin pouvoir faire librement leur travail.

Communiqué de presse publié le 24 novembre 2008, Berne / Lausanne.
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