Phuon Keorasmey et Thun Ratha sont deux des six défenseur·e·s de l’environnement qui doivent être libéré·e·s immédiatement. © Mother Nature Cambodia
Phuon Keorasmey et Thun Ratha sont deux des six défenseur·e·s de l’environnement qui doivent être libéré·e·s immédiatement. © Mother Nature Cambodia

Action de lettres / Cambodge Des mesures de répression visent de jeunes défenseur·e·s de l’environnement

5 juillet 2021
Six jeunes défenseur·e·s de l’environnement ont été injustement emprisonné·e·s pour leur militantisme en faveur de l’environnement et des droits humains. Au Cambodge, les défenseur·e·s de l’environnement sont la cible de menaces et de mesures de répression d’entreprises privées et des autorités à titre de représailles pour leurs actions de protection de l’environnement, de plaidoyer en faveur de la justice climatique et de promotion des droits des populations autochtones.

Six militant·e·s du groupe de défense de l'environnement Mother Nature Cambodia sont emprisonné·e·s pour leur engagement contre la destruction de l’environnement et les atteintes aux droits humains qui en découlent.

Long Kunthea (22 ans), Phuon Keoraksmey (19 ans) et Thun Ratha (29 ans) sont emprisonné·e·s à Phnom Penh depuis leur arrestation arbitraire en septembre 2020, après avoir annoncé publiquement qu’ils et elles allaient organiser une marche pacifique contre le projet du gouvernement consistant à combler et privatiser un grand lac dans la capitale, Phnom Penh. En mai 2021, les trois militant·e·s ont été condamné·e·s à des peines allant de 18 à 20 mois de prison.

Sun Ratha (26 ans), Ly Chandaravuth (22 Ans) et Yim Leanghy (32 ans) ont été arrêté·e·s le 16 juin 2021 alors que deux d’entre elles et eux enquêtaient sur la pollution de la rivière Tonle Sap, à Phnom Penh. Sun Ratha et Yim Leanghy ont été inculpé·e·s à la fois de «complot» et d’«outrage envers le roi», infractions passibles respectivement d’une peine maximale de 10 ans et cinq ans d’emprisonnement. Ly Chandaravuth, pour sa part, a été inculpé de «complot». Les trois militant·e·s ont été placé·e·s en détention provisoire.

Ces six jeunes militant·e·s sont actuellement détenu·e·s dans des cellules surpeuplées, des conditions qui menacent leurs droits humains, leur santé et leur sécurité. Amnesty International a fait part à plusieurs reprises de ses préoccupations quant à la surpopulation, les mauvaises conditions et les atteintes aux droits humains dans les prisons cambodgiennes. L’organisation a récemment émis des inquiétudes quant à des épidémies de COVID-19 dans de nombreuses prisons, ce qui ajoute une menace supplémentaire pour tou·te·s les détenu·e·s.


Agissez maintenant!
Écrivez une lettre au Premier ministre Hun Sen et demandez-lui de libérer les six militant·e·s. Plus d'informations sur notre page Actions urgentes.

Complément d'information

Les six activistes sont affilié·e·s au groupe de défense de l’environnement Mother Nature Cambodia, un groupe militant de premier plan qui a remporté plusieurs grandes victoires environnementales. S’appuyant à la fois sur la mobilisation des habitant·e·s, l’action directe et la sensibilisation de la population, ce groupe a convaincu en 2015 les autorités cambodgiennes de renoncer à leur projet de construction d’un grand barrage hydroélectrique dans la vallée d’Areng, projet qui menaçait gravement les populations autochtones locales.

En 2016, Mother Nature Cambodia a dénoncé la destruction généralisée de l’environnement et les violations des droits humains liées à l’extraction et à l’exportation de sable depuis les zones côtières du Cambodge, et a obtenu une autre grande victoire: l’annonce par le gouvernement cambodgien de l’interdiction totale d’exporter du sable côtier.

Les militant·e·s de Mother Nature Cambodia ont dû faire face à une longue liste d’actes de répression ces dernières années, beaucoup étant arbitrairement poursuivi·e·s et incarcéré·e·s. Plusieurs ont été emprisonné·e·s pour «incitation», une accusation pénale infondée. Le groupe a été accusé de «semer le chaos dans la société» et qualifié d’«illégal» par le ministère de l’Intérieur cambodgien, au motif qu’il n’était pas enregistré au titre de la tristement célèbre Loi sur les ONG.