Une employée de maison en Indonésie. © AI
Une employée de maison en Indonésie. © AI

Indonésie Une protection juridique pour les employé·e·s de maison doit être promue

17 juin 2011
Le soutien de l’Indonésie à une convention internationale relative aux employé·e·s de maison doit être suivi de la promulgation d’une loi connexe en Indonésie. Amnesty International s’est félicitée de l’adoption de la convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’appui de l’Indonésie à cet instrument essentiel.

Cependant, cet engagement doit mener à l’adoption d’une législation nationale protégeant les employé·e·s de maison, dont on estime le nombre à 2,6 millions en Indonésie. Ces personnes, qui sont majoritairement des femmes et des jeunes filles, sont particulièrement exposées aux violences car elles ne sont pas totalement protégées par la loi garantissant les droits des travailleurs.

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, qui assistait à la Conférence internationale du travail du 16 juin 2011, avait déjà exprimé l’intention de son pays de se prononcer en faveur de la Convention.

Ce traité oblige les pays pourvoyeurs de main-d’œuvre comme l’Indonésie à veiller à ce que les droits humains de leurs ressortissant·e·s qui travaillent en tant qu’employé·e·s de maison à l’étranger soient efficacement protégé·e·s. Cet État doit s’assurer que tous les protocoles d’accord conclus avec des pays hôtes comme la Malaisie et l’Arabie saoudite respectent les normes établies par la convention de l’OIT et les autres instruments internationaux relatifs aux droits humains.

Aucune protection juridique adaptée

Amnesty International et d’autres groupes de la société civile appellent de longue date à la promulgation d’une législation particulière régissant les droits des employé·e·s de maison en Indonésie. En effet, il n’existe pas de mécanismes spécifiques de suivi et de protection de ces droits. La législation nationale actuelle –en particulier la Loi de 2003 relative au travail– discrimine les employé·e·s de maison en ne leur accordant pas la même protection qu’aux autres travailleurs.

En l’absence d’une protection juridique adaptée, les employé·e·s de maison sont souvent exploité·e·s du point de vue économique et privé·e·s de leurs droits à des conditions de travail équitables, à la santé, à l’éducation, à un niveau de vie suffisant et à la liberté de circulation. Par conséquent, ils et elles vivent et travaillent souvent dans des conditions délétères et sont régulièrement soumis·e·s à des violences physiques, psychologiques et sexuelles. Par ailleurs, les femmes et les jeunes filles travaillant comme employées de maison se heurtent à des obstacles considérables qui les empêchent de bénéficier des soins de santé sexuelle et génésique dont elles ont besoin, notamment d’avoir accès aux informations et services relatifs au planning familial, aux contraceptifs et à la prévention du VIH/sida et des autres infections sexuellement transmissibles.

Un projet de loi relatif à la protection des employé·e·s de maison a déjà figuré à deux reprises à l’ordre du jour des instances législatives –d’abord en 2010, puis en 2011. Cependant, des différends non résolus entre partis politiques ont fait stagner le texte.