L'activiste et président du Centre des droits de l'homme de Viasna, Ales Bialiatski, en 2015.  © Amnesty International
L'activiste et président du Centre des droits de l'homme de Viasna, Ales Bialiatski, en 2015. © Amnesty International

Action lettres / Bélarus Maintien en détention de défenseurs des droits humains

19 août 2021
Ales Bialiatski, Valyantsin Stefanovich et Uladzimir Labkovich, défenseurs bélarussiens des droits humains, sont maintenus en détention provisoire et poursuivis pour des infractions en relation avec leur travail en faveur des droits fondamentaux avec le centre Viasna. Nina Labkovich, qui avait été arrêtée avec eux, a été relâchée le 23 juillet. Leur mise en accusation s’inscrit dans une campagne répressive à l’égard de la société civile et des militant·e·s en faveur des droits humains, qui perdure depuis les manifestations post-électorales d’août 2020. Ils n’ont commis aucune infraction et doivent être immédiatement remis en liberté.
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Le 14 juillet, les forces de l’ordre bélarussiennes ont fait irruption dans les locaux d’une dizaine d’importantes organisations de la société civile, organisations de défense des droits humains et formations de l’opposition, ainsi qu’au domicile de responsables de la société civile, et ont procédé à des perquisitions. Ont ainsi été visés, entre autres, l’organisation de défense des droits humains Viasna, l’Association des journalistes du Bélarus, le Comité Helsinki du Bélarus, l’organisation de défense des droits humains Human Constanta, le centre de recherche universitaire indépendant BEROC, l’organisation de défense des droits humains Gender Perspectives, l’Union mondiale des Bélarussiens Batskaushchyna, le parti d’opposition Front populaire bélarussien, le mouvement pro-démocratie «For Freedom» et la maison d’édition Imena. Au moins 12 personnes ont été arrêtées le 14 juillet. Certaines ont été libérées les jours suivants, mais le président de Viasna, Ales Bialiatski, le vice-président de l’organisation, Valyantsin Stefanovich, et l'avocat de Viasna, Uladzimir Labkovich, ainsi que son épouse, Nina Labkovich, ont été transférés dans un centre de détention provisoire le 17 juillet. Nina Labkovich a finalement été remise en liberté le 23 juillet.

Campagne coordonnée pour faire taire les défenseur·euse·s des droits humains

Il s’agit du dernier épisode en date d’une campagne coordonnée et systématique visant à faire taire celles et ceux qui défendent les droits humains et à empêcher toute forme de critique à l’égard des autorités du Bélarus, campagne qui a débuté après les manifestations consécutives à l’élection présidentielle, en août 2020. Le 16 février, des descentes de police simultanées avaient déjà été menées à Minsk, Homel, Mahilyou, Vitastbsk et Brest dans les locaux de Viasna, de l'Association des journalistes du Bélarus et du syndicat indépendant REP, ainsi qu’au domicile de membres de leur personnel. Ces interventions ont été effectuées dans le cadre de procédures pénales infondées engagées au titre de l'article 342 du Code pénal du Bélarus («Organisation et préparation d’actions portant manifestement atteinte à l’ordre public»). D’après le Comité d’enquête du Bélarus, ces investigations avaient pour but d’«établir les sources du financement des manifestations». En mars, le Comité d’enquête du Bélarus a ouvert une information judiciaire sur les activités de Viasna en vertu de l'article 342 du Code pénal.

Les avocats des trois détenus ont été contraints à signer des accords de confidentialité, mais il semble que la détention provisoire de Valyantsin Stefanovich, Uladzimir Labkovich et Ales Bialiatski soit liée à l’information judiciaire ouverte en mars au titre de l'article 342. Les autorités utilisent cet article pour engager des poursuites sans fondement contre des militant·e·s de la société civile, des journalistes et des observatrices et observateurs des droits humains. Certains éléments laissent par ailleurs penser qu’il est possible qu’ils soient accusés d’évasion fiscale ou d’autres crimes financiers. Dans une publication sur les réseaux sociaux datant du 16 juillet, le comité d’enquête a laissé entendre qu’ils font actuellement l’objet d’une enquête, de même que d’autres membres d’ONG, pour «transferts clandestins de fonds» et évasion fiscale. Le 29 juillet, Natalia Pinchuk, épouse d’Ales Bialiatski, a reçu une première lettre de son mari, numérotée «trois», les deux précédentes ne lui étant pas parvenues. La famille de Valyantsin Stefanovich a également reçu des lettres dans lesquelles il leur a dit: «Je me prépare à une très longue séparation avec le monde libre, mais je reste optimiste malgré tout. Tout passe et cela passera aussi, et nous serons de nouveau réunis.»

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