Depuis qu’elles ont saisi le pouvoir lors d’un coup d’État en 2014, les autorités militaires thaïlandaises ont permis à une culture de la torture et de mauvais traitements de se développer dans tout le pays. © Amnesty International
Depuis qu’elles ont saisi le pouvoir lors d’un coup d’État en 2014, les autorités militaires thaïlandaises ont permis à une culture de la torture et de mauvais traitements de se développer dans tout le pays. © Amnesty International

Thaïlande Les victimes de la torture doivent pouvoir se faire entendre

28 septembre 2016
Les autorités thaïlandaises ont interrompu à Bangkok la conférence de presse d’Amnesty International qui devait dénoncer le recours à la torture dans le pays. Ce n’est pas en réduisant au silence les militants qui dénoncent les violations des droits humains que l’on résoudra le problème de la torture et des mauvais traitements en Thaïlande.

Le 28 septembre à Bangkok, les autorités thaïlandaises ont empêché Amnesty International de procéder au lancement de son nouveau rapport «Make Him Speak by Tomorrow: Torture and Other Ill-Treatment in Thailand» (Faites le parler d’ici demain : Torture et autres mauvais traitements en Thaïlande). Ce document détaille des cas de torture et de mauvais traitement commis par des soldats ou des policiers contre des personnes suspectées d’insurrection, contre des opposants au gouvernement et contre toute une palette d’individus, comme de possibles toxicomanes vulnérables ou des représentants de minorités.

Défenseurs des droits humains menacés d'arrestation

«Les autorités thaïes feraient mieux de s’attaquer au problème de la torture qu’aux défenseurs des droits humains effectuant leur légitime travail. Plutôt que de nous menacer d’arrestation et de poursuites, elles feraient mieux de traduire les tortionnaires en justice. Il est effrayant de voir que l’on puisse criminaliser le fait de dénoncer les violations des droits humains, alors que la torture se perpétue en toute impunité», a déclaré Minar Pimple, Directeur des opérations globales chez Amnesty International.

Amnesty International devait lancer son rapport sur la torture et les mauvais traitements en Thaïlande lors d’une conférence de presse à Bangkok le matin du 28 septembre 2016, lorsque les autorités sont intervenues et en ont ordonné l’arrêt immédiat.

Démarche transparente

«On nous a dit que l’événement ne pouvait avoir lieu. Les autorités ont affirmé ne pas clore la conférence de presse elle-même, mais ont prévenu que si des représentants d’Amnesty International prenaient la parole ils pourraient être arrêtés et poursuivi sur la base de la loi thaïlandaise sur le travail» a déclaré Minar Pimple. «Nous n’avons pas été avertis à l’avance. Nous avons approché les autorités thaïlandaises de manière constructive dès le début de notre travail sur la torture et les mauvais traitements dans le pays. Avant de venir en Thaïlande pour le lancement du rapport, nous avons partagé les résultats de nos recherches avec les autorités, notamment en écrivant au Premier Ministre et à d’autres ministres importants.» Amnesty International vas continuer à mener des enquêtes, à documenter des dossiers et à mener des campagnes contre la torture dans le monde entier, y compris en Thaïlande.