Effets personnels de migrant∙e∙s sous un train en Grèce © UNHCR/L. Boldrini
Effets personnels de migrant∙e∙s sous un train en Grèce © UNHCR/L. Boldrini

Grèce Des réfugié∙e∙s trouvent la mort sur la route périlleuse de l’asile vers l’Europe

22 mars 2013
Dans une affaire illustrant les risques que prennent ceux qui fuient un conflit dans leur pays pour trouver refuge en Europe, les autorités de Lesbos recherchent toujours les corps de requérant∙e∙s d’asile qui avaient tenté d’atteindre l’île grecque.

Depuis vendredi 15 mars, les autorités de Lesbos ont repêché les corps de six Syrien∙ne∙s, dont une jeune femme enceinte âgée de 17 ans et une mère avec ses jeunes enfants. Elles recherchent désormais les corps de trois autres Syriens dont les familles leur ont signalé la disparition ; ces neuf personnes avaient tenté la traversée depuis la Turquie le 6 mars.

Lesbos est l’un des principaux points de passage pour les migrant∙e∙s et les réfugié∙e∙s qui cherchent à gagner l’Union européenne via la Grèce. En décembre 2012, 21 personnes, pour la plupart des ressortissant∙e∙s afghan∙e∙s, se sont noyées près des côtes de l’île, leur embarcation ayant chaviré.

Depuis l’été dernier, on compte parmi ceux et celles qui tentent de traverser, des personnes fuyant le conflit syrien, dont de nombreuses familles avec de jeunes enfants.

« Alors que la Grèce durcit les contrôles aux frontières de l’Evros, avec entre autres la finalisation d’une barrière de 10,5 kilomètres en décembre 2012, les réfugié∙e∙s empruntent des itinéraires de plus en plus dangereux. Cette tragédie était prévisible, a déploré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Il est essentiel que les autorités grecques garantissent la protection de tous les requérant∙e∙s d’asile qui atteignent le pays. Toutefois, le système d’asile en Grèce manque cruellement à ses devoirs. Les réfugié∙e∙s fuyant un conflit, dont de nombreux Syrienne∙s et Afghan∙e∙s qui atteignent les côtes de Lesbos, sont placé∙e∙s en détention dans des postes de police, dans des cellules surpeuplées et dans des conditions déplorables. Nombre d’entre eux et elles se retrouvent également à dormir dans la rue, sans ressources.

« Les autorités grecques doivent prendre des mesures urgentes pour améliorer les conditions d’accueil des personnes qui arrivent sur leurs côtes et mettre un terme à la détention des requérant∙e∙s d’asile. Par ailleurs, les Syrienne∙s qui fuient le conflit et n’ont pas de papiers ne doivent pas être détenue∙s ni faire l’objet de mesures d’expulsion. Leurs demandes d’asile doivent être soumises à un examen juste et efficace », a conclu John Dalhuisen.

« Il est très douloureux de voir la même tragédie se répéter sur les rivages de notre île », a indiqué Efi Latsoudi, militant local et membre du « Village pour tous », initiative mise en place par des bénévoles qui ont décidé d’intervenir là où le soutien de l’État pour les réfugié∙e∙s et migrant∙e∙s manque.