L'ancien employé de la NSA, Edward Snowden, s'est exprimé lors d'une vidéo-conférence au Conseil de l'Europe. © FREDERICK FLORIN/AFP/Getty Images
L'ancien employé de la NSA, Edward Snowden, s'est exprimé lors d'une vidéo-conférence au Conseil de l'Europe. © FREDERICK FLORIN/AFP/Getty Images

États-Unis/Royaume-Uni Défenseurs des droits humains probablement pris pour cible par des services du renseignement

11 avril 2014
Les dernières révélations d'Edward Snowden donnent à penser que des défenseurs des droits humains, y compris des salariés d'Amnesty International, ont très probablement été la cible d'une surveillance de masse de la part des services d'espionnage américains et britanniques.

L'ancien consultant des services du renseignement américains et lanceur d'alerte, qui vit en exil à Moscou, a tenu ces propos lors d'une vidéoconférence avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), organisée mardi 8 avril 2014, dans l'après-midi, à Strasbourg.

Lorsqu'on lui a demandé si l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) ou son équivalent britannique, le Quartier général des communications du gouvernement (GCHQ), espionnaient activement les organisations de défense des droits humains telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch, il a répondu : «Absolument, cela ne fait aucun doute [...]. La NSA a en fait visé spécifiquement les communications de dirigeants ou de membres du personnel de certaines organisations de défense des droits humains ou de la société civile.»

«Ces allégations, si elles sont fondées, confirmeraient nos craintes. Nous pensons depuis longtemps que des services du renseignement comme la NSA ou le GCHQ mènent des opérations de surveillance de masse contre les organisations de défense des droits humains, a déclaré Michael Bochenek, directeur général du programme Droit international et stratégie politique d'Amnesty International.

«Il est par conséquent fort possible que nos communications avec des sources confidentielles aient été interceptées. Le partage de ces informations avec d'autres États risque de mettre en danger des militants des droits humains dans le monde entier à très court terme. Ces préoccupations avaient été soulevées devant la Cour suprême des États-Unis, qui avait déclaré qu'elles n'étaient que “présumées”. Les dernières révélations de Snowden montrent qu'elles sont loin d'être hypothétiques et pourraient bien être une réalité.

«Il faut maintenant que soit pleinement divulguée, en toute transparence, l'ampleur de ces programmes de surveillance et que soient présentées les garanties juridiques solides mises en place pour empêcher que de telles opérations non ciblées n'aient de nouveau lieu.»