L'ancien boxeur Iwao Hakamada a passé 46 ans dans le couloir de la mort. © AFP/Getty Images
L'ancien boxeur Iwao Hakamada a passé 46 ans dans le couloir de la mort. © AFP/Getty Images

Japon Le ministère public fait appel contre la libération du plus vieux condamné à mort

31 mars 2014
La décision du ministère public d’interjeter appel de la décision de rejuger le condamné à mort Iwao Hakamada ne fera qu’ajouter aux décennies de torture psychologique auxquelles il a déjà été soumis, a déclaré Amnesty International.

Âgé de 78 ans, Iwao Hakamada a passé plus de 45 ans dans le quartier des condamnés à mort avant que, jeudi dernier, un tribunal ne décide qu’il soit rejugé et remis en liberté. «Pendant 46 ans, Iwao Hakamada a vécu sous la menace constante d’une exécution, ne sachant pas d’un jour à l’autre s’il allait mourir, a déclaré Roseann Rife, responsable des recherches sur l’Asie de l’Est à Amnesty International. Cet appel ne fera qu’ajouter à sa souffrance.»

L’appel a été interjeté auprès de la haute cour de Tokyo lundi 31 mars, et deux ans pourraient s’écouler avant que cette instance ne se prononce. «La décision des procureurs pourrait priver un homme âgé du nouveau procès auquel, de toute évidence, il a droit. L’objectif semble être de prolonger les choses alors même que le temps presse pour Iwao Hakamada.»

«Le dossier de l’accusation a été discrédité par la décision de justice du jeudi 27 mars, et des questions se posent aujourd’hui sur les raisons de l’appel qui vient d’être formé.»

 


 

Complément d’information

Iwao Hakamada a été condamné à mort en 1968 et il était jusqu’au 27 mars le prisonnier se trouvant depuis le plus longtemps au monde dans un quartier des condamnés à mort. Il avait été reconnu coupable, à l’issue d’un procès inique, du meurtre de son employeur et de sa famille.

Jeudi 27 mars, le tribunal de district de Shizuoka a fait droit à la dernière requête d’Iwao Hakamada pour la tenue d’un nouveau procès et a ordonné sa libération immédiate.

Une tentative du ministère public de bloquer la libération d’Iwao Hakamada avait alors échoué et il avait quitté un centre de détention à Tokyo jeudi après-midi. Depuis sa libération, Iwao Hakamada s’est rendu dans un hôpital à Tokyo pour y recevoir des soins.