A Harmanli, le camp de requérants d'asile est, comme beaucoup d'autres, surpeuplé. Sur cette image, un Syrien tient un enfant dans ses bras. © NIKOLAY DOYCHINOV/AFP/Getty Images
A Harmanli, le camp de requérants d'asile est, comme beaucoup d'autres, surpeuplé. Sur cette image, un Syrien tient un enfant dans ses bras. © NIKOLAY DOYCHINOV/AFP/Getty Images

Bulgarie Traitement scandaleux réservé aux demandeurs d’asile

6 janvier 2014
Amnesty International salue la position du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui a demandé aux États membres de l’Union européenne (UE) de stopper les renvois de demandeurs d’asile vers la Bulgarie jusqu’en avril 2014.

«La position prise par le HCR souligne le traitement honteux réservé aux demandeurs d’asile en Bulgarie, a indiqué Barbora Cernusakova, chercheuse sur la Bulgarie à Amnesty International.

«Les demandeurs d’asile, dont beaucoup ont fui la Syrie ravagée par la guerre, y sont en effet détenus dans des conditions déplorables, parfois pendant des mois. Ils manquent d’accès à la nourriture, aux installations sanitaires et aux soins médicaux essentiels. Ils risquent également d’être placés en détention arbitraire, doivent attendre très longtemps pour se faire enregistrer, et sont régulièrement privés d’accès à des procédures de demande d’asile équitables et efficaces.»

Stopper les renvois vers la Bulgarie

Le HCR affirme qu’en raison des déficiences systématiques en termes de conditions d’accueil et de procédures d’asile, les États membres de l’UE ne doivent pas renvoyer les demandeurs vers la Bulgarie, même s’il s’agit de leur premier pays d’entrée dans l’UE. Aux termes de la réglementation européenne, c’est le premier pays d’entrée qui est responsable de la détermination de leur statut.

«Il convient de considérer la position du HCR comme une critique sérieuse de l’incapacité des autorités bulgares à fournir aux demandeurs d’asile un accès adéquat à de la nourriture, à un abri et à des soins. Au cours des trois prochains mois, la Bulgarie doit prendre des mesures pour améliorer ces conditions déplorables», a indiqué Barbora Cernusakova.

Au mépris des obligations internationales

Les autorités bulgares manquent à leurs obligations internationales : elles doivent prendre les mesures nécessaires pour faire face à l’afflux important de personnes aux frontières. Selon les chiffres du gouvernement, 11 606 personnes sont entrées en Bulgarie en 2013. En conséquence, des centaines de personnes ayant besoin de protection se sont retrouvées à vivre pendant des mois dans des conditions désastreuses, sans bénéficier d’un accès libre et opportun à une procédure de demande d’asile.

«La période de trois mois qui va précéder la prochaine évaluation du HCR offre aux autorités bulgares et à l’Union européenne, ainsi qu’aux organisations non gouvernementales et intergouvernementales, l’occasion de travailler ensemble pour améliorer les conditions d’accueil et les procédures d’asile», a estimé Barbora Cernusakova.

Les préoccupations relayées par le HCR – ainsi que par le Conseil de l’Europe en décembre 2013 – font écho aux conclusions des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, qui ont montré que les réfugiés et les migrants en Bulgarie n’ont pas accès aux services de base – nourriture, soins et installations sanitaires notamment.

Le briefing Refugees in Bulgaria trapped in substandard, publié par Amnesty International, offre plus de détails concernant le traitement des demandeurs d’asile en Bulgarie.