Manifestation à Philadelphie réclamant la fermeture des centres de détention à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. © Jana Shea/shutterstock.com
Manifestation à Philadelphie réclamant la fermeture des centres de détention à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. © Jana Shea/shutterstock.com

Action lettres Etats-Unis Les familles détenues par les services de l’immigration doivent être libérées

17 novembre 2020
Alors que le nombre de cas de COVID-19 flambe dans les centres de détention qui accueillent des familles, les services de l’immigration continuent de maintenir enfermées et de mettre en danger près de 90 familles qui sont venues aux États-Unis pour chercher la sécurité et échapper aux violences et aux persécutions dans leurs pays. L’une des familles a finalement été libérée, mais les autres demeurent détenues.

Le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) détient près de 90 familles dans trois établissements en Pennsylvanie et au Texas. Des cas de COVID-19 ont été confirmés en juin dans des centres de détention pour familles, y compris dans ceux où sont enfermées Ana, Victoria, Juana et Norma. Toutes les familles détenues sont gravement exposées au risque de contamination du fait de l’hygiène inadaptée et des soins médicaux insuffisants. L’ICE est habilité à libérer les familles ensemble et le faisait autrefois, mais choisit désormais de ne plus exercer cette autorité, si bien que des familles se retrouvent bloquées dans des centres de détention.

Aux termes du droit international, les États-Unis sont tenus de veiller à ce que les droits humains des migrants et des demandeurs d’asile soient respectés, protégés et concrétisés. Les autorités américaines sont aussi tenues de veiller à ce que les mineurs ne soient détenus que dans des circonstances exceptionnelles, et ce pendant la durée la plus courte possible. Les normes internationales, y compris les instruments auxquels les États-Unis sont partie, sont fortement défavorables à la détention pour des motifs liés à l'immigration. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) proclame clairement le droit de ne pas être détenu arbitrairement. La détention des demandeurs d’asile ne doit être qu’une mesure prise en dernier recours, lorsque les autres solutions non privatives de liberté se sont révélées ou ont été jugées insuffisantes dans le cas de la personne en cause.

Les familles doivent toutes être libérées ensemble immédiatement. Des personnes sont prêtes à les accueillir. Il n’y a aucune raison de ne pas libérer les enfants avec leurs parents. La solution alternative, c’est-à-dire séparer les familles en ne libérant que les enfants, est inacceptable. La séparation de la famille résultant de ce «choix» forcé viole de nombreux droits humains, notamment le droit à l’unité familiale et le droit à la liberté, ainsi que l’obligation d’accorder la priorité à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Plus d'informations sur les destins d'Ana, Vicoria, Juana et Norma, ainsi que sur la détention des autres familles et les possibilités d'action >