Manifestation contre la peine de mort devant la Cour suprême des États-Unis, le 17 janvier 2017, à Washington, D.C. © BRENDAN SMIALOWSKI/AFP via Getty Images
Manifestation contre la peine de mort devant la Cour suprême des États-Unis, le 17 janvier 2017, à Washington, D.C. © BRENDAN SMIALOWSKI/AFP via Getty Images

Action lettres États-Unis Trois exécutions dans les deux dernières semaines du mandat de Donald Trump

12 janvier 2021
Trois personnes condamnées en vertu du droit fédéral des États-Unis devaient être exécutées durant les dernières semaines du mandat de Donald Trump. L'une d'entre elles, Lisa Montgomery, a été exécutée le 13 janvier. Les autorités américaines ont repris les exécutions fédérales après une interruption de 17 ans et ont depuis procédé à un nombre d’injections létales sans précédent, à l’encontre de la tendance nationale et mondiale en faveur de l’abolition.

Mise à jour

Mauvaise nouvelle: comme le rapportent les médias américains, les deux hommes ont entre-temps été exécutés; Corey Johnson le 15 janvier et Dustin Higgins le 16 janvier. Cela signifie que l'administration du président sortant a procédé aux 13 exécutions fédérales programmées en sept mois - après une interruption de 17 ans.

L'action de lettres est donc terminée.

Le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, a toujours exprimé son opposition à la peine de mort et a déjà annoncé son intention de l'abolir au niveau fédéral.


Aux États-Unis, c'est la première fois depuis 1953 qu'une femme est exécutée par le système judiciaire fédéral américain. La condamnation à mort de Lisa Montgomery a été exécutée le 13 janvier au pénitencier fédéral de Terre-Haute, dans l'État de l'Indiana. Montgomery, qui a été condamnée pour le meurtre d'une femme enceinte, a été tuée par injection létale.

Un tribunal de l'État de l'Indiana avait suspendu l'exécution de la sentence en raison de doutes sur l'état mental de Montgomery. Cette suspension a toutefois été annulée un jour plus tard par la Cour d'appel, décision qui a été validée par la Cour suprême à Washington.

Deux autres personnes risquent d’être exécutés au cours des dernières semaines du mandat de Donald Trump: Corey Johnson, le 14 janvier, et Dustin Higgs, le 15 janvier. Leurs procès ont été marqués par le caractère arbitraire, l’insuffisance de l’assistance juridique, les préjugés racistes. Les condamnations à mort doivent être annulées. Amnesty International appelle le ministre de la Justice des États-Unis à cesser toutes les exécutions.

Depuis la reprise des exécutions fédérales en juillet 2020 après une interruption de 17 ans, le gouvernement de Donald Trump a fait exécuter huit hommes et a programmé cinq autres exécutions au cours des dernières semaines de son mandat, dont celle de la seule femme incarcérée dans le couloir de la mort fédéral. Si toutes ces exécutions ont lieu, il aura exécuté 13 personnes en sept mois. Ce nombre impressionnant est sans précédent, non seulement parce que trois exécutions fédérales au total avaient été réalisées au cours des plus de 40 années écoulées entre la reprise des exécutions aux États-Unis en 1977 et juin 2020, mais aussi parce qu’il représente plus de la moitié du total annuel des exécutions pour tout le pays au cours des deux dernières années (22 en 2019; 25 en 2018). C’est la première fois en plus de 130 ans que des exécutions fédérales sont autorisées en période de transition présidentielle aux États-Unis.

À ce jour, 142 pays ont aboli la peine capitale en droit ou dans la pratique. Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine capitale car elle constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie.

Plus d'informations sur les exécutions prévues et sur les possibilités d'action