Alejandra © Droits réservés
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États-Unis: Action lettre pour Alejandra Une femme transgenre risque l’expulsion

Lettres contre l'oubli de juillet 2019
Alejandra, une femme transgenre de 43 ans et originaire du Salvador, a demandé l’asile à la frontière entre les États-Unis et le Mexique le 26 novembre 2017 et est depuis lors détenue dans un centre de détention pour migrants. Depuis avril, elle n’est plus à l’abri d’une expulsion et elle pourrait être bannie à tout moment. Si elle est renvoyée vers le Salvador, Alejandra sera confrontée à de graves risques en raison de son identité transgenre.

Alejandra (n° de dossier d’immigration américain : A# 216-269-450) est une femme transgenre de 43 ans originaire du Salvador. Esthéticienne et défenseure des droits des personnes transgenres au Salvador, Alejandra a dû fuir le pays pour échapper aux extorsions, menaces et attaques à répétition d’une organisation criminelle, ainsi qu’aux violences de l’armée salvadorienne. Elle a déclaré avoir été agressée sexuellement tant par des membres de l’organisation criminelle que par des militaires, en raison de son identité transgenre. Elle a été attaquée, et notamment rouée de coups, à plusieurs reprises entre 2013 et 2016 et en a gardé des cicatrices sur le cuir chevelu, le visage et une jambe.

Le 26 novembre 2017, elle demande l’asile à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et est détenue dans un centre de détention pour migrants depuis. En avril 2018, Alejandra est entendue par un tribunal chargé des affaires d’immigration au centre de détention de Cibola pour présenter les motivations de sa demande d’asile. Elle perd l’appel du rejet de sa demande d’asile en décembre 2018. Elle a en outre requis une libération conditionnelle, qui lui a été refusée plusieurs fois par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) sans qu’une justification détaillée soit fournie à son avocat.

En avril 2019, sa demande de libération conditionnelle, la demande de réexamen de sa demande d’asile par la Commission des recours en matière d’immigration et sa demande de sursis d’expulsion ont toutes été rejetées. Elle n’est plus à l’abri d’une expulsion et pourrait être expulsée à tout moment.

Si elle est renvoyée vers le Salvador, Alejandra sera, comme dans tout autre pays d’Amérique centrale, confrontée à de graves risques en raison de son identité transgenre. D’après des organisations de défense des droits des personnes LGBTI et des réfugié·e·s, trois femmes transgenres ont été tuées dans les deux premiers mois de l’année 2019, dont une quelques semaines seulement après avoir été expulsée des États-Unis.


Veuillez écrire une lettre courtoise en anglais ou français au directeur du bureau local d’El Paso du Service de contrôle de l’immigration et des douanes des États-Unis.
 

Bonne nouvelle du 12 septembre 2019

Alejandra a été libérée vendredi 6 septembre 2019 au soir !

À la suite d’un travail continu de plaidoyer international, un tribunal a ordonné que les autorités fédérales suspendent son expulsion. Celles-ci ont également reconnu que son recours méritait un examen plus approfondi. Elles l’ont finalement libérée sous conditions après que ses avocats ont déposé un recours en vue d’obtenir une ordonnance d’habeas corpus pour elle, en soulignant que sa détention prolongée enfreignait les garanties de procédure contre la détention illimitée prévues par le cinquième amendement de la Constitution des États-Unis.

Si la libération d’Alejandra est le résultat d’efforts collectifs, elle n’aurait pas été possible sans les interventions répétées d’Amnesty International. Une fois libérée, devant le centre de détention, Alejandra a été accueillie par des amis avec un gâteau et des fleurs et elle a remercié Amnesty International et notre organisation partenaire Translatin@ Coalition.

Alejandra a déclaré : «Même si je ne vous ai pas rencontrés, c’est un honneur pour moi de vous adresser ce message d’amour, de lutte et de courage. Grâce à vos lettres de soutien [...] vous m’avez donné la force de poursuivre ce combat qui a été si dur pour moi... Merci infiniment, et je suis là pour continuer de me battre.»

Alejandra restera en liberté dans l’attente de la décision finale concernant sa demande d’asile, que nous suivrons de près.

Aucune action complémentaire n’est requise. Un grand merci à toutes les personnes qui ont envoyé des appels. Amnesty International continuera de suivre de près l’évolution de sa demande d’asile.