Depuis le mois d'avril, au moins 60 personnes ont été déclarées mortes, 1000 ont été blessées et des dirigeants de l'opposition ont été arrêtés dans le contexte de la crise politique au Venezuela. © Getty Images/RONALDO SCHEMIDT
Depuis le mois d'avril, au moins 60 personnes ont été déclarées mortes, 1000 ont été blessées et des dirigeants de l'opposition ont été arrêtés dans le contexte de la crise politique au Venezuela. © Getty Images/RONALDO SCHEMIDT

Venezuela Le gouvernement s’en prend aux élus de l’opposition

15 août 2017
L’arrestation de quatre membres de l’opposition au Venezuela, la révocation de 11 autres et les mandats d’arrêt décernés contre cinq autres encore témoignent de l’étau que le gouvernement de Maduro resserre sur toute forme de dissidence, exerçant une répression toujours plus forte.

«En démettant de leurs fonctions, sans aucune raison légitime, des responsables de l’opposition, le gouvernement Maduro franchit la ligne jaune, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

«Le système judiciaire ne devrait jamais être utilisé à mauvais escient pour réduire au silence l’opposition et, en particulier, les personnes titulaires d’un mandat électoral.

«Ils s’en sont d’abord pris à celles et ceux qui sont descendus dans la rue, maintenant à celles et ceux qui les représentent au pouvoir. Jusqu’où le gouvernement vénézuélien est-il prêt à aller pour faire taire ceux qui ont une opinion différente ? La réponse à cette question nous inquiète profondément», a déclaré Erika Guevara-Rosas.

«Selon toute apparence, le fait de remporter une élection et celui d’appartenir à un parti opposé au gouvernement sont des motifs suffisants pour vous envoyer en prison au Venezuela.

«Les autorités doivent cesser de tenter de réduire au silence les personnes qui ne font qu’attirer une attention essentielle sur la crise des droits humains que traverse leur pays.» - Erika Guevara-Rosas

Les autorités doivent cesser immédiatement de tenter de réduire au silence les personnes qui ne font qu’attirer une attention pourtant essentielle sur la crise des droits humains que traverse leur pays.

«L’idée selon laquelle une commission vérité établie par les autorités pourrait enquêter en toute impartialité sur les atteintes aux droits fondamentaux dont le gouvernement Maduro dément catégoriquement être responsable, est tout simplement absurde.»

Deux dirigeants de l'opposition arrêtés

L'arrestation de deux dirigeants de l'opposition à Caracas, tard dans la nuit du 31 juillet, montre que le gouvernement du président Maduro cherche absolument à faire taire tous ceux qui le critiquent alors que la crise humanitaire et politique a amené le pays au bord de la rupture.

«Le gouvernement du président Maduro adresse un message terrifiant à la population du Venezuela : aucune forme de dissidence n'est tolérée», a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

En pleine nuit, des agents du service de renseignement vénézuélien ont appréhendé Leopoldo López, dirigeant du parti d'opposition Voluntad Popular, et Antonio Ledezma, maire de Caracas, à leur domicile sans mandat d'arrêt. Les deux hommes avaient été transférés à leur domicile en résidence surveillée pour des raisons de santé.

«Les autorités du Venezuela ne doivent pas perdre davantage de temps: elles doivent radicalement changer de direction en ce qui concerne leur attitude quant à la liberté d'expression. Faute de cela, la situation va devenir effrayante.»

Leopoldo López, qui est un prisonnier d'opinion, purgeait une peine prononcée contre lui pour incitation à la violence lors des manifestations antigouvernementales de 2014, et Antonio Ledezma avait été arrêté en 2015 pour conspiration.

«Le gouvernement vénézuélien doit veiller à ce que les deux hommes aient pleinement accès à leurs avocats et à ce que toutes les garanties prévues par la loi soient respectées dans ces deux affaires.»