Moldavie Une première marche des fiertés réussie

22 mai 2013
La première marche des fiertés de Chiþinãu, en Moldavie, s’est déroulée sans violences. Un signe très positif dans ce pays encore aux prises avec l’homophobie.

Environ 100 personnes ont participé à un défilé de la fierté des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI), le premier événement de ce genre en Moldavie. «C'est un jour mémorable pour les droits LGBTI en Moldavie. Maintenant, les autorités doivent publiquement soutenir ces marches et permettre qu'il y ait d'autres événements de ce genre à l'avenir», a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

La marche de dimanche s'est passée dans le calme mais a été interrompue après que des contre-manifestants eurent découvert le lieu de l'événement. «La fin abrupte de cette marche montre que beaucoup reste à faire dans la lutte contre les discriminations en Moldavie. Si le mouvement LGBTI peut s'épanouir librement, une société plus tolérante s'ensuivra.» Environ un millier de contre-manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville le dimanche pour protester contre la marche et la loi relative à l'égalité des droits – une loi contre la discrimination entrée en vigueur en janvier.

Un travail de fond doit maintenant commencer

Amnesty International a appelé les autorités moldaves à modifier la loi de sorte qu'elle élimine les discriminations fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre dans tous les domaines de la vie. Dans le pays, la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle est explicitement interdite dans le domaine de l'emploi, mais la discrimination fondée sur l'identité de genre n'est pas explicitement interdite par la loi.

«Les autorités doivent reconnaître publiquement la gravité des discriminations contre les personnes LGBTI et la nécessité de prendre des mesures concertées pour y faire face», a déclaré David Diaz-Jogeix. «Cela signifie, entre autres, condamner les propos homophobes émanant de personnalités politiques ou des membres du public.»