Zambie Deux hommes inclupés pour homosexualité présumée

13 mai 2013
Deux jeunes homes ont été arrêtés parce qu'ils auraient eu des relations sexuelles «contre nature». Il s'agit de leur deuxième arrestation pour le même motif. Les relations homosexuelles sont considérées comme une infraction aux termes du Code pénal zambien.

 

Selon les médias nationaux, la police de Kapiri Mposhi, dans le centre de la Zambie, aurait arrêté Phil Mubiana et James Mwansa, âgés tous deux de 21 ans. Un voisin aurait dénoncé les deux hommes à la police, qui les aurait arrêtés.

«L’arrestation de ces deux hommes au seul motif de leur orientation sexuelle réelle ou présumée s’apparente à de la discrimination et constitue une atteinte à leurs droits à la liberté de conscience et d’expression, ainsi qu’au droit à la vie privée. Les lois érigeant en infractions l’homosexualité et l’identité de genre criminalisent l’exercice légitime de ces droits fondamentaux, qui sont protégés par des traités ratifiés par la Zambie, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples», a déclaré Simeon Mawanza, chercheur sur la Zambie pour Amnesty International.

Des examens humiliantset sans fondement scientifique

Les autorités auraient fait subir aux deux hommes des examens rectaux sans leur consentement et pourraient les avoir contraints à faire des «aveux» pour accélérer la procédure judiciaire.

«Les examens rectaux pratiqués pour «prouver» l'existence d'une relation homosexuelle sont invalides d'un point de vue scientifique. D'autre part, s'ils ont été pratiqués sans le consentement des personnes, il s'agit d'une infraction à l'interdiction absolue de la torture et de toute autre forme de traitement ou châtiment cruel, inhumain ou dégradant, a ajouté Simeon Mawanza. Il s’agit dans tous les cas d’une procédure extrêmement invasive, violente et profondément humiliante. En outre, les médecins réalisant ce genre d’examen en l’absence de consentement enfreignent leurs obligations en matière d'éthique envers les personnes qu'ils examinent. Toute personne soumise à ce type de sévices doit pouvoir bénéficier d'un recours et être protégée contre de nouvelles violences.»

Depuis leur nouvelle arrestation, les deux hommes n'ont pas encore consulté d'avocat et ont plaidé non coupables des charges retenues contre eux. On pense qu'ils ont été maintenus en détention dans une cellule surpeuplée à Kapiri Mposhi et qu'ils ont été privés de nourriture et d'eau pendant une douzaine d'heures.

«Amnesty International considère comme des prisonniers d’opinion les personnes incarcérées uniquement pour avoir eu des relations sexuelles entre adultes consentants en privé, et demande leur libération immédiate et sans condition», a souligné Simeon Mawanza.

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