Inde Relâchez Soni Sori à l’occasion de la Journée internationale des femmes!

7 mars 2012
Les autorités indiennes doivent libérer Soni Sori, militante et enseignante qui est actuellement emprisonnée pour avoir dénoncé des atteintes aux droits fondamentaux,

 

196_inde.jpg Soni Sori a été arrêtée en octobre 2011 pour avoir dénoncé des violations des droits humains. © Garima Jain/Tehelka

Amnesty International lance un appel pour sa libération à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2012.

Cette femme, considérée comme une prisonnière d’opinion par l’organisation, a été arrêtée après avoir accusé les maoïstes et les forces de l’État d’avoir commis des violations des droits humains lors de l’insurrection armée menée dans le centre de l’Inde.

Le père de Soni Sori a été blessé à la jambe par un tir des maoïstes, et son époux, inculpé de collaboration avec le groupe de gauche, est derrière les barreaux depuis un an.

«Lors de la Journée internationale de la femme, les pouvoirs publics indiens devraient rendre hommage à l’action de femmes courageuses, comme Soni Sori, qui osent prendre la défense des droits humains», a expliqué Ramesh Gopalakrishnan, chargé de recherches sur l’Inde à Amnesty International.

Des militants soutiennent Soni Sori en vidéo

Des militants indiens ont critiqué le traitement réservé à Soni Sori par les autorités. En collaboration avec Amnesty International, ils ont lancé une campagne vidéo où l’on peut voir certains d’entre eux arborant des guirlandes symboliques et des pancartes où est inscrit le mot «Honteux».

«Les militants indiens envoient un message clair au gouvernement, a déclaré Ramesh Gopalakrishnan: «Le traitement réservé à Soni Sori est honteux, c’est pourquoi nous arborons ces guirlandes de la honte».»

Torturée en prison par les policiers

Interpellée le 4 octobre 2011 à New Delhi, Soni Sori a été inculpée par la police de l’État du Chhattisgarh d’avoir servi d’intermédiaire et transféré 1,5 million de roupies indiennes (un peu plus de 22 500 euros) entre une société minière, Essar, et les maoïstes, cette somme ayant été versée par Essar pour que les maoïstes n’entravent pas les opérations d’exploitation minière de la société. Elle doit être jugée le 13 mars 2012 avec cinq autres prévenus, dont son neveu Lingaram Kodopi.

Après avoir été arrêtée, Soni Sori a été placée en garde à vue pendant deux jours, les 8 et 9 octobre 2011, au cours desquels elle a été soumise à un interrogatoire intensif. Dans une lettre adressée à la Cour suprême d’Inde, Soni Sori a affirmé qu’elle avait été torturée.

Elle a indiqué qu’un policier l’avait sortie par la force de sa cellule, l’avait déshabillée et lui avait infligé des décharges électriques, responsables de douleurs aigües dans toutes les parties de son corps, notamment la tête et la colonne vertébrale.

Lorsqu’elle a comparu devant le tribunal de Dantewada le 10 octobre 2011, elle ne pouvait pas marcher.

Le 29 octobre 2011, elle a été examinée à l’hôpital universitaire public de Kolkata sur décision judiciaire. Le rapport médical remis le 14 novembre 2011 a révélé que deux pierres avaient été introduites dans son vagin et une autre dans son rectum et qu’elle présentait des déchirures annulaires au niveau de la colonne vertébrale.

Le 2 décembre 2011, le tribunal a demandé aux autorités du Chhattisgarh de répondre des accusations de torture et a ordonné que Soni Sori quitte l’établissement pénitentiaire de Jagdalpur pour être transférée à la prison centrale de Raipur, où elle est toujours détenue.

«Soni Sori doit être remise en liberté sans condition, et une enquête indépendante doit être ouverte sur ces allégations de torture. Il faut que les policiers à l’origine de ces sévices, y compris ceux au plus haut niveau de la chaîne de commandement, soient poursuivis en justice, conformément au droit international», a affirmé Ramesh Gopalakrishnan.

Un commanditaire présumé des actes de torture décoré

Pendant ce temps, un haut gradé de la police du Chhattisgarh, accusé par Soni Sori d’avoir ordonné les actes de torture qu’elle aurait subies pendant son interrogatoire, a été décoré pour bravoure par les autorités.

«Décerner une décoration pour bravoure à des personnes qui devraient faire l’objet d’une enquête est offensant», a déclaré Ramesh Gopalakrishnan.

Soni Sori appartient aux adivasis (aborigènes) et soutient la contestation pacifique, prônée par Ghandi. L’affaire la concernant sera de nouveau examinée fin mars 2012.