Une action de solidarité avec les déplacés au Sri Lanka était organisée à Berne, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant. © Valérie Chételat
Une action de solidarité avec les déplacés au Sri Lanka était organisée à Berne, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant. © Valérie Chételat

20 novembre - Journée internationale des droits de l'enfant Sri Lanka: la liberté plutôt que des barbelés pour 30'000 enfants dans les camps

A l’occasion du vingtième anniversaire de la Journée internationale des droits de l’enfant, Amnesty International a rappelé par une action publique le sort de plus de 30'000 enfants qui sont enfermés dans des camps de réfugiés depuis des mois au Sri Lanka, dans des conditions extrêmement précaires. Les militants de l’organisation de défense des droits humains, en collaboration avec des familles tamoules, ont distribué à Berne des autocollants avec l’inscription « Ouvrez les camps!» en tamoul. Les autorités sri-lankaises doivent tenir leur promesse de fermer les camps à la fin de la guerre civile et de laisser les 150'000 personnes déplacées rentrer dans leurs villages.

Plus de 30'000 enfants vivent depuis des mois derrière des barbelés au Sri Lanka. Ils sont détenus avec leurs familles dans 41 camps, parce que les autorités sri-lankaises soupçonnent toutes ces personnes d’avoir collaboré avec les Tigres tamouls. Un cauchemar qui a déjà duré des décennies se poursuit ainsi pour des enfants et des civils innocents: durant le conflit sanglant entre le gouvernement et les Tigres tamouls, bon nombre d’entre eux avaient déjà dû prendre la fuite à plusieurs reprises et perdu des membres de leur famille et des amis.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a lui-même visité les camps de réfugiés en mai dernier et a déclaré qu’il avait visité des lieux semblables tout autour du globe mais que nulle part ailleurs les conditions n’étaient aussi effroyables. Depuis lors, la situation des déplacés ne s’est guère améliorée, même si le gouvernement a déclaré le 21 mai 2009 que les camps seraient fermés dans les six mois.

Lors d’une action publique le 19 novembre 2009, à l’occasion du vingtième anniversaire de la Journée internationale des droits de l’enfant, Amnesty International veut rappeler sa promesse au gouvernement. Des militants de l’organisation de défense des droits humains, en collaboration avec des familles tamoules dont des proches ou des connaissances sont souvent aussi détenues dans des camps de réfugiés, ont distribué à Berne des autocollants avec l’inscription «Ouvrez les camps!» en tamoul. Bien que ces derniers temps quelques milliers de personnes aient été relocalisées, la liberté de mouvement des personnes dé-placées n’est pas garantie. Après leur libération d’un camp, de nombreuses personnes ont été détenues par des autorités locales dans des lieux de détention illégaux (comme des écoles fermées), parce qu’elles étaient soupçonnées d’avoir travaillé pour les Tigres tamouls. Amnesty International exige un calendrier clair pour la fermeture des camps, de façon à ce que les 150'000 déplacés puissent rentrer chez eux en tout sécurité.

Amnesty International exige qu’aucun réfugié ne soit empêché de quitter les camps. Comme le CICR n’a pas accès aux camps depuis juillet 2009, de nombreuses personnes déplacées sont encore à la recherche de proches qu’ils ont perdus de vue lors de la guerre civile. Cela vaut en particulier pour des enfants qui se retrouvent sans accompagnant.

Les organisations humanitaires de l’ONU, les organisations de défense des droits humains et les médias doivent recevoir immédiatement un accès sans restriction aux camps. Jusqu’à aujourd’hui, les journalistes ne peuvent visiter les camps que sous supervision militaire stricte. Avec le blocage de l’information, le risque augmente que les personnes détenues dans les camps soient victimes de disparitions forcées, de détention arbitraire ou de violence sexuelle.

Communiqué de presse publié le 19 novembre 2009, Berne / Lausanne.
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