Scott Warren est poursuivi pour avoir fourni une aide humanitaire à Ajo, la ville où il habite, située dans une région désertique de l’Arizona. © Amnesty International
Scott Warren est poursuivi pour avoir fourni une aide humanitaire à Ajo, la ville où il habite, située dans une région désertique de l’Arizona. © Amnesty International

États-Unis Les autorités doivent cesser de criminaliser l'aide humanitaire

22 mai 2019
Le ministère américain de la Justice doit immédiatement abandonner toutes les charges pénales retenues contre le bénévole humanitaire Scott Warren et cesser de criminaliser l’aide humanitaire.

«Le gouvernement américain est légalement tenu de prévenir les décès arbitraires de migrants et de demandeurs d’asile dans les zones frontalières. Pourtant, les autorités détruisent volontairement des provisions destinées à l’aide humanitaire en terrain désertique mortel et engagent des poursuites pénales contre des bénévoles humanitaires en vue de les dissuader de sauver des vies», a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

Le gouvernement des États-Unis poursuit Scott Warren pour avoir «abrité» deux migrants sans papiers en leur fournissant une aide humanitaire sous forme de nourriture, d’eau et de vêtements propres, à Ajo, la ville où il habite, située dans une région désertique de l’Arizona. S’il est reconnu coupable des trois chefs d’inculpation retenus contre lui, il encourra jusqu’à 20 ans de prison. Son procès doit s’ouvrir le 29 mai.

Amnesty International a adressé une lettre ouverte aux autorités américaines dans le cadre de sa campagne internationale réclamant l’abandon des charges retenues contre Scott Warren.

L'aide humanitaire ne doit pas être criminalisée

«Fournir une aide humanitaire n’est jamais un crime. Si Scott Warren est déclaré coupable et emprisonné sur la base de ces charges absurdes, Amnesty International le considérera alors comme un prisonnier d’opinion, détenu en raison de ses activités bénévoles motivées par des principes humanitaires et ses croyances religieuses, a déclaré Erika Guevara-Rosas.

«Le gouvernement américain doit adopter et appliquer sans délai des exemptions de poursuites pénales pour les chefs d’inculpation de «trafic illicite» et d’«hébergement», lorsque les accusés ont fourni une aide humanitaire.» - Erika Guevara-Rosas

«Amnesty International s’est déjà opposée il y a 15 ans en Arizona à des poursuites pénales similaires engagées contre des bénévoles humanitaires et continuera de le faire aussi longtemps qu’il le faudra, jusqu’à ce que le gouvernement américain cesse enfin d’abuser de son pouvoir. Il doit adopter et appliquer sans délai des exemptions de poursuites pénales pour les chefs d’inculpation de «trafic illicite» et d’«hébergement», lorsque les accusés ont fourni une aide humanitaire.»

Il y a quelques temps en 2019, Scott Warren et huit autres bénévoles de l’association No More Deaths (No Mas Muertes en espagnol) ont été poursuivis pour les délits d’abandon de détritus et d’intrusion dans une propriété, précisément pour avoir laissé de l’eau et du matériel d’aide humanitaire dans les zones désertiques où des migrants meurent fréquemment.

L’Arizona possède la zone frontalière la plus meurtrière des États-Unis, totalisant 38,3% des 7'242 décès enregistrés à la frontière par les autorités américaines sur les 20 dernières années. Le nombre réel est probablement plus élevé: en effet, les organisations et les médias locaux comptabilisent parfois un nombre plus élevé de décès que les statistiques officielles et la police des frontières américaine n’enregistre ni ne récupère pas toujours les restes des corps qui lui sont signalés par des bénévoles.

Amnesty International est consciente que les activités bénévoles de Scott Warren et de l’organisation No More Deaths pour laquelle il travaille fournissent une aide humanitaire vitale dans le but de défendre le droit à la vie des migrants et des demandeurs d’asile et d’empêcher que d’autres ne périssent dans le désert de Sonora.

La campagne «LIBRE»

S’engager pour les droits humains devient toujours plus difficile et dangereux à travers le monde. Des lois qui répriment l’engagement de la société civile se multiplient. En Suisse aussi, des personnes qui, par solidarité, viennent en aide à des personnes sans papiers ou à des demandeuses et demandeurs d’asile débouté·e·s dans le besoin, sont sanctionnées. Les défenseur·e·s des droits humains mènent un travail essentiel pour une société libre et ouverte – engagez-vous avec nous pour que ces personnes courageuses soient libres de s’engager.

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