Azerbaïdjan Pourquoi Rihanna et Shakira ne devraient pas chanter à Bakou

5 octobre 2012
Rihanna et Shakira, artistes très populaires, ne sauraient ignorer les atteintes aux droits humains infligées à la population azerbaïdjanaise avant d’aller se produire dans la capitale du pays, ont déclaré Amnesty International et Chanter pour la démocratie .

Les deux chanteuses se produisent en octobre 2012 à l’occasion de la Coupe du monde Féminine de la FIFA U-17, qui se déroule actuellement à Bakou.

Dans une lettre conjointe, les deux organisations ont attiré l’attention sur la situation des droits humains et la liberté d’expression en Azerbaïdjan.

Elles ont également informé Rihanna et Shakira de l’homicide non résolu du journaliste Elmar Housseïnov, assassiné en 2005, et des multiples arrestations et persécutions ciblant des journalistes, des blogueurs et des militants politiques.

Signée par John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International, et par Rasul Jafaro, coordonnateur de Chanter pour la démocratie, cette lettre dénonce l’interdiction des manifestations antigouvernementales dans le centre de Bakou.

«Ces deux chanteuses doivent être conscientes de la situation dans le pays au lendemain de l’Eurovision, notamment de l’affaire pénale montée contre le photojournaliste Mehman Housseïnov pour houliganisme, sur la base d’accusations forgées de toutes pièces.»

Mehman Housseïnov avait participé activement à la campagne en faveur des droits humains menée avant le concours Eurovision de la chanson 2012. S’il est déclaré coupable, il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Dans une autre affaire, un chanteur arrêté lors d’un rassemblement pacifique organisé par des jeunes en mars 2012 a dû quitter le pays en raison du harcèlement dont il était la cible.

«Amnesty International estime que le gouvernement azerbaïdjanais doit garantir à tous les artistes, journalistes, militants et simples citoyens le droit de s’exprimer librement, sans peur des représailles. Nous espérons que vous partagez notre conviction», conclut la lettre.