Etats-Unis Reginald Clemons ne doit pas être exécuté

Septembre 2010
Reginald Clemons a déjà passé 17 ans dans le couloir de la mort au Missouri. Il clame son innocence du crime pour lequel il a été condamné à mort en 1992.

Reginald Clemons © AI

Il avait reçu une date d’exécution en 2009 mais la Cour suprême de l’Etat du Missouri lui a accordé un sursis et a désigné un juge spécial pour examiner son cas après que ses avocats aient mis en doute le bien fondé de sa condamnation.

En 1992, quatre personnes sont arrêtées pour le meurtre de deux jeunes femmes blanches perpétré en 1991. Reginald Clemons avec deux autres jeunes Afro-américains sont jugés et condamnés à mort pour complicité de meurtre. L’un d’eux, Marlin Gray, a été exécuté en 2005, l’autre a vu sa peine commuée en peine de prison à vie. Daniel Winfrey, le seul Blanc impliqué dans l’affaire, avait plaidé coupable pour un délit moins grave en échange de son témoignage à charge contre les trois autres accusés, et est depuis sorti de prison.

La procédure et le procès de Reginald Clemons ont été gravement entachés par de nombreuses irrégularités et brutalités: violence policière qui l'a poussé à faire des fausses déclarations, manquement au droit à être représenté par un avocat, comportement du procureur si violent qu’il a été condamné à payer une amende. S’ajoutent des soupçons de motifs raciaux de la part des jurés, presque tous blancs et plus favorables à la peine capitale qu’un jury «moyen».

En 2002, toutes ces irrégularités ont poussé un juge fédéral à demander un nouveau procès ou une commutation en peine de réclusion pour Reginald Clemons. Les juges sont tombés d’accord sur le fait que Reginald Clemons avait été poursuivi par un procureur dont le comportement au procès avait été non-professionnel, injurieux et brutal. Ils ont malgré tout décidé que cette mauvaise conduite n’avait pas été préjudiciable à l’accusé.

Le Missouri devrait commuer la peine de mort de Reginald Clemons en s’appuyant sur l’un quelconque des aspects douteux de cette affaire: mauvaise conduite de la police et de l’accusation, défense inadéquate, exclusion abusive de jurés, discrimination raciale. Les autorités pourraient aussi simplement décider qu’il y a eu assez d’exécutions judiciaires au Missouri et que le temps est venu de mettre un terme à la peine capitale.