Italie Un programme en 10 points pour les droits humains

28 janvier 2013
Un mois avant les élections législatives qui se tiendront les 24 et 25 février 2013, Amnesty International présente son Programme pour les droits humains en Italie. L’organisation met en avant 10 domaines dans lesquels le changement est attendu de toute urgence et préconise des mesures que les nouveaux responsables du pays, une fois élus, devraient adopter au cours de leur mandat.

Alors que les manifestes politiques et les débats publics ont pour thème presque exclusif l’économie, Amnesty International rappelle aux candidats que le nouveau Parlement et le gouvernement devront inscrire les droits fondamentaux au cœur de leurs projets lorsqu’ils voteront de nouvelles lois et mettront en œuvre de nouvelles politiques.

À bien des égards, le bilan de l’Italie en termes de droits humains au cours des 10 dernières années laisse à désirer. Les organes internationaux relatifs aux droits humains l'ont critiqué à maintes reprises. Les gouvernements et les Parlements successifs n’ont pas fait face aux problèmes de protection des droits fondamentaux, en dépit de leurs obligations émanant du droit international.

Amnesty International se réjouit d’engager le dialogue avec tous les candidats au sujet de son programme pour les droits humains durant la campagne électorale, ainsi qu’avec le Parlement et le gouvernement au lendemain des élections.

Crédibilité et transparence

La crédibilité du nouveau Parlement et du gouvernement, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ne dépendra pas seulement de leur réussite dans les affaires économiques et financières, mais aussi de leur détermination et de leur capacité à respecter le droit international et à protéger les droits fondamentaux, en Italie comme à l’étranger.

L’Italie doit de toute urgence prendre des mesures pour corriger son bilan en termes de droits humains. Amnesty International exhorte tous les candidats, une fois élus, à :

1. garantir l’obligation de rendre des comptes pour la police et inscrire la torture parmi les crimes sanctionnés par le Code pénal ;

2. adopter des mesures visant à prévenir les homicides de femmes et protéger les femmes contre toute forme de violence ;

3. protéger les réfugiés, mettre un terme à l’exploitation et à la criminalisation des migrants et annuler les accords relatifs au contrôle de l’immigration conclus avec la Libye ;

4. assurer des conditions de détention correctes et respecter les droits des personnes détenues et incarcérées ;

5. combattre l’homophobie et la transphobie et garantir les droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) ;

6. mettre fin à la discrimination, aux expulsions forcées et à la ségrégation ethnique envers les Roms ;

7. mettre sur pied un organisme national indépendant chargé de la protection des droits humains ;

8. veiller à ce que les entreprises multinationales italiennes respectent les droits humains ;

9. lutter contre la peine de mort dans le monde et promouvoir les droits fondamentaux dans toutes les relations de politique étrangère ;

10. s’efforcer de renforcer le contrôle du commerce des armes, et favoriser l’adoption d’un traité international en la matière.