Biélorussie Libérations exigées

13 janvier 2011
Amnesty International demande la libération inconditionnelle de 16 militants et journalistes bélarussiens inculpés d’« organisation de troubles à l’ordre public de grande ampleur » à la suite d’une manifestation post-électorale en décembre.

Vingt-cinq militants et journalistes de l’opposition, dont six candidats à l’élection présidentielle, ont été arrêtés et inculpés en raison de leur participation, le 19 décembre à Minsk, à une manifestation organisée à la suite du scrutin présidentiel.  Ils pourraient passer en jugement dans deux ou trois mois. Seize d’entre eux sont considérés par Amnesty comme des prisonniers d’opinion. «Ils devraient être libérés de façon immédiate et inconditionnelle, et tous les chefs d’accusation retenus contre eux devraient être abandonnés», a souligné John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Les détenus ne sont actuellement pas autorisés à avoir accès de manière adéquate à des avocats et à des médecins alors même que certains d’entre eux ont été grièvement blessés par la police antiémeute le jour de la manifestation.

Les 16 prisonniers d'opinion sont accusés d’avoir organisé des « troubles à l’ordre public de grande ampleur » avec de violentes attaques et une résistance armée et encourent des peines d’emprisonnement d’une durée pouvant aller jusqu’à 15 ans, alors qu’Amnesty International n’a trouvé aucun élément prouvant qu’ils aient recouru ou incité à la violence avant ou pendant les mouvements de protestation.

Manifestants généralement pacifiques

Les manifestants ont généralement eu un comportement pacifique lors de la manifestation à Minsk, à l’exception d’un petit nombre de jeunes hommes masqués qui ont attaqué les bâtiments du Parlement.

Des candidats à l’élection présidentielle, manifestants ont tenté de calmer la foule qui attaquait les portes du Parlement. La police antiémeute a violemment dispersé la manifestation.

Plus de 700 personnes ont été placées en détention en raison de leur participation à la manifestation. La plupart ont depuis été relâchées après avoir purgé une brève peine administrative, mais des militants, des journalistes et des représentants politiques de premier plan sont toujours incarcérés dans le cadre de cette mesure de répression manifeste contre l’opposition.  Outre ces 25 détenus à présent inculpés, 13 autres personnes sont toujours incarcérées et pourraient être bientôt inculpées.

Les 16 prisonniers d'opinion sont :

  • Alexeï Mikhalevitch, Nikolaï Statkevitch, Vladimir Nekliaïev, Rygor Kostoussev et Andreï Sannikov, tous candidats à l’élection présidentielle ;
  • les journalistes Natalia Radina, administratrice du site charter97, Irina Khalip, correspondante du journal russe Novaya Gazeta, et Sergueï Vozniak, rédacteur en chef du journal Tovarich ;
  • Alexandre Atrochtchenkov, commentateur politique, Pavel Severinets, militant de l’opposition et membre de l’équipe de campagne de Vitali Rymachevski, Anatol Labedzka, membre du Parti de l'Union civique, Vladimir Kobets, membre de l’équipe de campagne d’Andreï Sannikov, Zmitser Bandarenka, coordonateur du mouvement d’opposition Belarus européen, Alexandre Arastovytch et Sergueï Martseleu, membres de l’équipe de campagne de Nikolaï Statkevitch, et Anastasia Palajanka, vice-présidente du mouvement de jeunesse Jeune Front.

Vitali Rymachevski, qui a présenté sa candidature pour le scrutin présidentiel, a été libéré sous caution le 1er janvier, de même qu’Anatol Paulau et Aleg Korban, mais les chefs d’accusation retenus contre eux n’ont pas été abandonnés.