Lettre contre l'oubli: Jabbar Savalan Justice pour Jabbar Savalan

L’étudiant en histoire Jabbar Savalan purge actuellement une peine de deux ans et demi d’emprisonnement en Azerbaïdjan en raison de ses activités militantes pacifiques contre le gouvernement, et notamment à cause de commentaires qu’il a publiés sur le site Internet Facebook.

196_jabbar.jpg Jabbar Savalan. © DR

Membre actif du Parti du front populaire d’Azerbaïdjan (APFP), un parti d’opposition, Jabbar Savalan a été arrêté après avoir publié sur Facebook une copie d’un article critiquant le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev. L’article, qui qualifiait le président de joueur compulsif et corrompu, avait initialement été publié dans un journal turc.

Le 4 février 2011, Jabbar Savalan a utilisé Facebook pour appeler à une «Journée de colère», inspirée des mouvements de protestation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le lendemain, il a informé sa famille qu’il avait été suivi par des inconnus.

Jabbar Savalan a été arrêté le 5 février au soir, alors qu’il rentrait chez lui après une réunion de l’APFP, à Sumgaït. Il a été appréhendé et a dû monter dans un véhicule de police sans la moindre explication et sans être informé de ses droits. Il était alors âgé de 19 ans.

Il a été interrogé pendant deux jours sans la présence d’un avocat. Lorsqu’il a finalement rencontré son avocat, le 7 février, Jabbar Savalan a déclaré que la police l’avait giflé et menacé jusqu’à ce qu’il signe des «aveux».

La police affirme avoir trouvé 0,74 gramme de marijuana dans la poche extérieure de la veste de Jabbar Savalan. Selon le jeune homme, ce sont les policiers qui auraient placé la drogue sur lui. Des analyses de sang ultérieures n’ont révélé aucune trace de stupéfiants et la famille, les amis et les camarades de classe de Jabbar Savalan ont affirmé à Amnesty International qu’il n’avait jamais consommé de drogue.

Jabbar Savalan a été inculpé le 4 mai 2011 de détention de substances illicites destinées à la consommation personnelle. Il a été condamné à deux ans et demi de prison et sa peine arrivera à son terme en août 2013.

Amnesty International a recensé des cas similaires dans lesquels la police aurait trouvé de la drogue sur des personnes se montrant particulièrement critiques à l’égard du gouvernement azerbaïdjanais. C’est notamment le cas pour Eynulla Fatullayev et Sakit Zahidov, condamnés respectivement à deux ans et demi et trois ans de prison.


Revendications de l'action terminée

 

Monsieur le Président,

Je vous écris à propos de Jabbar Savalan qui purge actuellement une peine de deux ans et demi d’emprisonnement en raison de ses activités militantes contre le gouvernement. Amnesty International considère Jabbar Savalan comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression.

Le 4 février, Jabbar Savalan postait un message sur Facebook appelant à manifester contre le gouvernement. Le jour d’après, il était arrêté sans la moindre explication puis inculpé de détention de substances illicites destinées à la consommation personnelle. Amnesty International pense que ces accusations de détention de stupéfiants ont été fabriquées de toutes pièces.

Pour ces raisons, je vous demande instamment

  • de libérer immédiatement et sans condition Jabbar Savalan;
  • qu’une enquête impartiale soit menée dans les plus brefs délais au sujet des allégations selon lesquelles la police aurait dissimulé des preuves sur Jabbar Savalan.

Dans cette attente, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de ma plus haute considération.

Cette lettre fait partie des Lettres contre l’oubli de décembre 2011. | Retour au sommaire des Lettres contre l’oubli Télécharger le fichier Word S'inscrire pour recevoir un e-mail chaque mois avec les nouvelles lettres