À Juba, nombreux sont celles et ceux qui cherchent refuge dans le camp mis en place par la Mission de l'ONU. | © TONY KARUMBA/AFP/Getty Images
À Juba, nombreux sont celles et ceux qui cherchent refuge dans le camp mis en place par la Mission de l'ONU. | © TONY KARUMBA/AFP/Getty Images

Soudan La force de maintien de la paix de l’ONU doit protéger les civils en péril

26 décembre 2013
Le secrétaire général de l’ONU a demandé que le Conseil de sécurité fournisse des ressources humaines et matérielles supplémentaires à la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), ce qui témoigne du besoin urgent de protéger les civils en danger face à l’escalade de la violence, a déclaré Amnesty International.

Dans la soirée du 23 décembre 2013, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé de renforcer de 5 500 hommes le contingent de quelque 7 000 casques bleus de la MINUSS déjà présents dans le pays, dont la mission consiste à protéger les civils.

«La proposition du secrétaire général montre que l’ONU a bien compris à quel point la situation au Soudan du Sud est grave et dangereuse, a indiqué Sarah Jackson, directrice adjointe régionale à Amnesty International.

«Les casques bleus de la MINUSS doivent se montrer à la hauteur de leur mandat et protéger les civils, ce qu’ils n’ont pas réussi à faire efficacement par le passé. Les civils terrifiés ont désespérément besoin de protection.»

Renforcer la mission de l'ONU

L’initiative visant à renforcer la mission de maintien de la paix fait suite à de violents affrontements qui ont éclaté entre des groupes rivaux de soldats dans la capitale Juba à la mi-décembre, avant de s’étendre à d’autres régions du Soudan du Sud.

Depuis, les violences – et notamment les affrontements interethniques entre les communautés Nuer et Dinka – se sont traduites par des centaines de morts parmi les civils, tués entre autres par des tirs de fusils et d’artillerie. Les hôpitaux locaux signalent plusieurs centaines de victimes, même si le chiffre réel est sans doute beaucoup plus élevé. Plus de 80 000 personnes ont fui leur foyer et 45 000 se sont réfugiées dans les bases de la MINUSS dans plusieurs villes en quête de protection.

«Les civils sud-soudanais qui vivent dans la peur doivent savoir qu’ils seront protégés et les auteurs de violences qui terrorisent la population, dans les deux camps, doivent savoir qu’ils vont devoir cesser», a assuré Sarah Jackson.

Des mesures à prendre

Dans sa déclaration, le 23 décembre 2013, Ban Ki-moon a fait clairement savoir que toute personne responsable de graves violations des droits humains et de crimes contre l’humanité serait tenue pour personnellement responsable et devrait assumer les conséquences de ses actes.

Amnesty International exhorte les dirigeants politiques et militaires sud-soudanais, en particulier le président Salva Kiir Mayardit, l’ancien vice-président Riek Machar et le général déserteur Peter Gatdet Yak, à donner des ordres sans ambiguïté aux troupes qui sont sous leur contrôle et aux civils et milices armés qui leur sont fidèles pour qu’ils cessent immédiatement d’attaquer les civils et les biens civils.

L’organisation demande également à tous les États de suspendre les transferts d’armes internationaux à destination du Soudan du Sud et à destination du Soudan, où le risque est grand qu’elles soient détournées vers le sud de l’autre côté de la frontière, et soient utilisées par les groupes armés d’opposition.