Chine Trois ans de prison pour le neveu d'un avocat en exil

3 décembre 2012
Chen Kegui, neveu de l’avocat aveugle en exil Chen Guangcheng, aurait été condamné à une peine de trois ans et trois mois de prison par un tribunal de Shangdong, dans l’est de la Chine.

Chen Kegui a comparu pour «blessures volontaires», une infraction passible de moins de trois ans de prison, ou de trois à 10 ans dans les cas les plus graves.

Chen Kegui avait été interpellé le 30 avril 2012, après avoir pris la fuite, craignant pour sa sécurité, lors d’une violente descente effectuée par les autorités locales au domicile de ses parents, le 26 avril 2012.

«Sa condamnation à la prison pour un acte que beaucoup considèrent comme de la légitime défense ressemble à s’y méprendre à des représailles pour la fuite de son oncle», a déclaré Roseann Rife, directrice d’Amnesty International pour l’Asie orientale.

Cette descente a eu lieu quelques jours seulement après que l’oncle de Chen Kegui, le défenseur des droits humains Chen Guangcheng, se soit échappé de chez lui, où il était assigné à résidence illégalement. Une vingtaine d'individus en civil ont pénétré au domicile des parents de Chen Kegui, sans présenter de pièces d'identité ni de mandat de perquisition. D'après les personnes présentes, Chen Kegui a saisi un couteau pour se défendre et a blessé plusieurs agents avant de s'enfuir. Sa famille, qui a été témoin de la scène, affirme que Chen a agi en situation de légitime défense. Le 9 mai 2012, ses proches ont été avisé qu’il avait été arrêté parce qu’il était soupçonné d'«homicide volontaire». Cependant, en octobre, lorsque la police a soumis l’affaire au ministère public, l’infraction a été requalifiée en «blessures volontaires».

Procès inéquitable

Ses proches n’ont pas eu de ses nouvelles depuis qu’il a été arrêté le 30 avril 2012, et n'ont reçu aucune information sur la manière dont il est traité ni sur son état de santé. Ils n’ont été avertis du procès que quelques heures avant son ouverture. Ils n'ont pas été appelés à témoigner ni autorisés à assister à l’audience.

Durant son procès, Chen Kegui était représenté par un avocat commis d’office. Les avocats choisis par sa famille n'ont pas pu le rencontrer depuis qu’il a été arrêté.

Privé du droit de désigner l’avocat de son choix, Chen Kegui n’a sans doute pas pu défendre son dossier efficacement et on ignore s’il a été autorisé à interjeter appel.

Roseann Rife, directrice d’Amnesty International pour l’Asie orientale, a déclaré :

«Chen Kegui a été jugé le 30 novembre par le même tribunal qui, en 2006, avait condamné son oncle Chen Guangcheng à la prison sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces. La famille a depuis enduré toute une série d’atteintes aux droits humains perpétrées par les autorités locales. Malgré leurs promesses d’enquêter sur ces agissements, les autorités centrales n’ont rien fait.

«La sentence est accablante. Il est clair que Chen Kegui n’a pas bénéficié d’un procès équitable. Sa condamnation à la prison pour un acte que beaucoup considèrent comme de la légitime défense ressemble à s’y méprendre à des représailles pour la fuite de son oncle.»

Après sa libération en septembre 2010, l’oncle de Chen Kegui, Chen Guangcheng et sa famille proche ont été illégalement placés en résidence surveillée, jusqu’à son audacieuse évasion. Chen Guangcheng fait actuellement des études aux États-Unis, où il vit avec sa femme, Yuan Weijing, et leurs enfants.

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