Depuis 2018 déjà, les Danoises et Danois protestent contre la définition actuelle du viol dans le code pénal, qui fait fit de la notion de consentement. ©Jonas Persson
Depuis 2018 déjà, les Danoises et Danois protestent contre la définition actuelle du viol dans le code pénal, qui fait fit de la notion de consentement. ©Jonas Persson

Danemark La législation sur le viol sur le point d'être modifiée

23 novembre 2020
L’examen d’un projet de loi disposant qu’«un rapport sexuel sans consentement est un viol» rapproche le Danemark d’un moment historique pour les droits des femmes.

En réaction à l’examen par le Parlement danois d’un projet de loi qui, une fois adopté, reconnaîtra enfin qu’un rapport sexuel sans consentement constitue un viol, Anna Błuś, chercheuse sur les droits des femmes à Amnesty International, a déclaré :

«Il ne reste plus qu’une étape législative avant que le Danemark reconnaisse enfin le simple fait qu’un rapport sexuel sans consentement est un viol.»

«Cette modification de lois obsolètes et dangereuses relatives au viol est un grand pas en avant pour en finir avec la stigmatisation généralisée et l’impunité endémique qui entourent ce crime.» Anna Błuś, chercheuse sur les droits des femmes à Amnesty International

«Cette modification de lois obsolètes et dangereuses relatives au viol est un grand pas en avant pour en finir avec la stigmatisation généralisée et l’impunité endémique qui entourent ce crime.»

Le consentement encore trop peu pris en compte en Europe

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le Danemark sera seulement le 10pays d’Europe à reconnaître les rapports sexuels sans consentement comme des viols. Cependant, une dynamique de changement est lancée, les Pays-Bas et l’Espagne s’apprêtant à modifier également leur législation.

Helle Jacobsen, conseillère principale sur les politiques relatives au genre pour Amnesty International Danemark, a déclaré :

«Ce changement n’est pas un hasard. C’est une demande portée par des victimes qui ont raconté leur histoire et fait pression pour tenter de faire en sorte qu’aucune autre femme n’ait à subir ce qu’elles ont subi.

«Nous appelons les membres du Parlement danois à s’assurer que la nouvelle loi respecte pleinement les droits humains et ne retarde pas davantage l’accès des victimes de viol à la justice, ni la prévention du viol.»

Complément d’information

Si la loi est adoptée cette année, le Danemark ne sera que le 10e pays de l’Espace économique européen à reconnaître qu’un rapport sexuel sans consentement constitue un viol. La Grèce a modifié sa définition du viol en 2019 et l’Espagne et les Pays-Bas ont récemment annoncé des projets de modification de leur législation nationale pour reconnaître ce fait.

Bien trop souvent au Danemark, les viols ne sont pas signalés, et même lorsque les victimes s’adressent à la police, les chances de voir les coupables jugés et condamnés sont extrêmement minces.

Le ministère de la Justice danois estime qu’environ 6 700 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année. D’après les recherches de l’Université du Danemark du Sud, ce chiffre serait beaucoup plus élevé : il pourrait avoir atteint 24 000 en 2017. Pourtant, en 2019, seuls 1 017 viols ont été déclarés à la police, dont 79 seulement ont abouti à une condamnation.

Plus d’informations sur la campagne «Parlons de consentement» : https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2018/11/rape-in-europe/

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