Géorgie Violences homophobes à Tbilisi

21 mai 2013
Dans la capitale Géorgienne, Tbilisi, la police n’a pas protégé les défenseurs des droits des personnes LGBTI qui ont participé à une Marche des fiertés. Plusieurs milliers de personnes s’en sont ...
Dans la capitale Géorgienne, Tbilisi, la police n’a pas protégé les défenseurs des droits des personnes LGBTI qui ont participé à une Marche des fiertés. Plusieurs milliers de personnes s’en sont violemment prises au cortège, sans craindre d’être arrêtées.

Des militants LGBTI géorgiens s’étaient rassemblés à Tbilisi pour la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. Mais cette manifestation pacifique a été interrompue par une foule de plusieurs milliers de contre-manifestants. Les violences qui ont suivi ont fait 17 blessés, dont 12 ont dû être hospitalisés; trois policiers et un journaliste figuraient parmi ceux-ci.

Des enregistrements vidéo montrent des dizaines de personnes essayant semble-t-il de lyncher un jeune homme parce qu'elles le pensent homosexuel. La police est intervenue pour séparer cet homme de la foule, mais personne n'a alors été arrêté. Amnesty International a fait remarquer que c’est la deuxième fois que la police de Tbilissi manque à son devoir de protection des militants LGBTI contre les attaques violentes de groupes orthodoxes inspirés par toute cette intolérance. «Les autorités doivent enquêter sur ces violences et traduire en justice les auteurs présumés d’actes punis par la loi.» a souligné John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale à Amnesty International.

Le discours trouble de l’Eglise orthodoxe

Les contre-manifestants étaient accompagnés de représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie, qui, semble-t-il, encourageaient leurs agissements. Selon des informations relayées par les médias, le patriarche orthodoxe Ilia II, la plus haute autorité de l’Orthodoxie en Géorgie, a exhorté les autorités à interdire cette manifestation en faveur des droits des LGBTI. Il aurait affirmé qu’elle constituait «un affront» à la tradition géorgienne.

«Les actes de violence visant les minorités religieuses et sexuelles sont tolérés s'ils sont perpétrés par des membres du clergé orthodoxe ou leurs fidèles. Il est inacceptable que les autorités permettent que des attaques soient menées au nom de la religion, ou au motif de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre», a conclu John Dalhuisen.