L'Italie a été critiquée à de nombreuses reprises pour son traitement de la minorité Rom. © AI (photo: Fernando Vasco Chironda)
L'Italie a été critiquée à de nombreuses reprises pour son traitement de la minorité Rom. © AI (photo: Fernando Vasco Chironda)

Italie La Cour suprême met fin à 5 ans de discriminations anti-Rom

6 avril 2013
Depuis 2008, l’Italie appliquait le plan «urgence nomades», qui avait entraîné des violations généralisées des droits humains et une intensification des discriminations contre les Roms. Une décision de la Cour suprême a désormais déclaré ces mesures «illégales et sans fondement».

En s’appuyant sur la loi 225/1992, le gouvernement italien a instauré le 21 mai 2008 un état d’urgence relatif aux campements de communautés «nomades» des régions de Lombardie, de Campanie et du Latium, pour l’étendre ensuite au Piémont et à la Vénétie. Selon le Conseil des ministres, cette mesure visait à faire face à une «situation sociale extrêmement préoccupante, susceptible d’avoir des répercussions sur la population locale en matière d'ordre public et de sécurité». Pour faire face à la situation d’urgence, plusieurs commissaires délégués ont été investis de pouvoirs spéciaux qui les autorisaient notamment à déroger aux lois ordinaires.

«Le plan "urgence nomades" a déclenché une période noire sans précédent dans l'histoire de la discrimination des Roms en Italie, a déclaré Jezerca Tigani, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.» Les Roms ont été ciblés par le biais d'un recensement illicite fondée sur l'ethnicité, et privés des garanties contre les expulsions forcées. Des milliers de personnes se sont ainsi retrouvées sans abri dans plusieurs villes italiennes. Les Roms ont été également isolés du reste de la population dans des camps mis en place par les autorités. Amnesty International a salué la décision de la Cour suprême comme une victoire essentielle dans la lutte contre les discriminations des Roms.

«Le nouveau gouvernement italien doit agir en fonction de cette décision, et donc mettre un terme aux expulsions forcées, à la ségrégation dans les camps et à la privation d'accès au logement social», a déclaré Jezerca Tigani. L'organisation appelle également les autorités à prévoir des recours efficaces pour toutes les conséquences négatives de l'application du plan «urgence nomades».