Elections présidentielles au Guatemala Lettre aux candidat·e·s

4 septembre 2011
Dans le cadre des élections du 11 septembre 2011, Amnesty International s’engage avec une lettre ouverte à toutes et tous les candidat∙e∙s des élections présidentielles et fait part de ses préoccupations quant à la situation des droits humains au Guatemala. Amnesty International exige du futur président / de la future présidente qu’il/elle s’engage à respecter et à protéger les droits humains.

Vous trouverez la lettre ouverte en anglais et en espagnol. Elle comprend les points suivants :

L’impunité :

Le nouveau président/la nouvelle présidente doit enquêter sur les crimes contre l’humanité et les autres violations des droits humains commises pendant la guerre civile, et traduire les coupables en justice. A ce jour, la grande majorité des 200'000 victimes et leurs familles n’ont reçu aucune reconnaissance des crimes commis contre eux et aucune réparation de la part de l’Etat. Dans une poignée de cas seulement, les coupables ont été traduits en justice.

Politique de sécurité :

Chaque année, le Guatemala est la scène de milliers de meurtres et d’autres actes de violences. Il en va du devoir du nouveau gouvernement d’améliorer la sécurité civile en plaçant le respect des droits humains au centre de la politique de sécurité. Amnesty International rappelle aux candidat∙e∙s que le Rapporteur spécial de l’Onu sur les exécutions extrajudiciaires a affirmé lors de sa dernière visite : « Le Guatemala est un bon endroit pour commettre des meurtres car il est presque sûr à cent pour cent que ces crimes ne soient ni enquêtés ni punis. »

La violence contre les femmes:

Amnesty International attend du nouveau gouvernement que les actes de violence contre les femmes fassent l’objet d’enquêtes, que les victimes soient protégées et que les auteurs soient punis. Selon les rapports de la police, près de 700 femmes ont été assassinées en 2010, et seulement de très rares cas ont vu les auteurs traduits en justice. Le climat d'impunité autour des meurtres de femmes et d’autres violences contre les femmes persiste. Le gouvernement doit avoir comme priorité la sensibilisation et l'efficacité dans les enquêtes concernant la violence contre les femmes pour la formation du personnel de police et pour le système judiciaire.

Expulsions forcées :

Les expulsions forcées souvent menées dans la violence constituent un problème important lié à la question agraire. Les communautés autochtones sont celles qui souffrent le plus du manque de protection du gouvernement et du manque de volonté de réforme de la législation agraire. Amnesty International a, dans plusieurs cas, exigé l'arrêt immédiat des expulsions forcées ainsi qu'une politique agraire juste.

Défenseur∙e∙s des droits humains:

Ces dernières années, les défenseur∙e∙s des droits humains ont été mis.e.s en danger par des attaques, des menaces de mort et des intimidations dans le but de les empêcher de travailler. En 2010, les organisations locales de droits humains ont rapporté que les défenseur∙e∙s des droits humains ont été la cible de plus de 305 menaces et agressions. La grande majorité de ces agressions n'ont jamais fait l’objet d’enquête. Les personnes qui défendent les droits économiques, sociaux et culturels sont particulièrement à risque - notamment dans le contexte de conflits fonciers, de projets miniers et de conflits de travail. Le nouveau gouvernement doit assurer la protection des défenseur∙e∙s des droits humains.

Les accords internationaux :

Amnesty International exige du nouveau gouvernement qu’il respecte les engagements pris par le Guatemala en tant que signataire de traités internationaux relatifs aux droits humains. En particulier, le gouvernement doit prendre au sérieux les arrêts de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et mettre en œuvre ses recommandations. En outre, la ratification du Statut de Rome doit être définie comme un objectif prioritaire.