Ouzbékistan: action lettre pour Isroil Kholdorov En prison suite à des accusations montées de toute pièce

Isroil Kholdorov, défenseur des droits humains, est détenu en raison de son activité politique pacifique. Il a été arrêté en février 2007, puis condamné à la suite d'un procès inique à six ans de ...

Isroil Kholdorov | © Privat Isroil Kholdorov © Privat

Isroil Kholdorov, défenseur des droits humains, est détenu en raison de son activité politique pacifique. Il a été arrêté en février 2007, puis condamné à la suite d'un procès inique à six ans de prison après avoir été accusé de «crimes contre l’Etat». En juin 2012, un tribunal l'a condamné à trois années de prison supplémentaires, pour avoir, selon l'accusation, violé le règlement de prison. Isroil Kholdorov est détenu actuellement dans un camp de prisonniers dans la région de Kashkadarinskaia.

Suite à la violente répression contre les manifestations qui se sont déroulées en 2005 à Andijan, Isroil Kholdorov a pu entrer en contact avec des médias internationaux et il a révélé l'existence de charniers à Andijan et dans les environs. Les autorités ont nié l'existence de ces charniers et elles ont reproché aux personnes qui ont propagé ces informations de vouloir agir à l'encontre des intérêts de l'Ouzbékistan. Craignant d'être arrêté, Isroil Kholdorov s'est enfui au Kirghizstan, où il a organisé en mai 2006, dans la ville frontière de Kara-Suu, une manifestation pacifique non autorisée pour marquer le premier anniversaire des événements d'Andijan. En juillet 2006, des organisations de défense des droits humains du Kirghizstan et le Haut-Commissaire aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) ont imputé aux forces de sécurité l'enlèvement d’Isroil Kholdorov et son retour contraint en Ouzbékistan. D'autres sources, notamment sa famille, ont annoncé qu’Isroil Kholdorov était rentré «de son propre chef» en Ouzbékistan et qu'il en avait informé par écrit les autorités. Selon ces sources, il aurait été arrêté en septembre 2006, au moment de franchir la frontière.

En détention, tout contact avec l'extérieur lui a été refusé, et il aurait subi la torture pour qu’il avoue sa participation à une tentative de «renverser l'ordre constitutionnel de l'Ouzbékistan». En fait, il aurait été torturé pour être puni d'avoir révélé l'existence de charniers à Andijan. En décembre 2006, Isrol Khodorov a été accusé d'avoir tenté de renverser l'ordre constitutionnel, d'avoir diffusé du matériel présentant un risque pour la sécurité, d'avoir fondé et dirigé une organisation interdite et d'avoir franchi illégalement la frontière.

Amnesty International estime que toutes les accusations dirigées contre Isroil Kholdorov, excepté celle d'avoir franchi illégalement la frontière, ont été construites de toute pièce et qu'elles veulent sanctionner son attitude d'opposition pacifique et d'engagement pour les droits humains.


Proposition de lettre et revendications

Monsieur le Président,

En février 2007, Isroil Kholdorov, défenseur des droits humains, a été reconnu coupable de crime contre l’Etat et condamné à six ans de prison. En juin 2012, un tribunal lui a infligé trois années de prison supplémentaires, pour de prétendues violations des règles de la prison. Il est actuellement détenu dans un camp de prisonniers dans la région de Kashkadarinskaia.

En détention, il n'aurait eu droit à aucun contact avec l'extérieur, jusqu'à ce qu'il finisse par avouer sa participation à une «tentative de renversement par la violence de l'ordre constitutionnel de l'Ouzbékistan». Il aurait subi la torture pour avoir révélé l'existence de charniers à Andijan. En décembre 2006, Isroil Kholdorov a été inculpé pour avoir tenté de renverser l'ordre constitutionnel, diffusé du matériel présentant un risque pour la sécurité, pour avoir fondé et dirigé une organisation interdite et avoir franchi illégalement la frontière.

Amnesty International estime que toutes les accusations, excepté celle d'avoir franchi illégalement la frontière, ont été construites de toute pièce et qu'elles visent à réprimer le rôle d'opposant pacifique et l'engagement d’Isroil Kholdorov pour la défense des droits humains.

Je suis très préoccupé·e par cette situation et je vous demande instamment de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour faire libérer Isroil Kholdorov.

Les allégations de tortures doivent faire l'objet d'une enquête approfondie et indépendante et les responsables doivent être déférés devant un tribunal.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma haute considération.


Lettres adresser à:

Président Islam Karimov
Rezidentsia prezidenta
ul. Uzbekistanskaia 43
Tashkent 700163
Ouzbékistan

E-mail: presidents_office@press-service.uz

→ Utilisez la formule d’appel: «Dear President» / «Monsieur le Président»


Copie à:

Ambassade de la République d’Ouzbékistan
Perleberger Strasse 62
D - 10559 Berlin

Fax: 004930/ 39 40 98 62
E-mail: botschaft@uzbekistan.de

Cette lettre fait partie des Lettres contre l'oubli de juillet 2014 | Télécharger le fichier Word | S'inscrire pour recevoir un E-mail chaque mois avec des nouvelles lettres